Démocratie. Abstention, la Macronie en plein déni

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Démocratie. Abstention, la Macronie en plein déni

La majorité cherche les raisons de la démobilisation électorale. Mais elle oublie l’essentiel.

Emmanuel Macron a finalement fini par lâcher quelques mots sur les élections régionales et départementales. Et c’est l’hebdomadaire féminin Elle qui en a eu la primeur. Le président de la République a accordé au magazine un entretien durant l’entre-deux-tours à l’occasion du forum Génération égalité qui débute à Paris, ce mercredi. L’interview complète est à paraître jeudi 1er juillet, mais Elle en a publié les premiers échanges.

Le chef de l’État y livre notamment son analyse du taux record d’abstention du premier tour (66,3 %, confirmé lors du second avec 65,7 %) : « L’abstention n’est pas une fatalité », avance-t-il, avant d’expliquer à demi-mot que si les gens n’ont pas voté, c’est parce que lui est cette fois resté en retrait du scrutin :

« La seule élection dans laquelle je me suis engagé depuis que je suis président, c’est l’élection européenne. Or, jamais on n’a autant voté pour ce scrutin (c’est faux, le taux de participation était plus haut en 1979, 1984 et 1994 – NDLR). Le combat était clair, les gens comprenaient pourquoi on se battait. Ici, la première explication, c’est le Covid-19. » Et de conclure : « Force est de constater que les gens n’avaient pas du tout la tête à cela. »

Une mission parlementaire pour comprendre les causes de ce fiasco

Parallèlement, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a annoncé en conférence des présidents de groupe parlementaire la création d’une mission sur les ressorts et raisons de l’abstention. « Une consultation publique pourrait être lancée dans ce cadre », précise le perchoir. Il s’agira d’évoquer, parmi les causes possibles, le périmètre des cantons, le double scrutin, la possibilité d’un vote en ligne ou par correspondance… Les couacs d’acheminement du matériel électoral via le prestataire privé Adrexo seront aussi évoqués.

La mission devra « regarder en face l’organisation territoriale » du pays, selon Christophe Castaner (LaREM).

Sur la fusion de 2015, « les grandes régions ont fait perdre un certain nombre de repères », a admis Jean Castex devant les députés de la majorité.

Pas question en revanche de s’interroger sur les causes structurelles d’une démobilisation qui s’aggrave à chaque échéance électorale : une défiance grandissante envers les hommes politiques ou le sentiment de plus en plus enraciné que la politique ne change pas la vie.

Quand le sage désigne la démocratie en crise, l’idiot préfère mesurer la taille des circonscriptions.

Cyprien Caddeo Publié dans l'Humanité

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