Macron, c'est tout pour le capital, quoiqu'il en coûte au pays !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Macron, c'est tout pour le capital, quoiqu'il en coûte au pays !

Le gouvernement a présenté le budget 2022. Le ministre des Finances s’est montré fier de ne pas avoir « varié » sur les baisses des impôts, « malgré les difficultés et les tournants politiques ».

En cinq ans, le taux de prélèvements obligatoires (impôts et cotisations) aurait baissé de 45,1 % du PIB en 2017 à 43,5 % en 2022. Mais rien n'est dit sur l'état des services publics soumis à une dure austérité qui manquent aujourd'hui cruellement d'emplois pour être efficaces et répondre aux besoins des populations, cela est très sensible dans la santé et l'enseignement.

Tout pour la capital et les riches

Il s’agit du seul objectif atteint parmi ceux fixés en début de mandat : réduire la dette de 5 points de PIB, (environ 100 milliards), le déficit de 3 et les prélèvements obligatoires de 1. Face aux crises sociale, économique et sanitaire, le gouvernement a du revoir ses marges budgétaires, mais le fond de sa politique ultralibérale n’a pas changé, au contraire, il n’a fait que l’approfondir. Le bilan de Macron est catastrophique, tout sera fait jusqu'à la présidentielle pour tenter de le cacher aux citoyen-nes.

Tout a été fait pour amplifier une politique en faveur du capital lancée sous Hollande avec le pacte de responsabilité et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Transformer ce dernier en baisses de cotisations pérennes, diminuer l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 % et faire chuter la fiscalité sur le capital (suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et instaurer la flat tax ou prélèvement forfaitaire unique, PFU) ont caractérisé la politique économique de Macron, ce qui lui a valu l’étiquette de "Président des riches". En effet, le 1 % des plus riches demeurent les grands gagnants de sa politique économique et budgétaire.

Ses énormes cadeaux au capital sont très coûteux. Alors comment faire pour en même temps réduite le déficit budgétaire comme Macron s'est engagé à la faire auprès de Bruxelles en 2018 ? Pour boucher les trous causés par les cadeaux au capital, le gouvernement a choisi de faire payer les Français en augmentant certaines taxes, notamment la CSG, les taxes sur le tabac et l’énergie et en baissant les dépenses publiques. C'est ainsi que fut mis le feu aux poudres qui débouchât sur le mouvement des gilets jaunes.

Protection sociale et Sécurité Sociale menacées

Les aides aux entreprises et la protection sociale sont deux postes budgétaires qui sont plus élevés que dans les autres pays. En effet l'allègement des cotisations sociales pour le capital doit être compensé pleinement ou en partie par l'Etat ce qui équivaut à une dépense. Cette dépense de l'Etat justifie le besoin de réduire les dépenses de protection sociale pour lesquelles les Français cotisent. D'un côté on vide la Protection Sociale de ses ressources (cadeaux au capital) et de l'autre on la vide de ses prestations pour lesquelles elle est faite ! A terme, Macron droit dans ses bottes nous dira que la Sécu ne sert plus à rien et qu'il faut transférer ses obligations vers le privé, payées par les citoyens ou les collectivités comme cela fait avec le médico-social !

Logement, assurance chômage, santé et retraites sont dans le collimateur au prétexte d'une Sécurité sociale trop coûteuse et inefficace. Macron a commencé par la fameuse baisse de 5 euros des aides personnalisées au logement (APL) et la non revalorisation des pensions et des minima sociaux.

Bousculé par les Gilets Jaunes et les luttes sociales notamment à l'hôpital et les retraités, Macron à dû temporiser, mais il est vite revenu à la charge en lançant sa réforme des retraites, à nouveau reculée du fait des mobilisations mais toujours d’actualité. Par contre, en pleine épidémie, il a continué à fermer des lits d'hôpitaux (plus de 5000 supprimés), il appliqué sa réforme des APL, ainsi que celle de l’assurance chômage.

A chaque manifestation de la crise, le gouvernement a lâché du lest sur les dépenses, mais toujours en reculant sur ses objectifs de départ mais en tentant de ne pas lâcher sur le sens de sa politique totalement au service du capital.

Face à la colère des gilets jaunes, Macron a du geler la taxe sur les carburants et en revenant sur la hausse de CSG pour les retraités moyens et modestes, puis en ré-indexant leur pension sur l’inflation. Mais il a aussi défiscalisé et désocialisé les heures supplémentaires et la prime exceptionnelle. S’y est ajoutée par la suite la diminution de l’impôt sur le revenu pour les deux premières tranches à partir de 2020. Sans oublier la hausse de 90 euros de la prime d’activité, en une seule fois au lieu de quatre, et l’élargissement du nombre de bénéficiaires.

Ces choix torpillent le financement de la Sécurité sociale. Les exonérations impliquent de ne plus verser de cotisations. Il en va de même de la prime d’activité qui n’est pas du salaire et n’induit donc pas de prélèvements sociaux. Et, nouveauté sous Macron, l'Etat ne rembourse plus les allégements et les exonérations de cotisations qu'il accorde ! Par exemple, il n’a pas bouché le trou laissé par la baisse de la CSG pour les retraités modestes et moyens. Rappelons que cette hausse d’impôt pour tous les actifs et les retraités plus aisés remplace la suppression des cotisations salariales…

On retrouve la même démarche politique pour l’aide versée à la place du salaire, les cotisations, donc les recettes de la Sécu, se sont réduites, alors qu’en même temps elle était mise à contribution : un tiers du coût de l’activité partielle a été inscrit sur les comptes de l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance chômage.

Depuis 2018, le gouvernement n’est revenu sur aucun des dispositifs en faveur des entreprises, pas même la bascule du CICE, consistant à payer une double facture en 2019 – le crédit d’impôt dû au titre de l’année 2018 et « l’allègement » des cotisations, soit un coût total de 40 milliards d’euros –, refaisant passer le déficit au-dessus des 3 %.

Le politique du "quoiqu'il en coûte" avec l'extension du chômage partiel a fortement limité l'ampleur des casses d'emplois et a permis de maintenir un certain niveau de consommation permettant de meilleurs résultats économiques que certains voisins européens.

L'emploi la question centrale de la période

En effet, alors qu’en 2019 la croissance a ralenti presque partout en Europe, elle s’est maintenue en France au même rythme que 2018 à 1,8 %. En apparence le taux de chômage a un peu décru mais par contre la précarisation s'est accélérée et s'est amplifiée favorisée par les réformes du code du travail El Khomri et Macron.

Avec l'arrêt du "quoi qu'il en coûte" et l'aggravation de la crise économique, l'emploi devient la question centrale de la période accentuée par le choix de mesures qui poursuivent la politique de Macron en faveur du capital résumée par sa réponse aux salariés en lutte  "si vous voulez gagner plus, il faudra travailler plus" soit la  vieille obsession patronale, augmenter le temps de travail : à la semaine (remise en cause des 35h), sur l'année (agents territoriaux), et sur la carrière (repousser l'âge de la retraite à 65 voire 67 ans). Cela s'accompagne du refus de mettre les entreprises à contribution pour faire face à la crise sociale.

Avec la pandémie comme partout, le gouvernement a massivement augmenté les dépenses publiques : 230 milliards d’euros ont été mobilisés pour les mesures d’urgence – principalement le chômage partiel et le fonds de solidarité – et de relance en deux ans. « C’est dans ces moments de crise qu’il faut profiter de l’argent de l’Etat. Croyez-moi, ce n’est pas tous les jours qu’un ministre des Finances vous dira : "vous avez besoin d’argent ? Je vous en donne !" », a affirmé Bruno Le Maire en s'adressant à des patrons.

L’Etat a pris en charge les salaires et les coûts fixes des entreprises. Cela a permis de maintenir l’emploi, mais mesurons qu'il s’agit de cadeaux, sans contrepartie. Cela n’a d’ailleurs pas empêché les grands groupes de licencier ou de verser des dividendes après avoir touché ces aides.

Le gouvernement a aussi profité du soutien de la BCE, pour accéder à l’une des vieilles demandes du patronat. La mesure emblématique du plan de relance, représentant à elle seule le cinquième de l’enveloppe totale, est la baisse de 10 milliards d’euros par an des impôts de production, accordée, une fois encore, sans contrepartie.

Nouveaux cadeaux aux entreprises, sans contrepartie

Bruno Le Maire justifie ce nouveau cadeau par le besoin de rendre les entreprises plus compétitives à l’export et de favoriser la réindustrialisation. Au delà de la tarte à la crème de la compétitivité, il faut mesurer que cette mesure ne concerne que la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises). Or, les deux tiers de la baisse de cet impôt sont captés par 3 % des entreprises. Par ailleurs, le gain moyen pour les entreprises du secteur financier est supérieur à celui de l’industrie.

Le plan de relance consacre également 7,6 milliards d’euros au titre de l'activité partielle de longue durée. C'est un outil fourni aux entreprises pour aider à leur restructuration et à l'abaissement du temps de travail sans en supporter les coûts.

A l’inverse, les mesures pour soutenir les plus précaires fortement frappés par la crise sont dérisoires par rapport au budget global du plan de relance : 600 millions d’euros débloqués pour les repas à 1 euro dans les restaurants universitaires et 200 millions pour les associations d’aide aux personnes vulnérables et à l’hébergement d’urgence, par exemple.

Le sort réservé aux jeunes est scandaleux. Alors que l’ampleur de la précarité étudiante est mise sur la table, le gouvernement a choisi d’y répondre par… des aides aux entreprises : jusqu’à 4 000 euros de prime à l’embauche, 8 000 euros pour un apprenti. En revanche, il est resté fermement opposé à l’instauration d’un RSA jeune. Et, quand il finit enfin par accorder une aide directement aux ménages, avec le revenu d’engagement, il impose des contreparties !!

La philosophie du gouvernement se résume dans sa confiance aux patrons et au capital pour qu’ils utilisent les aides et les baisses d’impôts, mais pas aux ménages…

Cette obsession pour la compétitivité et la croyance qu’en réduisant les prélèvements sur les entreprises et les plus riches, cela permettra aux industries et à l’économie d'être plus dynamiques est une conception néolibérale marquée par le refus de réguler les entreprises et la financiarisation de l’économie. On laisse ainsi filer la crise et ses dégâts !

Changer radicalement la politique économique et conquérir des pouvoirs pour les salariés

Le choix d'augmenter le coût du capital avec la mobilisation des deniers publics contre la baisse du coût du travail est une ineptie qui favorise la course à la rentabilité financière contre l'efficacité sociale et économique au détriment des savoirs-faire et des compétences. Les montants engagés sont énormes pour des résultats clairement décevants sur le front industriel et des services publics soumis au régime sec !

Nôtre pays ne souffre pas de l'insuffisance des profits des grandes entreprises, mais d'un très mauvais tissu productif sur le sol national mis à mal par les délocalisations, les restructurations, la compétitivité, la baisse du coût du travail et l'augmentation du coût du capital.

Les grandes entreprises françaises sont compétitives sur les marchés internationaux, mais elles abandonnent le territoire national pour trouver en Europe et dans le monde des coûts de production très bas permettant des profits vertigineux ! L'absence de pouvoirs des salariés ne permet pas de stopper cette stratégie d'abandon national pour lequel l'Etat est le complice et le serviteur.

La question essentielle qui devrait venir en force dans cette période électorale est bien celle de conquérir de réels pouvoirs d'intervention et de décision des salariés dans les entreprises publiques et privées afin de combattre les dogmes néolibéraux de la gestion capitaliste et faire prévaloir de nouveaux critères fondés sur la réponse aux besoins humains, la protection de la planète et le développement.

Telle n'est pas la voie prise par Macron qui annonce d’ores et déjà, dans l’optique d’un second mandat, la poursuite de sa politique avec, en prime cette fois, le retour à la rigueur budgétaire. C'est à dire plus d'austérité et moins de services publics.

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