Les jeunes ne veulent plus de Macron, mais voter les interroge et ils ne croient pas que 2022 changera la politique

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les jeunes ne veulent plus de Macron, mais voter les interroge et ils ne croient pas que 2022 changera la politique
Les jeunes ne veulent plus de Macron, mais voter les interroge et ils ne croient pas que 2022 changera la politique

Ils sont à la Fête de l'Humanité, ils ont de 16 ans à 25 ans. Ce sont les jeunes venus en nombre. Nous les avons rencontrés-es.

Les discussions vont bon train, à la sortie d'un stand après une bonne bière, à la fin d'un spectacle ou mêmes dans les allées qu'il parcourent soit en couple soit en groupe. Nous les interrogeons sur les échéances électorales à venir.

Leur souhait premier, voir Macron battu à la présidentielle. Elles et ils n'aiment pas son mépris des jeunes et ses insultes. Mais à la question : qu'est ce que vous mettez à la place ? La réponse est hésitante. C'est on verra bien mais surtout pas l'extrême droite, d'autres pensent que ces élections ne changeront pas fondamentalement la politique ultralibérale actuelle et se demandent même s'ils voteront. Mais certains rajoutent, "s'il le faut, on ira voter".

Sur la Fête, elles et ils ont entendu Fabien Roussel annoncer sa détermination à l’emporter en 2022, d'autres le PS avec Anne Hidalgo au stand de la Fédération de Paris ou encore Les Verts dont les candidats se chamaillent pour leur primaire écolo, ce qui les étonne car ils estiment que le lutte pour le climat ne devrait pas être la cause de division à plus forte raison au sein d'un même parti.

Malgré la multiplication des candidats à droite comme à gauche, les jeunes participants à la Fête, venus surtout pour les concerts et les retrouvailles entre potes après un an d’isolement dû à la pandémie, n'ont pas encore la tête à la présidentielle même s'ils sont nombreux à penser qu'une alternative ne puisse avoir lieu.

Certains pensent que c'est foutu sans chercher à mieux comprendre, d'autre plus politisés sont convaincus que quelque chose peut se passer, l'espace est étroit entre la droite ultralibérale que représente Macron et la sociale démocratie. Beaucoup de jeunes attendent de voir ce que l'on va leur proposer pour investir cet espace. Il ne faudra pas se manquer précisent certains d'autant que beaucoup n'ont jamais voté, ça sera leur premier vote. Ce qui ne les motive pas plus !

Des étudiants font remarquer que le cours en "visio" ça n'aide pas au débat, chacun est dans son coin et réfléchit tout seul, il ne bénéficie pas des idées des autres. Bien que certains jeunes fassent état que lors d'AG à propos des partiels Macron y a été très critiqué. Mais comme le rajoute l'un d'eux, la pandémie a bouché les imaginaires et détruit les rêves.

Beaucoup de jeunes regrettent qu'ils ne voient pas à l'heure actuelle une personnalité qui se détache. Mélenchon est connu mais il ne fait pas recette, les socialistes sont trop connus pour leur gestion des affaires qui ne respecte jamais les engagements pris, et préoccupés par le climat, mais ne croient pas aux écolos et d'autres trouvent Fabien Roussel sympathique, avec l'esprit "jeune" mais ils ne connaissent pas son programme... pourtant un jeune couple l'a écouté à la TV et a trouvé intéressante son idée de garantir l'emploi tout au long de la vie professionnelle, peut-être que moins de jeunes seront précarisés, a t-elle ajouté.   

A sept mois de l'échéance, cela n'inquiète pas les jeunes, les candidats-es ne sont pas connus-es ni leur programme, à part celui de Macron qui est de continuer ce qu'il fait sans consulter personne et Mélenchon qui veut faire croire qu'il est la République à lui tout seul ! Au fond, les jeunes n'attendent pas un sauveur suprême, mais surtout des idées et des propositions qui permettent de changer les choses en profondeur. De ce point de vue, beaucoup de jeunes rencontrés, apprécient le slogan "l'humain et le climat d'abord !"

Les plus politisés sont conscients que tout le travail avec les jeunes reste à faire. L'obstacle premier est la défiance envers la politique avec parfois des raccourcis saisissants qui les conduisent à mettre tout le monde dans le même panier et débouche sur un sentiment d'impuissance qui ravit Macron ou Marine Le Pen.

Chez celles et ceux qui ont connu Hollande, persiste le sentiment que la politique ne mène qu’à la déception. Le renoncement à combattre la finance de 2012 a laissé des traces profondes qui se transmettent entre les générations.

Des jeunes n’attendent pas grand-chose des échéances de 2022 car les vrais problèmes ne sont pas mis sur la table par les médias. Les futurs candidats-es ne veulent pas les aborder, alors c'est le "ronron", d'autant qu'avec le Covid, les gens n’ont pas la tête à parler élections.

Certains trouvent que les Français se chamaillent trop sur des sujets peu importants pour leur vie, d'autres sont déjà découragés et affirment que si pour le second tour c'est encore Macron-Le Pen, ils s’abstiendront. Bien qu'une jeune femme souligne avec pertinence qu'un tel duel est pré-fabriqué par les médias, car pour la présidentielle rajoute-t-elle, il y a deux tours, pour elle le premier tour est fait pour choisir le programme et le second pour choisir entre les deux qui restent, celui qui est le plus proche des valeurs républicaines. Pour elle, les médias doivent se corriger et proposer des débats à partir de thèmes forts comme la jeunesse, l'emploi, le climat, la laïcité, la pauvreté, la sécurité, la paix, plutôt que de nous abreuver de "Zemmour" qui n'a que des idées tordues !

Il y a donc un brin d'espoir et une grande volonté de s'en occuper au moins de s'y intéresser. De quoi ravir les organisateurs de la Fête de l'Humanité.

Sur le choix des candidats, la réponse est quasi générale, à part Macron connu pour son bilan, pour l'heure, très peu sont connus et aucun ne leur fait très envie, même Mélenchon trop vieux et qui n’est même plus une option crédible.

Pourtant avec les Gilets jaunes, les violences policières, la cause des femmes, les mouvements LGBT, le nucléaire ou le rejet de Parcoursup et de Blanquer, la précarisation dans les usines, la politique a commencé peu à peu à faire son petit chemin et à intéresser, bien que quelques-uns affirment que voter c'est bien, mais que cela ne changera rien. Ils sont encore sans illusion même s'ils rêvent encore.

Certains pensent qu'il y a trop de candidats à gauche, et sont dégoûtés par les Ego et la politique politicienne qui ne permet pas de rassembler.

Mais à la réflexion : le Parti Communiste n'était pas présent à une présidentielle depuis 2007 soit 15 ans, des jeunes répondent que c'est pas normal, chaque parti politique doit pouvoir faire connaître ses idées et ses propositions. Pour eux, la présidentielle ça sert déjà à ça !

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