Maurice Ulrich : La machine....

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Maurice Ulrich : La machine....

Ce 29 juillet sera – déjà – le jour d’après, ou de trop. Nous aurons consommé ce que la Terre est capable de nous donner en un an. Cela vaut aussi pour le climat. Nous aurons produit plus de gaz à effet de serre et principalement de CO2 que ce que la planète est capable d’absorber.

Depuis lundi, 195 pays ont entamé l’examen des nouvelles prévisions du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, en vue d’un rapport qui devrait être publié le 9 août. On peut le prédire sans risques, mais pas sans dommages : nous allons vers des situations catastrophiques, dues au réchauffement, telles que l’actualité l’a démontré ces derniers temps. Pluies diluviennes, fournaises mais aussi famines, comme à Madagascar.

Nous y allons donc, mais pas tous à la même allure.

Tous solidaires pour le devenir de la planète ? Quelle blague, ou plus exactement quelle cynique imposture, quels mensonges éhontés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les 10 % les plus riches de la planète consomment vingt fois plus d’énergie que les 10 % les plus pauvres. Les 1 % les plus riches émettent deux fois plus de CO2 que la moitié de l’humanité.

Notre système économique, avec ses phénoménales inégalités sociales, est devenu, selon les mots de l’économiste Maxime Combes, une formidable machine à réchauffer la planète.

Au bal des hypocrites les dirigeants de l’UE évoquent une transition « efficace au regard des coûts, ainsi que socialement équilibrée et équitable » avec une réduction de 55 % des émissions de CO2 d’ici à 2030. Imposture là encore.

À quand l’imposition des yachts démesurés, des jets privés, des résidences somptuaires, que sait-on encore… ?

En France, les financements des énergies fossiles par les grandes banques ont presque doublé depuis 2016 ! Les députés communistes, insoumis et socialistes viennent de saisir le Conseil constitutionnel pour qu’il soit enjoint au gouvernement de respecter ses engagements environnementaux.

Mais, pour aller plus loin, il faut changer la machine.

Editorial de l'Humanité