La CGT et la jeunesse : 12 propositions

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

La CGT et la jeunesse : 12 propositions

La CGT a participé a été auditionnée par la Commission des affaires sociales du 30/09/21 sur le thème « Travail et emploi » / mesures spécifiques à l’emploi des-jeunes. Elle a tenu les propos suivants.

Nous observons une précarisation de la jeunesse, selon les chiffres 2019 de la Dares. On
estime que les jeunes actifs pauvres, les jeunes sans emploi et les étudiants représentent 1,7 million de personnes. Par ailleurs, la part des jeunes qui vivent sous le seuil de pauvreté a très fortement crû ces quinze dernières années, passant de 8 à 13 %, soit une progression de plus de 50 %.

C’est donc la preuve de l’insuffisance des dispositifs mis en places ces dernières années
envers les jeunes.

La jeunesse est en effet particulièrement touchée par l’augmentation du chômage et du
travail précaire et la période d’accès à un CDI est de plus en plus longue par la  multiplication du recours aux stages et aux CDD, et cela d’autant plus depuis la crise covid 19.

Autrement dit, les jeunes adultes constituent la variable d'ajustement par excellence  d'un marché du travail ultra-flexible, pendant et souvent après leurs études.

Enfin, on observe que la pauvreté touche d’abord les milieux sociaux les plus défavorisés, les employés ou les ouvriers. La fracture se situe clairement au niveau des diplômes. Tous âges confondus, le taux de pauvreté chez ceux qui n’ont pas de diplôme (niveau brevet des collèges) est trois fois supérieur à celui des Bac + 2.

Pour la CGT, l'enjeu à l'égard de la jeunesse est de lui garantir un libre accès à la formation intellectuelle, qualifiante et professionnelle ainsi que l'émancipation par un
travail digne.

Les mesures prises depuis ces 15 dernières années sont donc très loin d’aider efficacement la jeunesse, qui s’est appauvrie et précarisée comme le montrent ces chiffres. Les dispositifs comme les garanties jeunes et le PACEA n’offrent pas de garanties sur le long terme.

C’est face à ce constat que la CGT a élaboré en 2020 « 12 revendications pour la jeunesse».

Quel est le regard des OS sur le projet du revenu d’engagement jeunes « REJ » ?

Pour la CGT le REJ ne serait pas « la » solution car il faut solutionner l’accès aux droits et résoudre les problèmes structurant de l’emploi sur le long terme et donner des garanties aux jeunes, les jeunes étant les derniers arrivés sur le marché du travail, ce sont eux qui ont le plus de difficulté à trouver un emploi.

Le projet du REJ n'a pas été détaillé explicitement quant à son budget, quels
moyens supplémentaires seraient alloués aux missions locales etc... Nous avons compris
qu’il serait limité dans le temps à 18 mois, ce qui ne garantit pas une réelle sortie de la
précarité, surtout pour les jeunes embauchés sur des CDD de durées identiques ou
inférieures. D’autant que le dispositif serait aussi soumis à des « contreparties » dont nous ne savons pas exactement la teneur, le risque étant de voir une « utilisation » des jeunes sur des emplois/contrats précaires, voire dans du bénévolat.

La CGT a 12 propositions pour aller au-delà d’un énième dispositif qui pourrait être
dévoyé par le patronat afin d’utiliser la jeunesse comme variable d’ajustement flexible,
notamment sur des métiers ou branches ou il serait nécessaire d’avoir une revalorisation
de salaires et des conditions de travail.

La CGT propose un contreprojet au REJ : Les jeunes subissent de plein fouet les effets néfastes des crises économiques et particulièrement ceux liés à la situation sanitaire post-Covid. En Septembre, 800 000 jeunes vont rentrer sur le marché du travail dans un contexte de forte augmentation du taux de chômage.

C’est pourquoi la CGT vous fait part de 12 de ses revendications afin de sortir les jeunes de la précarité :

1. L’éducation, la formation initiale et l’orientation : l’égalité d’accès à un service public
d’éducation, de formation initiale et d’orientation de qualité. Chaque jeune doit pouvoir
bénéficier de l’orientation de son choix.

2. Un revenu d’insertion : L’instauration d’un « revenu d’insertion » à hauteur de 80 % du
smic (la CGT revendique un smic à 2 000 €) afin de permettre aux jeunes qui ne sont pas sur le marché du travail de sortir de la précarité, d’éviter les « petits boulots » et permettre à chacun-e de se consacrer à ses études ou à la recherche d’un emploi stable.

3. Contrat de génération en CDI avec un tutorat : La mise en place de dispositifs de tutorats. Ces dispositifs seraient proposés aux salarié-e-s de moins de 25 ans et assurés par des salarié-e-s de plus de 55 ans qui bénéficieraient ainsi d’un départ anticipé à la retraite. Le but étant de faire profiter les jeunes de l’expérience de leurs aîné-e-s dans l’entreprise. Le temps dédié au tutorat pourrait être de 50 %. Le temps restant serait consacré au travail dans l’entreprise.

4. Lutte contre la discrimination à l’embauche : Beaucoup trop de jeunes subissent
aujourd’hui une discrimination à l’embauche due à leur âge et au manque d’expérience
professionnelle. Nous considérons que le seul moyen de lutter efficacement contre les
discriminations est de sanctionner les entreprises qui utilisent une sélection autre que le
niveau de qualification requis pour un poste ouvert à recrutement.

5. Garanties jeunes : La création de « garanties jeunes » en direction des jeunes qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi (désignés par l’acronyme “NEET” en anglais) et en situation de grande précarité (pour la plupart en rupture familiale). Elles concernent notamment les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance ou en sortie d’une mesure judiciaire. Elles reposent sur un engagement réciproque entre l’État et les jeunes, à travers un contrat signé avec le service public de l’emploi (Missions locales). Cette mesure ne peut fonctionner qu’avec un financement et des effectifs adéquats pour les missions locales.

6. Un statut du/de la stagiaire : La mise en place d’un véritable « Statut du/de la stagiaire ». Les stagiaires ne doivent plus être utilisé-e-s comme de la main-d’oeuvre gratuite et doivent être rémunéré-e-s dès le 1er jour, a minima à hauteur de 50 % du SMIC, avec l’augmentation de ce taux en fonction du niveau de qualification.

7. Le logement : La mise en place de mesures favorisant l’accès aux logements sociaux pour les jeunes, l’augmentation des places dans les foyers jeunes travailleurs-euses et
l’augmentation des logements étudiant CROUS. De moins en moins de jeunes ont accès à un logement décent à un prix abordable, les jeunes subissent de plein fouet la spéculation foncière, le manque de logements sociaux adaptés (T1, T2) et étudiants.

8. La Formation professionnelle Continue : La formation professionnelle ne doit plus être à la seule main du patronat. Elle doit jouer un rôle structurant et émancipateur dans le cadre de la transformation du travail dû aux transitions écologiques, climatiques, énergétiques et numériques.

9. Les transports publics et la mobilité : Un financement des transports collectifs permettant leur accès avec un prix modéré pour les jeunes. Il est essentiel que les jeunes aient accès àdes transports publics de qualité partout sur le territoire.

10. Les indemnités chômage pour les primo demandeur-euses d’emploi : L’ouverture du droit au chômage pour les jeunes en recherche d’un premier emploi, ce qui permettrait d’accéder plus facilement à des embauches sur la base de leurs qualifications et de ne pas être contraint-e-s de signer le premier contrat de travail venu pour sortir de la précarité sociale.

11. L’insertion sociale au sein de la Fonction publique territoriale : L’arrêt des politiques publiques visant à réduire voir supprimer des postes dans la fonction publique territoriale afin de répondre aux besoins d’insertion professionnelle et d’insertion sociale. La Fonction Publique Territoriale a longtemps eu un rôle d’insertion sociale à destination des jeunes sans qualification. Ce rôle a permis d’embaucher des jeunes sur des métiers ne nécessitant pas de diplôme particulier, le tout avec une formation interne leur permettant de progresser professionnellement.

12. Temps de travail et retraite : Travailler moins, pour travailler tous ! Il est évident que
l’augmentation du temps de travail (remise en cause des 35 h) et/ou l’allongement des
carrières du fait du recul de l’âge pour le départ en retraite maintiennent les salarié-e-s
dans l’emploi et ne permettent pas l’embauche de jeunes. Il faut réduire le temps de travail à 32 h hebdomadaire, revenir à un âge de départ en retraite à 60 ans et anticipé pour les métiers pénibles.

Publié dans Jeunesse

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