Henry Gabrielle Saint-Genis-Laval, la CGT et les communistes se mobilisent !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Henry Gabrielle Saint-Genis-Laval, la CGT et les communistes se mobilisent !

Conférence de presse du 8 septembre présentée par Jean Claude Vaslet secrétaire du CoMoSaSS (Comité de mobilisation pour la santé et la sécurité sociale). Madame le docteur Catherine Garçon, présidente du CoMoSaSS était excusée.

"Le premier septembre, COMOSASS a été invité par la M. Blanchard, vice-président de la métropole, à participer à un OCNI (Objet de Communication Non Identifié). 

Les réunions, intitulées finalement « groupe de travail en vue d’un éventuel transfert d’Henry Gabrielle au Vinatier » sont officiellement destinées à « entendre tous les acteurs du dossier », « pour aider la métropole à prendre position ».

La composition du groupe de travail : les composantes de la majorité participant à l’exécutif.  Les personnes auditionnées : les associations d’usagers ou de patients, les organisations syndicales, COMOSASS, la direction des HCL, les maires de Saint-Genis-Laval et de Bron.

Pourquoi avons-nous accepté de participer à cette réunion ?

- Réaffirmer notre opposition déterminée au transfert d’Henry Gabrielle;
- Dans ce cadre, exprimer les attentes des membres de notre comité envers la
majorité métropolitaine.

Pourquoi des telles exigences envers la nouvelle majorité ?

o Chacun des membres de notre comité a contribué au remplacement de Collomb par une nouvelle majorité,

o Chaque composante de la majorité a pris des engagements au cours de la campagne électorale et s’est prononcée pour le maintien et le développement d’Henry Gabrielle sur le site de Saint Genis Laval. Nous entendons bien qu’ils soient respectés.

o L’opposition au transfert mais pour le développement recueille un avis largement majoritaire dans la population. La population de Lônes et Coteaux, et plus largement la population métropolitaine s’exprime clairement pour le maintien et le développement d’HG à chaque fois qu’elle peut le faire. Elle répond présent aux initiatives qui lui sont proposées. (succès des séances de présentation du film, pétitions, rassemblements, chaîne humaine, etc.) COMOSASS contribue à cette expression avec le succès de notre pétition en ligne et physique, et notre participation aux diverses initiatives proposées. Chaque composante de COMOSASS prenant aussi ses propres initiatives.

o La tentative de passer en catimini avec l’ancienne majorité le transfert au Vinatier du laboratoire de recherche appliquée « plateforme du handicap » a été très mal ressentie et a renforcé la mobilisation. Ce transfert est aussi une leçon de choses, qui donne à voir les objectifs de l’ARS puisque cette plateforme passerait sous le contrôle d’une structure médico-sociale privée. 

Ce que je retiens de cette réunion :

1. Le seul objectif des HCL est de se débarrasser d’Henry Gabrielle pour des raisons financières. Le transfert au Vinatier n’est qu’une opportunité pour continuer la casse et la médico-socialisation des activités de santé. Tout le reste n’est que communication et enfumage !

Voilà pourquoi il n’existe pas et il n’existera pas de projet médical. Même si M. Moine, le DG des HCL et M.Claris Président de la CME ont griffonné deux phrases sur une table de comptoir pour amuser la galerie et donner la possibilité à certains de se raccrocher à ces branches biens pourries.

2. Le groupe communiste a été le premier à répondre à notre interpellation et à réaffirmer que l’hôpital devait rester à Saint Genis Laval. Le groupe socialiste et Ensemble en a fait de même.

3. Parmi les Verts, l’objectif de M. Blanchard semble aujourd’hui de faire passer le projet et il compte sur ces réunions pour expliquer comment ils vont rompre le pacte qu’ils ont conclus avec la population et leur engagement à maintenir Henry Gabrielle à Saint Genis Laval.

Pourquoi sommes-nous opposés à ce transfert ?

Avant de répondre complétement à cette question, il est nécessaire de reprendre l’historique de ce dossier. Cela permet :

- De mesurer les enjeux
- D’éclairer le déroulement de la mise en œuvre des décisions
- D’apprécier le chemin parcouru mais surtout d’éviter les pièges.

Beaucoup de choses ont été dites, parfois imprécises, qui ne permettent pas d’informer clairement les citoyens, pouvant aller jusqu’à bloquer les capacités d’action collective. Il ne s’agit pas de noyer le poisson ou de complexifier les choses mais de les rendre plus compréhensibles pour cerner les véritables enjeux.

Nous sommes dans la mise en œuvre du slogan de SARKOSY, sans cesse réitérés par les ministres de la santé et les présidents de la république : « le problème des hôpitaux, ce n’est pas une question de moyens, c’est une question d’organisation ».

Les HCL, dès 2013, entrent dans le processus de réduction drastiques de la masse salariale et de sa capacité hospitalière. Il s’agit de la mise en place d’un CREF, dont les parties prenantes sont Les HCL, L’ARS et le COPERMO qui est le comité interministériel de la modernisation de l’offre de soins. 

Ce Contrat de retour à l’équilibre financier initié en 2013 est reconduit sans interruption
depuis lors. Tous les 2 ou 3 ans, sous forme d’avenant, le contrat est reconduit avec de nouvelles mesures.

Ainsi, dans l’avenant de 2015 qui entre en vigueur en 2016, on trouve à l’article 2 intitulé : "L'exposé des leviers retenus pour améliorer l'efficience"

- La performance des programmes capacitaires intégrera la réduction, sur quatre ans, de quatre unités de chirurgie conventionnelle à raison d'une unité en moyenne par an soit l'équivalent de 25 lits d'hospitalisation complète (HC) par an et de 100 lits en tout.

- Les Hospices Civils de Lyon souhaitent accélérer leurs restructurations internes. Deux opérations sont incluses à ce titre dans le cadre de la trajectoire pluriannuelle proposée : la restructuration de la gériatrie (qui a conduit à l’abandon de la gestion par les HCL de toutes les EHPAD) et le transfert des activités de l’hôpital Henry Gabrielle sur le site de l’HIAD. Les Hospices Civils de Lyon prendront en considération ces éléments pour examiner les besoins à venir liés à la deuxième tranche du projet de modernisation de l'hôpital Edouard Herriot. D'autres actions internes similaires pourront être mises en œuvre après instruction conjointe des HCL et de l’agence débouchant sur un avenant au présent contrat.

Ce que l’on retrouve dans le Plan Global de Financement Pluriannuel 2017-2026 présenté aux instances de juin 2017 qui est encore plus explicite : Poursuite des opérations majeures d’investissement ...

· sur la gériatrie : construction d’un nouveau bâtiment sur le site Pierre Garraud afin de permettre la fermeture et la cession d’Antoine Charial ;
· sur le SSR : fermeture et cession du site Henry Gabrielle dont les activités seront repositionnées à l’Hôpital inter-armées Desgenettes ;

Ainsi donc, il n’est jamais question d’améliorer la réponse aux besoins de la population, Il n’est question que de réduire la voilure du service public, ce qui fait de la place au groupes financiers investissant dans le secteur, de supprimer des emplois pour réduire la masse salariale, de continuer à vendre les bijoux de famille pour rembourser les intérêts bancaires.

Dire cela, c’est aussi relativiser le prétendu coup de théâtre ou coup de com qu’ont voulu présenter le DG des HCL et son président de la CME au groupe de travail.

Nous réaffirmons :

1. Avec le déménagement-démantèlement d’Henry Gabrielle, c’est le franchissement d’une nouvelle étape dans la remise en cause du service public de santé sur deux fronts, Henry Gabrielle et le Vinatier et la médico-socialisation des deux activités médicales :

o Celle du soin apporté aux patients victimes de lésions cérébrales
o Celle du soin apporté aux patients victime de maladies mentales

2. C’est un nouveau coup porté aux soins de proximité, à la réponse de qualité aux besoins des patients ;

3. C’est toujours et encore un peu plus le désengagement de la sécurité sociale et de son financement par les richesses produites par tous, au profit d’un engagement financier toujours plus important des malades et des familles, via l’impôt, qu’il soit local ou national, et un reste à charge qui augmente.

4. C’est le désengagement du service public au profit de structures de plus en plus privées, au fonctionnement de plus en plus opaque, mais aussi de faux nez des fonds pensions.

5. C’est aussi une étape dans le rabougrissement du service public de santé et notamment de Lyon sud.

6. C’est enfin la privatisation des espaces publics au profit des investisseurs privés et des promoteurs immobiliers.

Nous ne nous faisons aucune illusion. La généreuse idée de Madame la Maire de Saint Genis ne l’est que pour une structure privée type Korian, qu’il s’agisse de places d’EHPAD ou bien de places d’aide à domicile, ces dernières semblent avoir les faveurs de la politique du Ministère en matière de prise en charge du vieillissement.

Faire une place au médico-social, ce serait engager la session voulue par les HCL sous une autre forme.

Nous pensons que les conditions sont entrain de se créer pour une inversion de logique.

En effet, arrêtons-nous quelques instants sur la mobilisation populaire.  La population, les agents hospitaliers, les professionnels ont l’expérience des stratégies conduites par les directions des HCL pour le compte des ARH puis des ARS, voire directement par les ministères depuis 30 ans. Au final et toujours avec les mêmes arguments prétendument médicaux concoctés par quelques piètres communicants, les populations ont perdu Debrousse, l’Antiquaille, l’Hôtel Dieu, Charial et maintenant Desgenettes.

Ils ont perdu un patrimoine, des compétences, des savoirs faire, de la proximité et de la qualité de prise en charge. Ces funestes opérations financières ont profité aux seuls investisseurs et autres fonds de pension, aux groupes financiers qui cherchent à rentabiliser leurs capitaux en investissant dans la maladie.

La santé physique ou mentale, comme la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie due à l’âge, sont le cadet de leurs soucis. C’est le même sort que réserve à Henry Gabrielle la bourgeoisie lyonnaise, pour les mêmes raisons, au profit des mêmes. Les citoyens n’en veulent pas ! Nous ne laisserons pas faire !

En plus de ces pertes de capacités de soin, les personnels ont gagné un plan de retour à l’équilibre, en réalité un plan social de plusieurs milliers de postes qui s’est étalé sur plusieurs années et continue de produire ses effets désastreux.

Nous n’acceptons pas que cette logique mortifère continue avec Henry Gabrielle. Les citoyens ne veulent plus de ce traitement infligé à leurs soignants. Ce que nous attendons donc de la majorité métropolitaine, c’est que, s’appuyant sur la mobilisation citoyenne, elle refuse de contribuer au déploiement de la politique de l’ARS et du gouvernement. Tout autre position serait vécue comme une trahison et ne ferait que renforcer le rejet des personnels politiques.

Nous avons évoqué le désastre de ces choix politiques en termes d’emploi, de capacité hospitalière. Comment ne pas évoquer le désastre sanitaire provoqué par cette politique, qui a rendu incapable les HCL de faire face tout à la fois à la COVID 19 et aux besoins des populations qui ne cessent de grandir. Je veux parler des retards dans les prises en charges médicales et dans les interventions chirurgicales, notamment.

Parce que les mêmes critères qui ont prévalu aux choix d’hier sont ceux qui continuent de prévaloir aujourd’hui, les retards de prise ne charge n’ont pas pu être comblés. Jamais autant de services de soins, de blocs opératoires n’ont été fermés que durant cet été 2021. Et toujours au même motif : manque de personnel.

Nous attendons beaucoup de la nouvelle majorité métropolitaine. Les élus métropolitains et municipaux vont-ils faire le choix de continuer d’accompagner voire d’anticiper et de financer cette stratégie ?

Nous souhaitons que les élus métropolitains s’engagent vers un changement de paradigme.

Nous savons aujourd’hui que le développement du service public de santé, la réponse
aux besoins grandissants des populations sont intimement liés à trois éléments :

- L’investissement pour rouvrir des services et des lits, pour moderniser l’existant
- L’emploi sécurisé, notamment avec le statut de fonctionnaire
- La formation.

Ensemble, ces trois éléments sont les moyens de faire face aux défis sanitaires, sociaux et environnementaux qui sont devant nous.

Pour finir, nous attendons des élus métropolitains qu’ils s’engagent pour
développer le service public en développant l’emploi.

Il ne s’agit pas là de « faire du social », de l’intégration, mais de donner des perspectives durables à la population métropolitaine, notamment les jeunes de nos quartiers populaires. L’hôpital a besoin de bras tout de suite pour faire face. Ces bras existent, il suffit d’organiser le recrutement de pré-embauches de jeunes qui sortent de l’école et
vont grossir les rangs des chômeurs.

Enfin, la métropole annonce que 4 millions d’euros seront versés aux HCL en 2021, en vue de la modernisation d’Edouard Herriot. Nous sommes préoccupés par cette décision, non qu’un versement à l’Hôpital public soit incongru, mais plutôt parce qu’il semble bien que la restructuration en cours à Edouard Herriot soit en fait destinée une nouvelle fois à réduire le nombre de lits et supprimer du personnel.

Depuis notre audition, nous avons « sonné le toxin » en interpellant par mail les maires des villes de la circonscription Lône et Côteaux, ains que l’ensemble des élus de la majorité.

Nous appelons les citoyens à se mobiliser pour exiger ce changement de
paradigme

Pour cela nous envisageons trois axes :

1. Nous allons proposer aux organisations syndicales concernés, au comité de défense des usagers d’Henry Gabrielle, aux partis politiques, aux professionnels, un appel commun pour résister et gagner.

2. Nous allons faire signer une lettre citoyenne visant à interpeller le président de
la Métropole pour que les engagements de la majorité soient tenus.

3. Nous allons lancer une grande consultation citoyenne avec les organisations
du PCF, qui pourront se prononcer pour ou contre le maintien et le
développement 100% sécurité sociale de l’activité HG sur St Genis Laval.

Pour lancer l’ensemble de ces initiatives, nous appelons à un rassemblement massif devant Henry Gabrielle le samedi 25 septembre à 11h. "

Prononcé le 8 septembre à Pierre-Bénite

Publié dans Luttes sociales, santé

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