Liban: la crise économique, sociale et politique s'amplifie

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Liban: la crise économique, sociale et politique s'amplifie

Si les yeux des media sont surtout tournés vers Cuba et les manifestations anti-gouvernementales qui s'y sont déroulées avec l'implication des USA, les mêmes médias ont été très discrets sur les grandes manifestations populaires de soutien à la révolution cubaine qui ont fait l'évènement politique.

De même, la situation au Liban n'intéresse les grands médias qu'au travers des interventions étrangères, celle de la France tout particulièrement, pour concocter une solution politique qui ne remette pas en cause un pouvoir favorable à la grande bourgeoisie financière liée aux intérêts du capitalisme international.

Pourtant, il y a matière à expliquer le gouffre dans lequel s'enfonce une population qui manque de tout : électricité, vivres, médicaments... et dont la moitié est maintenant touchée par la grande pauvreté.

Les forces politiques libanaises qui se partagent le pouvoir viennent de montrer leur volonté de se mettre sous tutelle étrangère en échouant ou en refusant depuis plus d'un an à constituer un gouvernement. Pourtant dans ce désastre économique, social et institutionnel, les forces qui se sont unies pour contester la légitimité d'un pouvoir basé sur le confessionnalisme ne sont pas inactives et marquent des points.

C'est ainsi que tout récemment, des partis de l’opposition alliés à des mouvements de la société civile proches de la contestation ont remporté avec 67% des voix, une importante victoire face aux partis traditionnels lors d’élections syndicales à l'ordre des ingénieurs.

Ce corps professionnel a, de tout temps, été convoité par les partis traditionnels. Ce lundi, le courant du Futur et le mouvement Amal, ont été battus à plate couture, aucun de leur candidat n’a été élu. Ces deux partis sont respectivement dirigés par l’ex Premier-Ministre Saad Hariri et le président du Parlement Nabih Berry, considérés comme les plus illustres représentants de la classe politique décriée par une majorité de Libanais. 

C'est dire que cette victoire est d'une grande force politique. Elle peut préfigurer une alliance populaire capable de s'imposer aux prochaines élections et se donner les moyens de sortir le pays de la crise profonde dans lequel il est plongé ?

La réponse à ce stade n'est pas claire tant les enjeux internationaux qui se jouent au Liban l'enserrent dans les griffes des conflits entre les puissances impérialistes dans une région qu'ils considèrent comme stratégique au regard de leurs intérêts vitaux.

En tout cas, nous devons au-delà de l'information sur la situation au Liban apporter notre soutien aux forces qui veulent l'émanciper de la tutelle des dominations étrangères et notamment la France.

Publié dans Moyen Orient

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