Emmanuel Macron récolte la colère des anti-pass et des opposants à la vaccination obligatoire 

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Emmanuel Macron récolte la colère des anti-pass et des opposants à la vaccination obligatoire 

La généralisation du passe sanitaire a déclenché de vives réactions depuis une semaine. Entre opposition aux vaccins et défense des libertés individuelles, 18 000 personnes ont protesté dans la confusion, à Paris, ce samedi. Qui sont-elles ? Éléments de réponse.

Samedi trois groupes manifestaient place de la République, à Paris. En plus de l’hommage au président haïtien et de la manifestation de Kabyles opposés au gouvernement algérien, quelques centaines de personnes se regroupent au cri de « liberté ! », pour protester contre l’instauration du passe sanitaire et refuser la vaccination obligatoire.

Plus de 100 000 manifestants en France

Porteurs de gilets jaunes, de pancartes « Non au paSS nazitaire » ou encore adeptes de la secte Hare Krishna se retrouvent pendant une demi-heure, avant d’être dispersés par la police. Ils empruntent alors le métro, direction la place du Palais-Royal pour la manifestation, plus massive (18 000 participants selon la police) « pour la liberté et contre le passe sanitaire », organisée par le militany d'extrême droite (Ex-frontiste) Florian Philippot et son mouvement.

Plus de 100 000 personnes ont manifesté dans tout le pays. Bien plus nombreuses que lors des manifestations pour l’hôpital public en 2020, elles ont exprimé leur opposition au passe sanitaire, annoncé par Emmanuel Macron. La mesure s’apprête à contraindre les Français à se faire vacciner pour accéder à de nombreux services, lieux et événements.

Dans le cortège, lcertains protestent contre les restrictions sanitaires en général, d’autres contre les vaccins, d’autres encore contestent la légitimité du dispositif de contrôle bientôt mis en place dans les lieux recevant du public.

Accents complotistes

Aude (c’est le nom qu’elle a choisi de donner) pourrait perdre son travail à la rentrée, si les annonces du président deviennent effectives telles qu’elles ont été promises. Secrétaire médicale, pour la trentenaire, la technologie à ARN messager utilisée dans les vaccins Pfizer et Moderna, développée depuis trente ans mais utilisée pour la première fois dans un sérum, n’est pas assez sûre, même si elle insiste pour dire qu’elle respecte le choix de ceux qui acceptent la vaccination.

« Le problème, c’est qu’on nous met le pistolet sur la tempe. Obliger la vaccination alors qu’on n’a pas assez de recul, c’est une honte dans une démocratie »,

déplore la manifestante informée du rassemblement via l’application WhatsApp.

Propagande et nouvel ordre mondial

Les comptes sur les réseaux sociaux d’opposants aux vaccins et à la « dictature sanitaire » sont en ébullition, depuis l’allocution de Macron. Sur Facebook, le groupe « anti-pass sanitaire » réunit 150 000 membres. Ils s’y échangent des informations sur les rassemblements, s’inquiètent des droits que pourront exercer les personnes non vaccinées et raillent une « propagande » organisée par les grands médias.

Cette grande confusion, aux accents complotistes et antivax, se retrouve dans la rue. Certaines pancartes multiplient les références au « nouvel ordre mondial », dénoncent l’« apartheid  » des non-vaccinés, ou n’hésitent pas à comparer leur situation à celle des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale : certains manifestants arborent même une fausse étoile jaune pour marquer leur appartenance à une communauté discriminée.

Jusque-là cantonnées à Internet, les fausses informations sont reprises sur les pancartes et dans les conversations. Pour certains, l’ARN est destiné à modifier la génétique.

Benoît veut marquer son rejet de l’injection à la vaccination. À presque 70 ans, cet artisan dans la restauration de bâtiments anciens manifeste pour la première fois. Révolté par un « discours épouvantable » et le trop-plein de « mensonges » prononcés par le président de la République, il fait référence à la théorie du complot de la « Grande Réinitialisation » : « Le plan de ces gens-là est de réduire la population de 6 milliards à 5 millions, expose-t-il. Très peu de gens le savent, alors je dois sortir dans la rue pour le dire. Quand on commence à rendre le vaccin obligatoire, c’est qu’on est dans une perspective de faire décroître la population », croit-il savoir.

La défiance vis-à-vis de l’État

Le cortège progresse dans les rues des quartiers bourgeois du centre de la capitale. « Liberté ! Liberté ! » scande la foule. Les allusions à la Résistance durant l’occupation allemande reviennent régulièrement. À coups de « Macron démission ! », le défilé prend des airs de manifestation de gilets jaunes.

Sarah en porte un sur le dos, lorsqu’elle tente de faire dévier le cortège en direction de l’Assemblée nationale ou de l’Élysée. L’habitante des Hauts-de-Seine se revendique « gilet jaune depuis le début ». Sa présence s’explique davantage par une opposition aux restrictions des libertés que par une contestation de la réalité sanitaire. « Ce qui me choque, c’est que les gens acceptent toutes ces règles. On aurait dû descendre dans la rue dès le premier confinement », exprime-t-elle, même si elle n’est pas opposée à ce que « les gens choisissent de se faire vacciner ou de se confiner ».

Parmi ses revendications, elle regrette que le gouvernement se serve de l’annonce du passe sanitaire « pour mieux faire passer la réforme des retraites ». Si le mouvement social se reconstitue à la rentrée contre cette réforme, elle ira. « Mais la retraite, ça me paraît encore loin. Alors que le vaccin, c’est tout de suite. »

À Nantes, le même jour, 2 000 personnes, ont défilé contre « les mesures liberticides et antisociales de Macron ». Un rassemblement dispersé sous l’effet du gaz lacrymogène. De même à Lyon où se sont 1000 personnes qui ont manifesté contre le Pass sanitaire.

Fleurs de lys et drapeaux français

Depuis plus d’un an, les revirements se multiplient à la tête de l’État. L’usage du masque est passé de « pas utile » pour la population à « obligatoire » dans la rue jusqu’à juin dernier. Son port obligatoire en intérieur pourrait être bientôt levé dans les lieux où le passe sanitaire s’applique. « Mais le vaccin n’empêche pas la transmission du virus », rappelle Hechmi, exaspéré par les contradictions du gouvernement.

À l’image du schéma vaccinal, désormais considéré comme complet au bout d’une semaine, contre deux il y a encore quelques jours. S'il a parcouru les 350 kilomètres qui séparent Beaune (Côte-d’Or) de la capitale, c’est à l’appel de l’avocat Fabrice Di Vizio, conseil du médecin controversé Didier Raoult. Le jeune homme manifeste pour défendre avant tout « la liberté vaccinale ».

Devant lui, l’ex-numéro 2 du Front national, Florian Philippot, mène la marche aux côtés de l’ancien candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan et de l’ancienne députée de la majorité, Martine Wonner, connue pour son opposition aux masques et aux vaccins.

Une prise de parole a lieu aux abords du ministère de la Santé. Pendant vingt minutes, l’initiateur de la manifestation conspue « Macron le psychopathe, Macron le tyran, Macron le fou ». Une Marseillaise résonne, les lys et les drapeaux français s’agitent aux côtés d’étendards chéris par l’extrême droite, comme ceux de la Flandre ou de la Vendée.

Au pied d’un barnum orange, couleur du mouvement de Philippot, une table d’adhésion pour récupérer cette expression de mécontentement.

Sources l'Huamnité


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