Le taux de chômage reste au sommet

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le taux de chômage reste au sommet

Le taux de chômage reste stable, à son niveau d’avant crise. Cependant, avec 8 % de la population active, le quoi qu’il en coûte et les faibles mesures de relance économique le laissent à un taux très élevé.

« Notre économie repart vite et fort ». Un satisfecit un peu rapide de la part de la ministre du travail, Élisabeth Borne. Les créations d’emplois (239 500 entre avril et juin), en hausse de 1,2 % par rapport au premier trimestre, n’ont pas permis de faire baisser le chômage.

Le taux de chômage est certes de nouveau resté à son niveau d’avant la crise sanitaire, mais quasiment stable par rapport au trimestre précédent 2021 (-0,1 point) pour s’établir à 8,0 % de la population active en France (hors Mayotte), selon les chiffres publiés vendredi par l’Insee.

Ainsi, 2,4 millions de personnes n’ont pas pu du tout travailler, même pas une heure. Et si on ajoute le « halo autour du chômage », à savoir les personnes sans emploi qui en souhaitent un mais qui ne satisfont pas les autres critères du BIT (Bureau international du travail) pour être considérés comme chômeurs, ce sont deux millions de personnes qui se retrouvent privées d’emploi. 

Dans le détail, le taux de chômage diminue pour les 15-24 ans (-0,8 point) et les 25-49 ans (-0,2 point) et augmente de 0,4 point pour les 50 ans et plus. Résultat, s’il est inférieur pour les jeunes (-1,4 point) il reste quasi identique pour les personnes d’âge intermédiaire (-0,1 point) et les seniors (+0,1 point).

Pour faire tomber ce mur, refusant tout plan de relance massif, Emmanuel Macron souhaite la mise en place de la réforme de l’assurance chômage. Une réforme qui vise à baisser les droits des chômeurs pour les forcer à accepter un emploi quel qu’il soit.

Pour rappel, une des mesures devait entraîner la baisse des allocations à hauteur de 20 % en moyenne pour 840 000 chômeurs à partir du mois de juillet 2021, soit 40 % des demandeurs d’emploi. In extremis, cette modification du mode de calcul des allocations-chômage avait été suspendue, le 22 juin, par le conseil d’Etat, saisi par la quasi-totalité des syndicats.

La juge des référés pointait que « les incertitudes sur la situation économique ne permettent pas de mettre en place, à cette date, ces nouvelles règles qui sont censées favoriser la stabilité de l’emploi en rendant moins favorable l’indemnisation du chômage des salariés ayant alterné contrats courts et inactivité ».

De plus, « ces nouvelles règles de calcul des allocations-chômage pénaliseront de manière significative les salariés de ces secteurs [ceux où les entreprises recourent le plus aux contrats courts, N.D.L.R.] qui subissent plus qu’ils ne choisissent l’alternance entre périodes de travail et périodes d’inactivité ».

Pour autant, le gouvernement persiste. Lors de son allocution, mi-juillet, le président de la République a affirmé que les dernières mesures de la réforme de l’assurance chômage entreront bien en vigueur au 1er octobre, à savoir, la dégressivité des allocations pour les salaires au-dessus de 4 500 euros dès le septième mois et l’allongement de la durée de cotisation.

Il faudra alors avoir travaillé six mois au lieu de quatre actuellement pour ouvrir des droits aux indemnités.

Les syndicats eux attendent, dans les prochains mois, le jugement de la réforme du Conseil d’Etat sur le fond.

Clotilde Mathieu Article publié dans l'Huamnité

Publié dans Social, Politique nationale

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