Liban, un hyper riche et affairiste à la tête du Liban depuis hier...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Liban, un hyper riche et affairiste à la tête du Liban depuis hier...

Nouveau premier ministre, Najib Mikati a l’aval des partis, mais pas celui de la rue. Il est soupçonné d’enrichissement illicite.

C’est un revenant, un homme du système, bien entendu ­richissime, et candidat consensuel aux yeux des chefs de parti… Najib Mikati, 65 ans, est le nouveau premier ministre du Liban. Il a reçu l’appui de 72 parlementaires, 42 autres se sont abstenus de le nommer.

Il a surtout eu l’aval du Hezbollah, poids lourd chiite allié du président Michel Aoun. Mikati a été officiellement chargé de constituer un gouvernement lundi 26 juillet.

Lors de sa première ­apparition devant la presse, il a parlé de cabinet conforme aux ­ « attentes (du) peuple » et s’est également engagé à « mettre en œuvre l’initiative française » d’un plan de réformes économiques afin de ­débloquer une aide financière in­ter­nationale. L’Élysée a « pris note », et l’Union européenne salue cette promesse d’un «  gouvernement responsable ».

Ce sont donc du sang et des larmes qui sont promis aux libanais fortement mobilisés contre les réformes ultralibérales qui vont aggraver la situation.

Najib Mikati a déjà présidé deux cabinets, en 2005 et 2011. Il fait son retour après le retrait, le 15 juillet, de Saad Hariri, qui n’est pas parvenu à mener à leur terme les tractations préalables à la formation d’un gouvernement. Avant lui, Moustapha Adib, désigné après l’explosion meurtrière d’août 2020 au port de Beyrouth, avait connu le même sort.

Le nouvel homme aux commandes du Liban se donne tout de même quelques mois, voire même plusieurs pour distribuer des portefeuilles. Sa nomination fait certes consensus, mais il lui faut encore persuader chacune des chapelles et parvenir à l’équilibre confessionnel, incontournable au pays du Cèdre.

Dans la rue, en revanche, Najib Mikati est bien loin de convaincre. Sa désignation a provoqué un rassemblement de plusieurs dizaines de personnes devant sa résidence à Beyrouth, l’accusant de corruption et de népotisme.

Et la colère couve sans doute, qui pourrait bien ­exploser lors de prochaines manifestations. En attendant un hypothétique redressement, les Libanais vivent le cauchemar des pénuries de produits essentiels, de carburant, de courant électrique, et sous le seuil de pauvreté pour la plupart…

Détenteur d’une fortune estimée à 2,7 milliards d’euros, selon le ­magazine Forbes, Mikati est à la tête d’un petit empire ­international, avec des investissements dans les télécoms, mais aussi dans l’immobilier, notamment à Londres, New York et Monaco.

Il a été soupçonné d’enrichissement illicite en 2019 et symbolise, tout autant que les autres dirigeants, le mal qui ronge un pays livré depuis des décennies aux sombres arrangements financiers des élites, au clientélisme et aux conflits d’intérêts. Comme une malédiction.

Sources l'article de Nadjib Touaibia publié dans l'Humanité

Publié dans Moyen Orient, International

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article