Débat à Pierre-Bénite. Intervention de Frédéric Boccara pour mettre l'emploi, la formation et les salaires au coeur de la campagne des communistes

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Débat à Pierre-Bénite. Intervention de Frédéric Boccara pour mettre l'emploi, la formation et les salaires au coeur de la campagne des communistes
Débat à Pierre-Bénite. Intervention de Frédéric Boccara pour mettre l'emploi, la formation et les salaires au coeur de la campagne des communistes
Débat à Pierre-Bénite. Intervention de Frédéric Boccara pour mettre l'emploi, la formation et les salaires au coeur de la campagne des communistes

Les communistes de la section de Pierre-Bénite se sont saisis de la campagne Emploi du PCF et de la campagne électorale des présidentielles de Fabien Roussel, pour organiser un débat public avec les présences de syndicalistes du Rhône et de Frédéric Boccara. De 18h à 21h, avant de boire le pot fraternel, une quarantaine de personnes ont échangé sur les situations vécues dans les entreprises et services, sur le sens des propositions des communistes mises en débat dans la campagne de la présidentielle et présentées par Frédéric Boccara.

Nous avons impulsé la préparation du 21 novembre avec un objectif d'une montée à Paris de 15 personnes. Et lancé la création d'un Comité d'initiatives et de mobilisation "Les jours heureux FRoussel2022". Une adresse va être envoyée aux communistes et aux 300 sympathisants de notre parti pour collecter les inscriptions et les inviter à l'initiative de lancement de ce Comité des "Jours heureux FRoussel 2022".

Par ailleurs 19 personnes supplémentaires ont voté contre le transfert de l'hôpital Henry Gabrielle au Vinatier, nous les remercions, tout comme nous remercions les syndicalistes, les communistes et amis-es de leur participation à ce débat.

Nous avons publié dans un précédent article de notre blog, l'introduction de Jean Chambon au débat, ce jour nous faisons connaître, les résumés des témoignages et idées apportées dans le débat par les syndicalistes et l'intervention de Frédéric Boccara qui fut très appréciée.

En fin de soirée, une adhésion nouvelle a été réalisée.

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Sont intervenus dans le débat : Didier Chaix de KemOne, Abdel Yousfi de JTEKT, Laurent Aubeleau des Cheminots et Frédéric Boccara est ensuite intervenu. Suivent les interventions Serge Paolozzi de Général Electric Villeurbanne, de Fabrice Fort régional métallurgie Aura, de Christelle Franz de la santé, de Jean Luc Barrouet de JTEKT et de Jean Claude Vaslet expert dans la filière santé.

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Didier Chaix rappelle que Kem One est le résultat de l'externalisation de productions d'Arkema (PVC) cédées à Klesch condamné pour escroquerie laissant la boite exsangue. A l'époque la CGT avait un projet, mais le repreneur choisi contre elle, fut un américain qui a racheté l'entreprise pour 5 millions d'€. Après avoir redressé l'entreprise, cet actionnaire la vend maintenant à Apollo, un Fonds d'investissement américain très important, le 3ème plus gros au monde qui a déjà fait des dégâts en France comme à Ascométal Fos. Avec cette vente, l''actionnaire actuelle va faire une plus-value de 700 millions d'€. Pour faire passer la pilule, il propose de verser 10% de la vente aux salariés, soit 70 millions d'€. Ce sont des montants très importants, c'est le prix qu'ils mettent sur la table pour acheter une certaine paix sociale, d'autant que nous avons toutes les raisons d'être inquiets puisque Apollo utilise une LBO. Il va emprunter 450 millions sur les marchés et il se remboursera en prélevant chaque année 23 millions d'€ sur les richesses créées par le travail. Ces sommes seraient beaucoup plus utiles à l'emploi, à la formation et aux salaires plutôt que de permettre au nouveau patron d'être propriétaire de l'entreprise sans sortir un € de sa poche.  Dans cette situation, j'avoue que l'état d'esprit des salariés n'est pas trop sur les NAO d'autant que l'intéressement est calculé sur la base de 10% du bénéfice net, ce qui fait lors de la répartition, des sommes énormes pour les salariés. Didier finit en estimant que l'affrontement Capital/Travail est devenu beaucoup plus dur avec Macron. La bataille idéologique est rude mais incontournables provoquant parfois des affrontements avec les réformistes, y compris certains présents dans la CGT.

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Abdel Yousfi rappelle que actuellement la situation à JTEKT est très difficile avec les délocalisations, les départs de l'entreprise et la tentative d'abaisser le coût du travail avec la fusion qui transforme chaque filiale en établissement et surtout permet à notre groupe de négocier la remise en cause des acquis sociaux et des usages. S'il réussissent, cela va faire mal. On constate que la CGT est seule à mener la bataille, les syndicats de collaborations comme la CFDT et la CGC qui sont majoritaires chez nous, accompagnent la casse qui met en danger la pérennité du site et même du groupe. Cette restructuration est préparée depuis longtemps. Les lois ElKhomri et Macron, sous le quinquennat de Hollande, sont les outils qui ont été mis à la disposition des patrons leur permettant d'accélérer la casse sociale, la précarité et la flexibilité. Ces lois ont rendu plus simple le travail des directions, elles n'ont plus qu'à mener la bataille idéologique pour éviter que les salariés s'opposent aux choix des directions. Chez nous il y a beaucoup de défaitisme et un sentiment d'impuissance domine. En 5 ans, les effectifs sont passés de 2200 à 1500 aujourd'hui. Il y a vraiment besoin de convaincre les salariés de se remobiliser. La venue de Fabien Roussel sur le site, il y a une an, préparée avec la section, a donné lieu à un commencement de mobilisation. Mais derrière, la direction a travaillé les esprits et les divisions. Aujourd'hui elle va jusqu'à accuser une alliance Sino-russe de vouloir faire la peau au groupe JTEKT ! Ils vont loin, d'où le besoin de travailler à clarifier en particulier le mensonge visant à faire croire que le chômage serait vaincu et à porter des alternatives.

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Laurent Aubeleau revient sur la réforme de la SNCF de 2018, tout ce qui se passe depuis confirme l'analyse de la CGT et du parti communiste. En 2019, le rythme des suppressions d'emplois était de 7 par jour ! Entre 2022 à 2026 ce rythme va passer à 8. Il faut vraiment mesurer les conséquences dramatiques de cette réforme pour les travailleurs, pour la SNCF éclatée en 3 SA et pour le service public ferroviaire. L'emploi c'est une question très politique ! Quand l'emploi est réduit, cela entraine des pertes de compétences, des savoirs-faire et la disparition de certains métiers et la réponse patronale c'est toujours le recourt à la précarité. On constate bien que dans le privé comme dans le public, c'est toujours la même logique. Ils oublient que les salariés sont décisifs car ils ont un rôle central dans l'efficacité du travail. Aujourd'hui on constate que plus l'emploi et le travail sont réduits et moins les cheminots ont les moyens de faire leur travail. Cela nous a amené à engager une grosse bataille pour l'emploi. On a commencé à chiffrer les besoins :  350 emplois. Ils étaient dans le budget mais personne en poste de titulaire. Par la mobilisation on a commencé à gagner des titularisations. On a construit cela avec les cahiers revendicatifs, avec la question : pour être un bon service public combien d'emplois sont nécessaires, où, comment et quel emplois ? On a constaté que quand les revendications existaient, la mobilisation et la grève allaient de soi. Ainsi à la gare de la Part Dieu avec 6 à 7 jours de grève on a arraché 10 emplois, c'est très positif, ça donne confiance pour faire cela partout et ainsi faire grandir le rapport des forces. Ne négligeons pas les 32 heures qui sont un levier pour l'emploi. Les salaires reviennent dans l'actualité, il faut nous en saisir, nous cela fait 8 année qu'il y a le gel des salaires, avec l'emploi c'est la variable d'ajustement. Il faut motiver les salariés car ils vivent des injustices et des souffrances insupportables, c'est le moyen de combattre le fatalisme qui donne le sentiment de ne pas avoir prise.

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Frédéric Boccara souligne que les interventions montrent que de nombreuses luttes existent. Elles montrent une résistance mais elles sont trop isolées les unes des autres. Le patronat et le gouvernement s’emploient à les morceler. Il faut les pousser et beaucoup travailler sur le sens qu’elles portent, car c’est cela qui permet leur convergence et leur politisation. A votre écoute on mesure que vous êtes tous confrontés à la même logique, celle du profit pour le capital. Il y a donc besoin d’élever le rapport des forces en l’orientant sur la dimension politique, c’est-à-dire la mise en cause des pouvoirs dominants et de la logique suivie.

Nous devons porter résistance et projet alternatif dans un même mouvement. C'est le projet politique qui est le moteur. Il est à faire vivre au cas par cas selon les situations affrontées. Mesurons également que nos adversaires ne sont pas tranquilles et ont peur des mobilisations. La visibilité des luttes et les succès arrachés doivent être valorisés pour donner confiance et créer une dynamique. Par exemple, la lutte massive menée à Transdev en Ile de France a permis de gagner dans certains dépôts, mais pas dans d’autres. C’est dire si le patronat s’emploie à la morceler. Dans le même temps, ces reculs montrent qu’il est possible de gagner des batailles.

Ce moment de la crise est paradoxal : il y a une reprise, certes technique (après -8% de PIB et un confinement, il n’est pas très étonnant d’avoir +6% de PIB), mais elle alimente les revendications des salariés qui ont le sentiment qu’il y a plus de « grain à moudre ». Elle est cependant paradoxale, car tout le monde s’attend à une « seconde lame » de la crise. Le pouvoir et le grand patronat vont tout faire pour décaler cette « seconde lame » après la présidentielle, en annonçant les plans sociaux à ce moment.

Il nous faut combattre l'invisibilité du travail. Car c’est le travail qui crée les richesses, pas le capital. On devrait s’appuyer ce qui a été perceptible durant le confinement ! C’est-à-dire que le travail humain est décisif, c’est lui qui crée les richesses. Les machines peuvent démultiplier la puissance créative du travail, mais ne créent pas de richesses à elles seules, elles sont d’ailleurs elles-mêmes le résultat du travail humain. De même des avances d’argent sont nécessaires pour former et investir et ainsi permettre au travail de créer efficacement des richesses. Mais cet argent ne doit pas viser le profit, il doit viser la création de richesses (la valeur ajoutée) et l’efficacité du travail humain au lieu de suivre la logique du profit, celle du capital. Cet argent ne doit pas être traité comme du capital.

Il faut combattre l’invisibilité de l'emploi. Le chômage et la précarité sont bien réels, ils sont vécus par des millions de personnes (le nombre d’inscrits à pôle emploi atteint le record de 6 millions). Montrons les dégâts faits aux êtres humains et à toute la société. Mais n'en restons pas au constat, montrons que c'est l’emploi, et le travail qu’il permet, qui est nécessaire. Or cette question de l’emploi – des emplois à créer, à pourvoir, à conforter, à sécuriser, à développer en qualité – est refoulée, considérée comme une simple question technique. Pas comme une question politique. Une question « d’appariement » et d’adaptation entre des personnes et des postes (le « matching », comme ils disent). Du coup, leur réponse aux besoins d’emploi, c’est de durcir le régime du chômage pour forcer les chômeurs à prendre plus vite un travail. Comme si c’est cela qui allait régler la pénurie de soignants, par exemple !! Or l’enjeu c’est la formation, ce sont les conditions de travail, c’est le type d’investissement – pour ou contre les êtres humains ? Délocalisation et spéculation ou développement des richesses réelles et utiles ? 

L’emploi est en réalité une question très politique dans notre société, même si on veut le cacher. Car l’adversaire du développement de l’emploi, c’est le capital, ses pouvoirs, sa logique. Cela pose une question centrale, quels critères la gestion des entreprises doit-elle avoir pour développer l’emploi, l’efficacité du travail et quel rôle de l'Etat et des institutions pour cela. L’emploi est donc bien une question très politique. Nos adversaires ont les pouvoirs pour mettre en oeuvre une seule logique, la loi du fric, la règle d'or du capitalisme. Ils veulent économiser sur tout : ce qui n’est pas profit : emploi, salaires, dépenses sociales, services publics. En faisant cela, ils écrasent les êtres humains et cassent les leviers et les ressorts pour une efficacité productive réelle, pour des services de qualité et donc pour une issue à la crise.

Notre projet, celui d’une « Sécurité d’emploi ou de formation et de revenu », donne sens aux batailles, comme autant de de chantiers décisifs pour l'avenir et pour permettre de donner à voir la singularité des communistes et de leur candidat Fabien Roussel.

Invisibilisation du travail, invisibilisation de l’emploi, mais on a aussi une invisibilisation des besoins : besoins d’emploi et de formation des jeunes, besoins d’emploi des chômeurs, besoins de productions répondant aux besoins sociaux et écologiques, besoins de services publics, immenses besoins de formation, formation de toute sorte (initiale, continue, professionnelle ou de réorientation, générale ou technique, de mise à niveau ou d’élargissement culturel, …).

En particulier dans les Services Publics il y a des besoins d'emplois immenses à satisfaire. Dans la santé où nous demandons la création de 100 000 emplois dans les hôpitaux publics et 200 000 dans les EHPAD, dans l'enseignement l'évaluation des besoins d'emplois est de 90 000 mais aussi dans toutes les administrations et services publics locaux. C'est possible immédiatement de pré-embaucher des jeunes pour les former avec une allocation durant la formation et l’engagement qu’ils auraont un emploi, seront embauchés au statut à la fin de la formation. Nous ouvririons ainsi une perspective pour des dizaines de milliers de jeunes. Mais tout cela exige d’inverser la logique dominante, pas quelques petits patches plus ou moins bien intentionnés !

Il y a enfin une invisibilisation des luttes et batailles alors qu’elles reprennent, en lien avec la reprise économique, avec le niveau historique des profits, la souffrance accrue, la pauvreté qui s’est étendue et la surexploitation, avec les prises de conscience qui se sont faites durant les confinements.

Aujourd'hui, il y a une reprise économique, mais qui en profite ? Les profits qui battent un record historique (des taux de marge jamais vus depuis 70 ans.. !) et la Bourse dépasse des sommets. Avec cette logique du capital, la reprise est minée et peut rapidement aggraver la crise avec des risques énormes. Il est donc urgent d'inverser la logique en faisant de l'emploi utile et efficace, le moteur du développement humain et économique mais aussi de la formation qui est tout autant une question politique. IL n’ets que de voir l’importance des luttes sur la formation depuis, au moins, 1968. Chaque être humain doit pouvoir se développer tout au long de sa vie accéder à des formations de son choix, pour élever sa qualification ou pour changer d'activité avec la sécurité de ses revenus et la reconnaissance des qualifications nouvelles acquises.

C'est une autre logique qui est nécessaire. Une logique contraire à celle du capital et du néolibéralisme qui, actuellement, font tout pour l'investissement et rien ou très peu pour l'emploi, la formation et les travailleurs. Prenons le plan Macron annoncé ces derniers jours, ce sont 30 milliards de fonds publics au capital mais rien pour l'emploi, rien pour les salariés. Et si on prend le plan Castex de 100 milliards, il n'y a eu que 1% pour la formation professionnelle autant dire rien au regard de l'immense défi posé par la révolution informationnelle.

La logique que nous proposons avec notre projet de « sécurité d’emploi ou de formation », porté par notre candidat, est tout autre, ce sont d'abord l'emploi, la formation, les salaires, la recherche, l’investissement doit suivre et appuyer cela, et en visant à baisser le coût du capital : profits, dividendes, intérêts bancaires et tous ces transferts d’argent des filiales vers les têtes des groupes, prélevés sur les richesses créées par le travail. Nous cherchons l'efficacité sociale et économique des activités de services ou industrielles. Avec notre proposition de sécurité d'emploi et de formation nous visons l'éradication du chômage dans un processus de dépassement du marché du travail capitaliste.

Mais au total, les forces du capital, leur concert idéologique, font tout pour cacher la possibilité comme la nécessité d’une logique nouvelle, les moyens possibles pour commencer à la mettre en œuvre, les conquêtes nécessaires qui poussent pourtant de l’intérieur même de notre société, de notre capitalisme si mûr et en crise profonde.

Que visons-nous ?

Faire monter « le social » ? Pas uniquement. Car le système à sa façon bien à lui d’enfermer « le social », de le dépolitiser. Tous les candidats parlent et vont parler du « social »… à leur façon ! Nous, par exemple, nous appelons à mettre la pression sur les préfets concernant le pouvoir d’achat… mais pour aller au fond politique : redresser le pouvoir d’achat exige d’une part d’autres pouvoirs sur les gestions des entreprises que ceux des actionnaires obsédés par la marge inflationniste qu’ils vont pouvoir prélever et par la baisse des dépenses salariales, elle exige d’autre une autre production, plus efficace et orientée sur les besoins, car une grande part de l’inflation est liée aux pénuries et aux coûts du capital.

C’est dire si une politique de progrès durable du pouvoir d’achat exige de développer l’emploi, les productions utiles et efficaces, et les salaires, au lieu de la redistribution entre salariés que Macron et Castex organisent, en réalité, avec les différentes primes et « chèques cadeaux » qu’ils mettent en place. C’est pourquoi nous demandons auprès des préfets de parler de toutes les aides publiques et de leur utilisation. Nous demandons de constituer des tours de table pour évaluer les besoins d’emploi, de formation, de productions nouvelles et de développement des services publics, … et que des engagements y soient pris !

Nous formulons une proposition politique.

Celle d’une « sécurité d’emploi ou de formation et de revenu ». Elle vise la suppression du principe même du chômage.

L’idée est de transformer, de réorganiser, profondément toute la société – entreprises, banques, Etat, institutions politiques, services publics – pour que chacune et chacun ait soit un emploi, soit une formation correctement rémunéré, dans une sécurité de vie et de revenu, avec une liberté de choix de sa formation ou de son emploi, et une progression sociale.

Commentaires.

  • C’est tout autre chose qu’un emploi « à la soviétique », garanti à vie, rigide, avec ses inefficacités, ses immenses défaut de progrès d’efficacité et de formation, ne permettant pas d’assurer la production des revenus nécessaires à un progrès des salaires, à une réduction du temps de travail et à un progrès social général, une rigidité pouvant même déboucher sur un désastre productif.

  • C’est tout autre chose aussi, que la précarité et le marché du travail avec la « flexisécurité » où la flexibilité salariale maximale est recherchée, où la formation n’est qu’un « bagage » dans un marché du travail encore plus concurrentiel et où chacun.e va chercher à se vendre contre l’autre, car c’est le patron qui va restreindre le volume d’emploi et des embauches.

  • C’est tout autre chose que d’imposer aux salariés, sous prétexte de « sécurisation », d’accepter les licenciements en échange de quelques « chocolats » et primes sans avenir. Soit dit en passant, ce détournement du mot même de « sécurité » s’apparente à la façon dont les « va-t-en guerre » se parent du mot de « paix » pour préparer la guerre à outrance.

  • Cela exige d’inverser la logique dominante, d’aller contre celle du capital. Ainsi que le portent de façon très diverse les luttes dont les camarades font état, cela exige des dépenses pour l’emploi et la formation d’abord, avec des projets de production précis et ambitieux. Bref, de mettre au centre de la société les capacités humaines et leur développement.

  • C’est un projet du 21è siècle que nous mettons à disposition de l’ensemble de la gauche dans ce moment de débat politique que doit être la campagne présidentielle. Un projet allant plus loin encore que la Sécurité sociale que nous connaissons, car il implique profondément les entreprises, leur gestion, leur production selon des critères d’efficacité nouveaux, et pas seulement l personne des travailleuses et travailleurs.

  • Quelle serait la logique de cette « nouvelle efficacité » ? Eh bien, lors de difficultés économique (de débouchés, de production, de coûts) qui peuvent très bien survenir, on répondrait : sécurisation des salariés et de leur emploi ; formation accrue et R&D ; nouvelle production avec baisse du coût du capital et embauches/RTT. Là où face aux difficultés, le capitalisme répond actuellement : suppressions d’emploi ; investissement (matériel ou délocalisation ou placements financier) ; production nouvelle ; puis peut-être, éventuellement, des embauches…

  • Le salaire serait assuré par les employeurs (patrons ou Etat), le revenu de formation maintenant le salaire serait assuré par des cotisations sociales mutualisées, des avances massives par la création monétaire assurerait d’une part le lancement du système – on a vu durant les confinements l’ampleur de ce qui peut être mobilisé, il faut mobiliser au moins autant mais plus longtemps et dirigé correctement, et d’ailleurs c’est bien ainsi après 1945 que la ,Sécurité sociale a pu fonctionner, avec des avances pendant plusieurs années manifestées par un déficit transitoire pendant 5 à 6 ans. Ces avances financeraient aussi les investissements matériels et de recherche nécessaires pour appuyer les création d’emploi et les rendre efficaces, opérantes.

  • C’est un projet non seulement « social », mais aussi « de société », porteur d’une autre vie. Il appelle une bataille pour une nouvelle cohérence entre les objectifs de notre société, les moyens mis en œuvre et les pouvoirs.

On peut voir les différentes batailles à l’œuvre comme autant de chantiers de la sécurité d’emploi et de formation : bataille sur la réforme de l’assurance chômage, batailles pour recruter et former à l’hôpital, à l’école et dans tous les services publics, batailles sur des contre-projets dans les entreprises de l’industrie et des services, batailles pour une transformation écologique des productions, batailles de la jeunesse sur l’allocation d’autonomie ou le revenu étudiant, batailles des intermittents du spectacle, bataille des Deliveroos et autres ubérisés, etc.

Pour cela, il faut une transformation radicale de la société, l’instauration de pouvoirs et institutions nouvelles.

D’une part une transformation basée sur des pouvoirs nouveaux pour les salariés et leurs élus-es dans les entreprises pour orienter leur gestion afin de mettre en œuvre cette logique nouvelle, cela passe aussi par une mobilisation pour une autre utilisation de l’argent, notamment l’utilisation du crédit bancaire, pour cette nouvelle politique économique, sociale et écologique.

Nous proposons la création de Fonds régionaux et national en levier sur les banques pour une nouvelle sélectivité du crédit. Nous proposons une maîtrise démocratique du pouvoir de création monétaire de la BCE aujourd’hui asservi aux marchés financiers.

Résistons à la pression idéologique sur la dette qui est un prétexte pour imposer des cures d’austérité et réduire les dépenses publiques. Parlons plutôt « d’avances » que de dette, des avances réalisées grâce au crédit. Car le crédit fait partie du fonctionnement normal de l’économie. On a besoin d’avances d’argent pour financer les réponses aux besoins sociaux, écologiques et d’infrastructures. Ces avances sont ensuite remboursées par les richesses qu’elles ont permis – ou non !—  de produire.

N’ayons donc pas de crainte à emprunter, emprunter c’est un pas en avant que l’on fait, une sorte de déséquilibre, le second, pour rattraper ce déséquilibre et avancer sans tomber, c’est de s’assurer si une production est effectivement réalisée avec ces avances. C’est à dire de savoir ce que l’on fait de l’argent : ou son usage va vers le capital comme aujourd’hui ou il va vers le développement des capacités humaines et la réponse aux besoins, c’est notre choix. D’où l’enjeu fondamental de pouvoirs nouveaux sur l’utilisation de ces avances.

D’autre part nous proposons de nouvelles institutions démocratiques territoriales et nationales. Notamment une « Conférence nationale permanente emploi, formation salaires et transformation productive ». Tout cela n’est pas séparable et doit être traité ensemble, en cohérence au lieu d’une nième conférence uniquement salariale proposée par toutes les nuances de la social-démocratie, voire par la droite ou les néolibéraux macroniens.

Les Conférences permanentes que nous proposons seraient constituées des acteurs économiques et sociaux : les salariés avec leurs représentants syndicaux, les associations (d’usagers, de chômeurs, écologiques, etc.), Les représentants de la jeunesse, le patronat, les Services Publics, les élus-es et les banques. Il s'agirait d'évaluer les besoins (emploi, formation, productions, services publics), de définir des engagements de mise en œuvre et de financements et d'en assurer le suivi ultérieur, avec des outils financiers précis : pôle public de financement bancaire, Fonds national de baisse du coût du capital, conditionnalité des aides publiques quand elles s’avèrent nécessaires, etc..

Nous sommes les seuls à porter un tel projet de société pour une issue aux crises. Regardons ce que disent les autres candidats ou partis : l'extrême droite ne veut pas toucher à la logique néolibérale, toute sa démarche est d'accuser « l’autre », quel qu’il soit, de tous les maux donc d'opposer et de diviser mais pour ne rien changer ; la droite veut garder la même logique, elle est obsédée par l'allongement de la durée du travail et la baisse des dépenses publiques ; le Parti Socialiste fait des promesses comme par exemple l’augmentation des salaires enseignants mais sans dire comment il la financerait ni où il prendrait les moyens de satisfaire ses promesses, il avance dans le même temps l’idée du « revenu d’existence »,  conçu comme un minima social, une allocation... prélevée sur une richesse dont on ne sait pas comment elle progresserait puisque les gestions des entreprises et les pouvoirs du capital seraient intouchés, et dans le même temps, dans les régions qu’il dirige il tend à accompagner le marché (mise en concurrence ferroviaire) et les patrons pour une baisse du coût du travail « sympa », compensée par la gauche.. ; JL. Mélenchon propose que tout chômeur qui ne trouve pas d’emploi soit pris en charge par l’Etat. On les paierait avec nos impôts et on laisserait le capital et les entreprises tranquilles ! Sa seconde proposition est la « garantie d’emploi » : l’État verserait à tout chômeur une allocation à hauteur du SMIC pour qu’il travaille dans un service public, sans tenir compte ni de son niveau de qualification, ni du besoin de formation pour effectuer son travail… bref le travail obligatoire au SMIC quand on est chômeur ? Là encore la responsabilité du capital est évacuée. C'est fou ! Quant aux Verts, ils affirment que le « capitalisme vert » créera des emplois automatiquement, « naturellement », ils n’envisagent aucunement de s'attaquer à la logique du capital qui détruit l'environnement et rabaisse la créativité du travail humain, pourtant absolument nécessaire pour inventer des solutions écologiques et les mettre en œuvre. Enfin E. Macron, c’est la baisse du coût du travail et la flexibilité et tous les pouvoirs aux patrons qui sont « ses champions », avec le recul historique du droit du travail et des pouvoirs des travailleurs suite aux lois El Khomri (élaborées par E. Macron) et aux « ordonnances Macron » du début du quinquennat. Son parti LAREM vient d'annoncer la mise en œuvre du plan « territoires d’industrie », dont la gouvernance repose sur un « binôme élu/industriel », c’est à dire un patron et un élu : c’est prendre en compte le besoin de dé-déléguer et dé-centraliser, mais pour centraliser et déléguer au patron au lieu des travailleurs, des syndicats, et des associations. Comme quoi, ils se préoccupent des pouvoirs et de créativité institutionnelle… mais pour une alliance Etat-Capital toujours plus au service du capital et de ses pouvoirs.

C'est sur ces questions majeures : salaires, emploi, formation, recherche, transformation productive et services publics que nous voulons instaurer un grand débat dans le pays, avec les salariés, les citoyens, les intellectuels et toutes celles et ceux qui cherchent. Car, bien que la gauche tout entière soit minée par le social-libéralisme et l’esprit d’accompagnement du capital et des décisions patronales, sa recherche d’alternatives ou de compensation, et les exigences nouvelles suite aux confinements ouvrent une possible disponibilité aux solutions que nous avançons.

Instaurer un débat et injecter dans celui-ci des propositions radicales, c'est ce que nous avons commencé de faire avec la semaine nationale de mobilisations pour l’emploi, avec plusieurs initiatives dans les entreprises et les départements. Dès cette semaine, cela sera prolongé avec l'appel de Fabien Roussel à des rassemblements devant les Préfectures, comme dans la Drôme par exemple, pour exiger la baisse du prix de l'énergie, une TVA à 5,5% sur celle-ci, une taxation des superprofits des compagnies pétrolières, des créations d’emplois et l’augmentation des salaires.

Nous poursuivrons ensuite avec la préparation du 21 novembre. Il s'agit d'un grand rassemblement national qui aura lieu Place Stalingrad à Paris avec deux moments importants : une table ronde avec des syndicalistes et intellectuels suivie d'un meeting de Fabien Roussel qui fera connaître nos propositions concernant l'emploi, les salaires et la formation dont la visée d’un système de Sécurité d'Emploi et de Formation qui est au cœur de notre projet de société.

La crise n’est pas due au Covid, elle est due au capital et à sa logique. Elle exige une nouvelle logique et une nouvelle organisation du monde.

Notre bataille politique est, et sera, de pointer les responsabilités, de désigner des leviers et de faire monter une visée nouvelle pour notre société.

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Serge Paolozzi de GRID Villeurbanne (Général Electric) remercie les communistes de leur invitation. Il revient sur la lutte qui a marqué le groupe GE, il y a un an. Comme JTEKT nous avons été confrontés aux délocalisations, aux suppressions d'emplois alors que GE réalise des profits importants et redistribue aux actionnaires parfois plus que le résultat du groupe !

Comme partout il a fallu combattre le défaitisme, la fatalité et le sentiment d'impuissance face à un groupe qui met en œuvre sa logique de profit quitte à sacrifier notre potentiel industriel et l'emploi. Nous avons dû faire preuve de détermination, de volonté d'agir, d'esprit unitaire pour entraîner dans l'action le plus grand nombre de salariés. La lutte a duré plusieurs mois, et la venue de Fabien Roussel à Villeurbanne a été le point de départ d’un combat que nous avons voulu extérioriser pour porter le fer avec l'Etat qui restait un acteur important mais laissait faire GE.

La construction de propositions alternatives nous a fait franchir une étape importante dans la prise de conscience que la logique du capital n'était pas la seule et qu'elle pouvait être combattue. Avec cette lutte, nous avons réussi à faire vivre des convergences avec GE Belfort, Grenoble, Saint Ouen et d'autres établissements du groupe présents en France, mais aussi des syndicats du département et de la localité de Villeurbanne. Les étudiants et différentes associations locale ont aussi été un soutien important. Enfin les élus-es locaux et nationaux, que nous avons sollicités ont répondu présents et soutenus nos propositions.

Avec la tenue des Etats Généraux de la filière énergétique nous avons affirmé que la réindustrialisation de la filière était incontournable pour une réelle ambition écologique et pour la souveraineté énergétique. Les investissements doivent être placés sous le contrôle des salariés et des citoyens pour qu’ils soient au service du développement. La formation continue ou initiale, doit être très impulsée. Le besoin d’une autre logique que le profit nécessite de s’attaquer à la manière dont se créent et sont partagées les richesses, et donc de conquérir des pouvoirs nouveaux. Travailler sur la filière, cela nous a permis de porter plus fortement l'exigence de la création d'un Pôle public de l'énergie qui inclut la partie industrielle notamment GE.

GE a reculé sur son projet et nous avons sauvé des emplois et nos activités industrielles sur le site de Villeurbanne. Nous sommes conscients que ce n’est qu’une bataille de gagner, il faudra rester vigilant et déterminé pour les années à venir…

Serge conclut en affirmant que chaque syndicat ne doit pas rester isolé dans sa boite, on doit prendre l'habitude de nous rencontrer sur la localité, le département, dans nos filières pour construire des propositions, des solidarités et des convergences de luttes. C’est essentiel. Je suppose que cela doit être pareil pour les communistes.

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Fabrice Fort responsable CGT de la métallurgie partage le fait que la pandémie a révélé les importants besoins d'emplois dans les services publics. Cette situation a aussi éclairé sur leur importance et sur la nécessaire intervention publique donc de l'Etat sur les choix et stratégies économiques avec le besoin de plus et mieux réfléchir à partir des filières.

Fabrice pose la question : qui détient le savoir ? Ce sont les salariés mais de façon morcelée car la stratégie des entreprises est la chasse gardée des détenteurs du capital, du propriétaire. L’organisation du travail est réservée aux dirigeants et pourquoi donc ? Car cela renvoie à comment se créer la richesse et par qui ? Si cela vient parfois dans les débats avec les salariés, ce qui ne vient jamais c’est comment la richesse est créée et donc captée. Si l'ouvrier parfois le mesure avec l'augmentation des cadences comment un Technicien ou un ingénieur peuvent-ils le mesurer ? Il faut aider nos collègues à le comprendre puis à l’analyser par eux-même. Nous ne sommes pas des surhommes donc oui le doute, le sentiment d’impuissance nous affecte. Mais comment retrouvons-nous la force d’avancer ? Par le débat entre nous. Car il y a toujours plus de chose dans 10 têtes que dans une et cela démontre la force du collectif comme moteur pour mettre en œuvre nos convictions, nos repères.

Ne pas perdre les repères comme sur le salaire est un enjeu de fond. Si nous lâchons sur le repère que le salaire est le paiement des qualifications dans un temps de travail mesuré et contrôlé et bien alors nous dérivons sur pouvoir d’achat. Les directions ou le gouvernement peuvent lâcher sur des primes mais pas sur les salaires pour inculquer aux salariés qu’il est inutile de se battre pour salaire car ils ne lâcheront pas. De fait cela alimente la perception d’avoir uniquement comme « possible » de maintenir son pouvoir d’achat.

C’est une difficulté que nous avons dans la mobilisation sur le rejet du projet de l'UIMM de casser la CCN des métallos. Nous devons donc mieux valoriser notre propre projet de convention nationale avec une grille unique qui porte l'évolution minimale à 2 fois le salaire initial sur la carrière. En effet quand on perd le repère du salaire, être payé au poste de travail ça change quoi ?

Sur la bataille industrielle et donc pour l’emploi, Fabrice affirme le besoin de décloisonner la CGT (structures interpro et fédérations) pour travailler la logique de filière comme cela a été fait avec les cheminots et avec la RATP pour le redémarrage d’ACC; avec la FNME CGT pour Photowatt à Bourgoin-Jallieu; avec la santé et Thales Grenoble sur l'imagerie médicale. De même pour LUXFER avec le syndicat CGT du donneur d’ordre Air Liquide et avec les structures CGT locales, régionales et nationales et en interpellant l’ensemble des acteurs politiques sur le dossier (Métropole de Clermont-Ferrand, Region AURA, l’Etat…).

Dans tous ces dossiers il y a une donnée similaire c’est que les militants et les salariés ont été mobilisés autour d’un projet industriel et stratégique alternatif avec un vrai travail d’interpellation des politiques comme l’a expliqué Serge Paolozzi sur le dossier de Général Electric. Enfin ce sont aussi des « nouvelles » façons de travailler syndicalement avec des points réguliers d’échanges ou chacun repart avec un travail qui peut être rythmé dans le temps et ou chacun intervient mais sur son champ de responsabilité.

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Christelle Franz secrétaire de l'USD Santé du Rhône dresse un tableau inquiétant de la situation de la santé dans le département. Nous avons fait un point sur l'emploi aux HCL (Hospices Civils de Lyon) qui est un groupe public. Sur 14 établissement dans le Rhône nous comptabilisons 400 suspensions de salariés qui refusent de se soumettre à l'obligation du passe sanitaire. C'est dramatique, d'autant que 5% du total des salariés sont non vaccinés. Il y a vraiment un problème avec les libertés dans ce pays. Cela se répercutent sur les soignants et les salariés qui n'en peuvent plus et qui souffrent comme jamais, sachant que le Ségur non seulement n'a pas répondu aux attentes salariales, le sentiment d'avoir été pris pour des "cons" est très fort d'autant qu'il permet aux directions d'allonger le temps de travail jusqu'à 44h par semaine.

Les besoins d'emplois dans la santé sont énormes, nous revendiquons 100 000 emplois dans l'hôpital public, 200 000 dans les EHPAD et 100 000 dans l'aide sociale. On ressent vraiment la volonté du pouvoir de casser l'hôpital public. Il y a pénurie d'emplois mais on manque de tout, de gants, de masques ou de lingettes. On ressent que par tous les bouts, les directions cherchent à réduire les budgets y compris pendant la Covid. Ils font croire qu'ils ont ouverts 5 500 lits pour faire face, mais ces lits étaient déjà là avant, sauf qu'il n'y avait pas les soignants qui vont avec. On ne les a toujours pas. Cela a conduit à fermer des services pendant la Covid et donc à reporter des interventions ou des soins plus tard pour certains patients.

Je suis d'accord avec l'idée de pré-embauches pour former, mais il faut savoir que pour être aide-soignante, il faut un an d'école, actuellement on en forme 8 par an, c'est dérisoire. Pour une infirmière, c'est 3 ans et demi de formation. Il faut savoir qu'à l'hôpital il n'y a pas de suppressions d'emplois, il y a deux manières d'abaisser l'emploi, d'une part en ne remplaçant pas les départs en retraite et d'autre part les départs pour maladie de longue durée. Tout se passe donc en douce.

Enfin je voudrais dire que les restructurations se poursuivent, elle n'ont jamais cessé. Il y a le cas du transfert d'Henry Gabrielle au Vinatier; il y a l'annonce par la ministre des armées de la fermeture en 2023 de l'hôpital Desgenettes, ce sont 160 lits de supprimés et 360 emplois qui disparaissent, ils n'en gardent que 100 lits pour les militaires; il y a la fermeture des urgences à l'hôpital Montgelas de Givors où le taux d'absentéisme est de 35%. On a appris que des médecins venaient de Paris, ils étaient blanchis, nourris et avaient une rallonge de 1200 €. Nous avons de graves inquiétudes pour la maternité qui compte 1000 naissances à l'année avec des méthodes d'accouchement très modernes. A E. Herriot, il y a 25% d'emplois, des lits et des services en moins.

L'hôpital public est vraiment en danger, les HCL et l'ARS sont les fers de lance de cette casse qui ne profite qu'au privé. Il y a besoin de coordonner les mobilisations de tous, salariés, patients et citoyens. Quand on y travaille, les mobilisations sont réussies.

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Lulu Barrouet de JTEKT intervient pour dire sa satisfaction de voir le politique s'intéresser à ce qui se passe dans les boites qui est dramatique pour les salariés, l'emploi, les conditions de travail. C'est ce que nous vivons depuis deux ans à JTEKT où l'affrontement idéologique avec la direction est intense pour créer le fatalisme. On a des colères justifiées mais parfois elles retombent très vite alors que la direction poursuit la casse avec les délocalisations et sa tentative d'abaisser le coût du travail avec la remise en cause de nos acquis sociaux. Il est urgent de changer les choses dans ce pays pour améliorer la vie de tous en priorité des ouvriers et des jeunes que l'on traite comme des kleenex. Cela est possible de changer, il faut montrer comment. C'est le rôle du politique et de ses propositions. Par exemple sur l'énergie nucléaire, je pense qu'il est possible d'en sortir. l faut donc porter cette question, en débattre. Mais cela vaut aussi pour l'emploi et les salaires. Cela exige de ne pas faire de cadeaux aux patrons, d'être ferme et exigeant. Parfois cela n'est pas toujours compris par les salariés, car les patrons déversent leur poison quotidien. Jean Luc conclut son intervention en prenant référence à Rosa Luxemburg, militante révolutionnaire allemande assassinée à la fin de la 1ère guerre mondiale par des militaires allemands. Elle considérait que la priorité était l'autodétermination pour la classe ouvrière. La révolution selon Rosa Luxemburg est destinée à mettre un terme à l'exploitation, à l'inégalité des sexes et à l'oppression raciale. Une société dans lequel les individus seront liés par la solidarité aboutira ainsi à une nation acceptée de tous. Jean Luc fait part qu'il apprécie la détermination de cette révolutionnaire, plusieurs fois emprisonnée, mais qui ne lâchât jamais son combat pour ses convictions. Que son exemple, soit utile à tous.

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Aurélien Scandolara a tenu à être présent pour témoigner de ce qui se passe dans les collectivités territoriales et notamment à Lyon où il travaille. Depuis plusieurs années, c'est l'austérité du fait que les moyens des collectivités sont toujours plus réduits mais avec parfois des compétences élargies. Il y a plus de charges de travail, une pression permanente. Il s'en suit une dégradation des conditions de travail, du stress et des services publics locaux inefficaces car ne répondant pas ou mal aux besoins des gens. Non seulement l'emploi est de plus en plus précarisé, et les salaires sont bloqués depuis des années et des années. Aurélien cite son cas personnel, après plus de 10 ans d'ancienneté il gagne 1700 €. Vient s'ajouter à cela, la réforme de la fonction publique qui est inspirée de ce qui se fait dans le privé avec l'aggravation de la précarité avec un élargissement des contractuels, l'instauration d'une prime de précarité pour les contrats courts, la rupture conventionnelle. Il y aussi l'application de la durée annuelle légale de 1607 heures qui voit dans certaines villes, remis en cause les régimes dérogatoires qui avaient été maintenus après 2001. La réforme de Macron de la fonction publique oblige la suppression de ces régimes plus favorables. Les villes concernées doivent, d'ici mars 2021 se mettre en phase avec la loi. Cela se traduit par un allongement de la durée du travail, la remise en cause d'acquis comme des congés supplémentaires. Cela a été l'occasion de plusieurs luttes des agents territoriaux notamment à Lyon dès la rentrée des congés. À l’origine de la colère l’augmentation du temps de travail, la modification des modalités de grève décidées par la nouvelle municipalité municipale qui veut instaurer un service minimum pour certains services. Et aussi une atteinte aux acquis sociaux des agents municipaux, avec la suppression des « jours du maire » ou des « jours de médaille ». Nous allons devoir affronter la transformation des instances de représentation syndicales, la encore on a copié le privé en mettant en place un comité social, équivalent du CSE, avec l'objectif de réduire le nombre d'élus-es syndicaux et les heures attribuées pour les mandats. Tout cela ne va pas dans le bon sens. Le problème de fond est celui des moyens nécessaires pour que les collectivités publiques jouent tout leur rôle au service des populations sans écraser les agents. Cella renvoie aux rôle fondamental de l'Etat et de l'argent qu'il collecte. Est-ce pour servir le capital ou les populations avec qualité et efficacité des services publics, ce qui renvoie à la question de l'emploi, de la formation, des qualifications et de leur reconnaissance avec les salaires.

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Jean Claude Vaslet militant communiste est intervenu sur 3 points. Le premier pour confirmer que dans la santé on "chasse l'emploi" et on reporte le travail sur le personnel restant en pratiquant l'austérité. Cela conduit à grave situation avec les personnels qui n'en peuvent plus et la santé de tous qui est en danger. On en arrive au point qu'il de moins en moins possible de répondre aux besoins de santé dans le public et on oriente peu à peu les patients vers le privé. Il est urgent de changer cette logique qui tue l'hôpital public et d'agir pour des pré-embauches pour former, ce qui suppose de connaitre les besoins, de planifier les réponses et de conquérir le financement. Le 2ème point porte sur la nécessité de se coordonner au niveau des HCL pour faire converger les batailles qui portent sur les mêmes exigences face au même employeur. Les HCL mettent en oeuvre une gestion comptable et en son nom, restructurent, suppriment des emplois, imposent l'austérité. Henry Gabrielle, Lyon Sud, HEH, Albigny et aujourd'hui Montgelas à Givors, sont dans ce cas. C'est grave pour notre territoire et pour tout le département du Rhône. Le 3ème point porte sur le financement. Nous faisons le choix de répondre aux besoins avec 100 000 emplois supplémentaires dans les hôpitaux publics. Comment les financer ? Comme c'est un service public, il est possible de passer par la création monétaire de la BCE via un fonds européen pour les services publics alimenté par la BCE à 0%. Il est donc possible d'emprunter. Il ne faut pas avoir peur de la dette comme la cultive les néolibéraux, y compris les sociaux démocrates. La dette économique, n'est absolument pas comparable avec la dette d'un ménage, il faut casser ce mensonge. En fait, la dette est une avance pour faire face à des besoins de financements immédiats, il en découle l'exigence que l'utilisation de cet argent soit fait pour répondre aux besoin d'emplis, à des objectifs sociaux ou d'investissements dans des infrastructures utiles. La question centrale n'est donc pas la dette en tant que telle, mais l'utilisation de l'argent emprunté et remboursé ensuite avec les richesses nouvelles créées. La vraie question est de l'argent pourquoi faire et quel contrôle de son utilisation ? Enfin, il y a besoin de savoir qui détient la dette, comment elle est gérée avec quels critères ? Les marchés financiers ou des fonds gérés démocratiquement par les salariés, les élus-es, les syndicats pour orienter, contrôler et éventuellement corriger comme le proposent les communistes.

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