L'Humanité rend hommage à Aimé Halbeher

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

L'Humanité rend hommage à Aimé Halbeher

Toute sa vie, cet ancien métallo de Renault, syndicaliste et communiste, s’est investi dans les luttes sociales et politiques qui ont marqué son époque.

Aimé Halbeher est décédé le 3 août à l’hôpital Saint-­Antoine, à Paris, ville où il est né le 16 mars 1936. Il n’a que 14 ans lorsque, apprenti chez Renault, il suit les grèves de 1950, 1952 et 1953 et les manifestations pour la libération du marin Henri Martin, condamné pour « propagande hostile à la guerre d’Indochine ».

Il obtient en 1953 un CAP d’ajusteur-outilleur et adhère un an plus tard à la CGT et au PCF. La formation théorique qu’il acquiert dans les écoles du parti forge sa conviction que théorie et pratique sont dialectiquement liées. Il œuvrera d’ailleurs jusqu’au bout au dialogue entre travailleurs et intellectuels.

Élu délégué du personnel de mars 1960 à mars 1963, il est victime d’un licenciement pour « propagande syndicale ». Une grève massive des ouvriers de son atelier réussit à faire reculer la direction. En 1961, il devint secrétaire général adjoint du syndicat CGT de Renault Billancourt, membre de la direction de la fédération de la métallurgie CGT et de la fédération Seine-Ouest du PCF. En mars 1967, Aimé Halbeher est élu secrétaire général CGT du groupe des usines Renault en France.

En Mai 1968, il sera l’un des animateurs de la grève et de l’occupation de l’usine.

En 1972, il est chargé du secteur automobile à la fédération CGT de la métallurgie et retourne, trois ans plus tard, travailler à l’usine pour, indique le Maitron, « retrouver une plus grande proximité avec les ouvriers ». Il dirige alors la section PCF de Renault, avant d’accéder à des responsabilités militantes, aux plans local puis national, au sein du parti.

Un théoricien de l’économie marxiste

En juin 1981, il rejoint, sur proposition de Georges Marchais, la section économique du PCF, place du Colonel-Fabien. Il intègre le collectif d’économistes marxistes, au sein duquel il se consacre particulièrement aux questions sociales dans l’industrie.

Il devient rédacteur en chef de la revue Économie et Politique de 1983 à 1990, en même temps qu’il s’occupe du secteur « entreprise », puis du secteur « emploi » du PCF.

À la fin des années 1990, Aimé Halbeher se trouve être en rupture avec la ligne du parti, qui selon lui a abandonné la présence communiste dans les entreprises. Il crée avec d’autres militants l’organisation Rouges vifs, qu’il codirige avant de la quitter suite à des désaccords internes.

« Il a cependant gardé des liens avec ses camarades du PCF, parmi lesquels des ­animateurs de la section économique », relève l’Asso­ciation pour la Fondation Paul-Boccara, dont il était le premier président. L’association appelle dans son hommage à « s’inspirer de son exemple dans les batailles d’aujourd’hui ».

La revue Économie et Politique souligne, elle, sa fierté qu’il en ait été le rédacteur en chef. De son côté, la fédération CGT des travailleurs de la métallurgie salue « un militant à la fois impressionnant et attachant qui laissera un grand souvenir aux métallos ».

Ses obsèques seront célébrées jeudi 12 août, à 10 h 30, au crématorium du Père-Lachaise déroulera en salle de la Coupole de 11 h 30 à 12 h 30.

L’Humanité présente à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances.

Publié dans PCF, syndicats, Histoire

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