Hôpital Henry Gabrielle à Saint-Genis-Laval - 69 - : le CoMoSaSS sonne le tocsin !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Hôpital Henry Gabrielle à Saint-Genis-Laval - 69 - : le CoMoSaSS sonne le tocsin !

Jean Claude Vaslet secrétaire du Comité de Mobilisation pour la Santé et la Sécurité Sociale, a été auditionné par le Vice Président Blanchard chargé de la santé à la métropole de Lyon. Nous remercions Jean Claude Vaslet de nous avoir transmis l'intervention liminaire qu'il a prononcé à cette audition et son autorisation de la rendre publique avec notre blog.

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Déclaration préliminaire de COMOSASS devant le « groupe de travail » relatif au dossier Henry Gabrielle. 

"Sur l’objet de la réunion

COMOSASS a été invité par M. Blanchard, vice-président de la métropole, à participer à un OCNI (Objet de Communication Non Identifié). Ces réunions, intitulées finalement « groupe de travail en vue d’un éventuel transfert d’Henry Gabrielle au Vinatier » sont officiellement destinées à « entendre tous les acteurs du dossier », « pour aider la métropole à prendre position ».

Ainsi, d’un côté on trouve des élus de la majorité qui participe à l’exécutif, de l’autre seront auditionnés la direction des HCL, les représentants du personnels, le comité de défense des patients, COMOSASS, des représentants d’usagers, les maires de Bron et de St Genis Laval. 

Qui sommes-nous ?

CoMoSaSS Comité de Mobilisation pour a Santé et la Sécurité Sociale a été créé à la sortie du premier confinement. Il apparaissait en effet nécessaire, devant la crise de notre système de santé, particulièrement celle de l’hôpital, qui a pris une ampleur nouvelle avec la pandémie, de créer sur la circonscription « Lônes et Coteaux », un espace de mise en commun des informations, de propositions et d’actions, visant à faire converger les luttes sociales et politiques existantes, interpeller les institutions locales et régionales, porter des propositions visant à faire évoluer le projet régional de santé.

Notre comité est constitué de citoyens engagés sur ce terrain, d’adhérents ou sympathisants de partis politiques de gauche et écologiste, de professionnels de santé et de syndicalistes et d'élus-es.

Pourquoi avons-nous accepté de participer à cette réunion ?

- Pour réaffirmer notre opposition déterminée au transfert d’HG
- Dans ce cadre, exprimer les attentes des membres de notre comité envers la majorité métropolitaine.

Ces attentes envers la nouvelle majorité sont légitimes pour 4 raisons :

o Chacun des membres de notre comité a contribué au remplacement de
Collomb par une nouvelle majorité;

o Chaque composante de la majorité a pris des engagements au cours de la
campagne électorale et s’est prononcée pour le maintien et le développement
d’Henry Gabrielle sur le site de Saint Genis Laval. Nous entendons bien qu’ils
soient respectés.

o L’opposition au transfert et pour le développement recueille un avis largement
majoritaire dans la population. La population de Lônes et Coteaux, et plus
largement la population métropolitaine s’exprime clairement pour le maintien et
le développement d’Henry Gabrielle à chaque fois qu’elle peut le faire. Elle répond présent aux initiatives qui lui sont proposées. (succès des séances de présentation du film, pétitions, rassemblements, chaîne humaine, etc.)

Le COMOSASS contribue à cette expression avec le succès de notre pétition en ligne et physique, et notre participation aux diverses initiatives proposées. Chaque composante de COMOSASS prenant aussi ses propres initiatives.

o La tentative de passer en catimini avec l’ancienne majorité le transfert au
Vinatier du laboratoire de recherche appliquée « plateforme du handicap » été
très mal ressentie et a renforcé la mobilisation. Ce transfert est aussi une leçon
de choses, qui donne à voir les objectifs de l’ARS puisque cette plateforme
passerait sous le contrôle d’une structure médico-sociale privée.

Pourquoi sommes-nous opposés à ce transfert ?

1. Avec le déménagement-démantèlement d’Henry Gabrielle, c’est le franchissement
d’une nouvelle étape dans la remise en cause du service public de santé sur deux
fronts, Henry Gabrielle et le Vinatier et la médico-socialisation des deux activités
médicales :

o Celle du soin apporté aux patients victimes de lésions cérébrales
o Celle du soin apporté aux patients victime de maladies mentales

2. C’est toujours et encore un peu plus le désengagement de la sécurité sociale et de son financement sur les richesses produites par tous, au profit d’un engagement financier toujours plus important des malades et des familles, via l’impôt, qu’il soit local ou national, et un reste à charge qui augmente.

3. C’est le désengagement du service public au profit de structures de plus en plus
privées au fonctionnement
de plus en plus opaque, mais aussi de faux nez des fonds
pensions.

4. C’est aussi une étape dans le rabougrissement du service public de santé et
notamment de Lyon Sud.


5. C’est enfin la privatisation des espaces publics au profit des investisseurs privés et des promoteurs immobiliers.

Nous ne nous faisons aucune illusion. La généreuse idée de Madame la Maire de Saint Genis ne l’est que pour une structure privée type Korian, qu’il s’agisse de places d’EHPAD ou bien de places d’aide à domicile, ces dernières semblent avoir les faveurs de la politique du Ministère en matière de prise en charge du vieillissement.

Arrêtons-nous quelques instants sur la mobilisation populaire.

La population, les agents hospitaliers, les professionnels ont l’expérience des stratégies  conduites par les directions des HCL pour le compte des ARH puis des ARS, voire directement par les ministères depuis 30 ans.

Au final et toujours avec les mêmes arguments prétendument médicaux concoctés par quelques piètres communicants, les populations ont perdu Debrousse, l’Antiquaille, l’Hôtel Dieu, Charial.

Ils ont perdu un patrimoine, des compétences, des savoirs faire. Ces funestes opérations financières ont profité aux seuls investisseurs et autres fonds de pension, aux groupes financiers qui cherchent à rentabiliser leurs capitaux en investissant dans la maladie. 

La santé physique ou mentale, comme la prise en charge du handicap ou de la perte d’autonomie due à l’âge, sont le cadet de leurs soucis. C’est le même sort que réserve à Henry Gabrielle la bourgeoisie lyonnaise, pour les mêmes raisons, au profit des mêmes.

Les citoyens n’en veulent pas ! Nous ne laisserons pas faire !

En plus de ces pertes de capacités de soin, les personnels ont gagné un plan de retour à
l’équilibre, en réalité un plan social de plusieurs milliers de postes qui s’est étalé sur plusieurs années et continue de produire ses effets désastreux. Nous n’acceptons pas que cette logique mortifère continue avec Henry Gabrielle. Les citoyens ne veulent plus de ce traitement infligé à leurs soignants."

Ce que nous attendons donc de la majorité, c’est que, s’appuyant sur la mobilisation citoyenne, elle refuse de contribuer au déploiement de la politique de l’ARS et du  gouvernement. Tout autre position serait vécue comme une trahison et ne ferait que renforcer le rejet des personnels politiques.

Nous avons évoqué le désastre de ces choix politiques en termes d’emploi, de capacité hospitalière. Comment ne pas évoquer le désastre sanitaire provoqué par cette politique, qui a rendu incapable les HCL de faire face tout à la fois à la COVID 19 et aux besoins des
population qui ne cessent de grandir. Je veux parler des retards dans les prises en charges médicales et dans les interventions chirurgicales, notamment.

Parce que les mêmes critères qui ont prévalu aux choix d’hier sont ceux qui continuent de prévaloir aujourd’hui, les retards de prise ne charge n’ont pas pu être comblés.  Jamais autant de services de soins, de blocs opératoires n’ont été fermés que durant cet été 2021. Et toujours au même motif : manque de personnel. 

Les élus métropolitains et municipaux vont-ils faire le choix de continuer d’accompagner voire d’anticiper et de financer cette stratégie ?

Nous souhaitons que les élus métropolitains s’engagent vers un changement de paradigme.

Nous savons aujourd’hui que le développement du service public de santé, la réponse aux besoins grandissants des populations sont intimement liés à trois éléments :

- L’investissement pour rouvrir des services et des lits, pour moderniser l’existant
- L’emploi
sécurisé, notamment avec le statut de fonctionnaire
- La formation.

Pour finir, nous attendons des élus métropolitains qu’ils s’engagent pour développer le service public en développant l’emploi. Il ne s’agit pas là de « faire du social », de l’intégration, mais de donner des perspectives durables à la population métropolitaine, notamment les jeunes de nos quartiers populaires.

L’hôpital a besoin de bras tout de suite pour faire face. Ces bras existent, il suffit d’organiser le recrutement de pré-embauches de jeunes qui sortent de l’école et vont grossir les rangs des chômeurs.

Enfin, la métropole annonce que 4 millions d’euros seront versés aux HCL en 2021, en vue de la modernisation d’Edouard Herriot. Nous sommes préoccupés par cette décision, non qu’un versement à l’Hôpital public soit incongru, mais plutôt parce qu’il semble bien que la restructuration encours à Edouard Herriot soit en fait destiné une nouvelle fois à réduire le nombre de lit et supprimer du personnel

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Donc pas d'illusion, il semble au travers cette rencontre qu'il se confirme la volonté de transférer cet hôpital au Vinatier. Pour aller au bout de cette logique catastrophique Monsieur Blanchard consulte pour créer les conditions d'un vote majoritaire au Conseil Métropolitain. Les élus-es communistes sont déterminés à résister, à s'opposer tout en exigeant un plan de rénovation de l'hôpital Henry Gabrielle à Saint-Genis-Laval qui serait d'un point de vue investissement moins onéreux que ce scandaleux transfert.

D'autres élus-es de gauche et écologistes ainsi que de nombreux maires de la Métropole sont dans le même état d'esprit.

Au final ce qui va compter ce sont les mobilisations des salariés de l'hôpital Lyon Sud et d'Henry Gabrielle et la mobilisation citoyenne. Déjà la chaîne humaine au début juillet a été une réussite qui a marqué les esprits et a donné confiance.

C'est dans le même esprit que le CoMoSaSS propose aux différents acteurs de ce dossier : associations, comités, syndicats, partis politiques de gauche, sections du PCF de Pierre-Bénite et d'Oullins de se mobiliser avec un rassemblement qui pourrait avoir lieu le samedi 18 septembre devant l'hôpital Henry Gabrielle.

C'est dans cet esprit que le CoMoSaSS tiendra une conférence de presse, le mercredi 8 septembre à 15h 30 ouverte à tous les acteurs de ce dossier sensible.

On les a battu pour Desgenettes, on va à nouveau les battre pour le Vinatier ! Henry Gabrielle c'est à Saint-Genis-Laval, il restera à Saint-Genis-Laval.

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