Le Conseil Scientifique alerte sur un climat social tendu chez les personnels soignants

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le Conseil Scientifique alerte sur un climat social tendu chez les personnels soignants

Dans son dernier rapport, le Conseil scientifique tire la sonnette d'alarme sur le climat qui règne au sein des professions de santé, notamment hospitalier. Il évoque de l'épuisement et "parfois de la démotivation".

Les vagues épidémiques successives ont épuisé les personnels soignants. Sur le pot depuis mars 2020, ils travaillent dans un contexte difficile où les recrutements sont très rares et où la pression n'a guère baissé. De plus, le Ségur tant attendu, a accouché d'une souris au regard des besoins et du manque de reconnaissance, d'où souvent de la colère accentuée par une très mauvaise gestion du passe sanitaire qui culpabilise les soignants et ne fait pas avancer d'un pouce la vaccination pourtant si nécessaire.

Le plus grave, alors que les hôpitaux manquent de bras, des soignants reçoivent ces jours leur lettre de rupture de travail !!

De fait, les personnels le disent eux-mêmes: ils sont très fatigués. Et chose relativement rare, le Conseil scientifique évoque ces problématiques, dans son dernier avis rendu public sur le site du Ministère de la Santé et des Solidarités. 

La qualité des soins en question et "difficile à garantir"

Il évoque "un climat d’épuisement, parfois de démotivation", des personnels soignants en général et les personnels hospitaliers en particulier. Selon lui, ce climat touche en premier lieu, les soignants qui gèrent les patients atteints de la Covid-19 mais plus largement aussi, les équipes hospitalières.

"Cette situation est d’autant plus critique dans les zones où le virus circule le plus actuellement (zones côtières et départements et territoires d’outre-mer), dans cette période de congés estivaux", explique le Conseil Scientifique. 

Et de pointer un management "en réaction" alors qu'il devrait, selon lui, être "anticipé, adapté". "L’impact sur le fonctionnement hospitalier dans son ensemble est lourd. Le meilleur soin pour les patients est de plus en plus difficile à garantir", alerte ce dernier. 

Conséquence de quoi, le Conseil scientifique estime qu'une réflexion de fond sur le fonctionnement hospitalier doit être menée avec notamment un soutien des "soins primaires", des "sorties précoces" et "la limitation des hospitalisations en médecine" qui pourraient soulager l'hôpital, "Une vigilance et des moyens conséquents devront par ailleurs être portés aux soins critiques, en première ligne depuis 18 mois", dit-il.

L hôpital est actuellement peu motivant pour vouloir y être embauché.

Les différents plans de restructuration ont amenuisé l'intérêt à travailler à l'hôpital et les fermetures de lits qui se sont poursuivies pendant la pandémie ont porté un coup au moral, beaucoup de soignants se disent écoeurés.

Quelques témoignages

Face au manque de bras, les directions en demandent toujours plus sans aucune contrepartie et avec le salaire gelé, le Ségur a été une opération d'esbrouffe. La garantie de l'emploi dans le secteur est parfois vécue comme une contrainte car on a pas droit au chômage en quittant ce milieu.

Par ailleurs, la maintenance des appareils et diverses structures est difficile. Du matériel fonctionne que moyennement et cela conduit à des pertes de temps et d'énergie. Tout cela conduit en cas de crise grave comme celle que nous connaissons, à une grande fatigue physique et morale.

Un soignant témoigne que pour lui, tout a commencé avec l'annonce des plans stratégiques de restructuration et de la loi "patient santé territoire".

Et puis ce n est pas à des non-hospitaliers de gérer un hôpital obnubilés par les chiffres, leur boulot est de faire en sorte que les soignants soient allégés de charges, hors les directions compliquent les situations, mettent des bâtons dans les roues alors qu ils sont là pour aider les soignants.

De plus le budget de l'hôpital est insuffisant car à activité égale les coûts ont augmenté, la recherche en pâtit et peine à suivre.

Un soignant trouve aussi que les appels d'offre sont une belle arnaque parfois. Des entreprises raclent sur leurs coûts au prétexte d'égalité et au final les soignants se retrouvent avec du matériel inadapté et inutile au bout de 2 semaines, c'est le cas par exemple des fameux distributeurs à papier essuie-main qui ferment avec des clés qui disparaissent rapidement rendant complètement inutile le distributeur. C'est le type d'exemple de matériel inadapté fait par des non-hospitaliers qui ne se renseignent pas sur les besoins des soignants.

Forcement ce manque se fait à tout les étages. Vu le travail à fournir, dans les réunions les informations ne pas sont dites ou prises en compte sur ce genre de matériel qui reste cassé et inutile des années. Il y a besoin de travailler avec les soignants eux-mêmes avant tout !

Publié dans santé

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