Bilan de Macron et de la macronie. Pouvoir d’achat, chômage… Ils nous racontent des salades !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bilan de Macron et de la macronie. Pouvoir d’achat, chômage… Ils nous racontent des salades !

Pour tenter de se faire réélire, Emmanuel Macron et son équipe ont besoin d'un bon bilan économique et social. Comme cela n'est pas le cas, ils ont fait le choix de faire mentir les chiffres et de travestir les faits. Depuis plusieurs semaines, ils nous abreuvent avec des médias complaisants, de contre-vérités nous présentant un pays sorti d'affaire, alors qu'ils ont mis la France parterre !

Assurer le service après-vente du quinquennat. Telle est désormais la priorité de Macron et de la macronie, à moins de six mois de la présidentielle. Ainsi, ils veulent marquer les esprits que Macron a commencé à marteler lors de son allocution télévisée du 9 novembre  : « Depuis quatre ans, le travail paie mieux. » Le comble, le président aurait fait reculer le chômage et relancé la machine économique. Un leurre a déjouer !

1. Bilan de Macron : le pouvoir d’achat en berne !

Ils n'ont peur de rien, Macron serait « le président du pouvoir d’achat », et non celui des riches qu'il traîne comme une vraie gamelle. Pourtant, les chiffres disent le contraire : la pluie d’argent public déversée pendant le quinquennat a surtout « ruisselé » sur les riches et super-riches. Les Français n’en ont pas vu la couleur.

Certains comme les plus démunis ont même perdu gros. Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), les grands gagnants des baisses d’impôts consenties (28 milliards d’euros au total) restent les plus riches : le 1 % des contribuables les plus fortunés (10 000 euros de revenu par mois) ont vu leur niveau de vie augmenter de 2,8 % quand, à l’autre bout de la pyramide, les 5 % les plus pauvres ont perdu jusqu’à - 0,5 %.

En fin de quinquennat, le 1 % des plus riches gagne 3 500 euros de plus par an que s’il n’y avait pas eu de réformes. Ce grand écart s’explique facilement : les plus fortunés ont profité à plein de la transformation de l’ISF et de l’allègement de la fiscalité sur le capital (5 milliards d’euros de baisse de recettes fiscales), alors que les Français les plus modestes (moins de 800 euros par mois), ont été frappés par la hausse de la fiscalité sur l’énergie et le tabac. Soit, en moyenne, 150 euros de revenu en moins sur une année pour les 1 % les plus pauvres.

La révolte des Gilets Jaunes, les luttes qui se sont multipliées pour l'emploi, les salaires, les services publics ces dernières années, ne sont pas des accidents de parcourt, ils trouvent leurs sources dans la situation et les remises en cause insupportables que vivent les gens dans leur entreprise et leur cité, et leur exigence d'une autre politique.

2. Un chômage de masse qui n'a rien avoir avec les inscrits à Pôle emploi

Macron veut faire croire qu'il a vaincu le chômage. Pourtant, les résultats ne sont pas bons. Dans sa note de conjoncture d’octobre 2021, l’Insee fait certes état d’une reprise « déjà sous tension », avec un chômage au sens du BIT qui représenterait 8 % de la population active au deuxième trimestre et 7,6 % aux troisième et quatrième. En 2008, le taux de chômage en moyenne annuelle était de 7,4 %. Macron ne convainc pas car si l’on regarde les chiffres de Pôle emploi. « Entre 2006 et 2020 : il y a 2,5 millions d’inscrits en plus en catégories A, B et C », souligne Pierre Garnodier, de la CGT chômeurs.

Si les statistiques du troisième trimestre 2021 de la Dares font apparaître un nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (n’ayant pas travaillé) en baisse de 5,8 % sur la période et de 10 % sur un an, la précarité, elle, ne diminue pas. Les catégories B et C, incluant les privés d’emploi avec une activité réduite, ont respectivement augmenté de 3,3 % et de 9,5 % sur un an.

Ce jeu de vases communicants pour dégonfler les premières catégories est flagrant quand il s’agit de les envoyer en formation. Ils sont 25,6 % de plus en catégorie D cette année. Au total, 6,34 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi. Pas de quoi être fier : « Il faut que le gouvernement arrête de faire croire que tout va bien et que le chômage résulte d’une inadéquation entre les demandeurs d’emploi et les offres proposées. À Paris, il y a un CDI temps plein disponible pour 55 chômeurs. »

Et encore, in ne s'agit que des inscrits à Pôle Emploi, ces chiffres ne connaissent pas les radiés-es, celles et ceux qui par milliers ne s'inscrivent pas ou les jeunes qui sont disponibles pour travailler mais ne trouvent pas un job correspondant à leur qualification réelle mais que le patronat ne veut pas reconnaître et entend sous payer et surexploiter !

3. la France, le bonnet d'âne de l'Europe ?

« C’est le plan de relance le plus massif annoncé à ce jour parmi les pays européens », affirmait droit dans ses bottes le 1er ministre. Ce plan représente une enveloppe de 100 milliards d’euros (soutien à l’industrie, baisse des impôts de production, rénovation thermique, etc.), mais il n’a rien d’extraordinaire au vu de ce qu’ont fait les autres pays européens. La France y a consacré 4,1 % de son PIB, soit un peu plus que le Royaume-Uni (3,9 %) et l’Allemagne (3,7 %), mais bien moins que l’Espagne (5,6 %) et beaucoup moins que l’Italie (12,4 %).

Pour quels effets économiques et sociaux ? L’Élysée se gargarise de la croissance du PIB, autour de 6,8 %. Mais il ne s’agit que d’un rattrapage après l’effondrement du PIB en 2020 (- 7,9 %), rien ne permet de l’attribuer à ces 100 milliards. « Il semble difficile d’établir un lien direct entre ce rétablissement rapide de la situation macroéconomique et la mise en œuvre de France relance, même si le plan y a certainement contribué », avance même avec prudence France Stratégie.

L’économiste Éric Heyer (OFCE) rappelle qu’en période de pandémie, les performances économiques sont liées à 4 facteurs : les mesures sanitaires ; le degré d’ouverture économique (l’Allemagne, par exemple, est plus exposée au ralentissement du commerce mondial) ; les crises sectorielles ; et les mesures de compensation décidées par l’État. « La politique du “quoi qu’il en coûte” a été similaire partout, souligne-t-il  : activité partielle, prêts garantis, etc. En réalité, c’est probablement surtout en matière de mesures sanitaires qu’on se distingue de l’Allemagne. Nous avons pris des mesures de confinement plus drastiques en 2019, mais nous avons fait le choix inverse en 2020..., ce qui explique pour l’essentiel notre rebond plus rapide. »

4. Une industrie avec de gros retards, des handicaps et dépendante de l'étranger

Alors qu'il a mis le pays parterre, Macron nous dit vouloir le « redresser » et « préparer la France de demain ». Le bilan dressé par France Stratégie est beaucoup moins flamboyant.

Il décortique les deux dispositifs destinés à moderniser notre appareil productif : le volet « soutien à l’investissement et à la modernisation de l’industrie » et celui sur l’« industrie du futur ». Soit 2,4 milliards d’€ de subventions distribuées aux entreprises fin septembre, après appels à projets. France Stratégie note tout d’abord que si cette manne a modifié la politique d’investissement des petites entreprises et des start-up, elle n’a en revanche pas bouleversé la feuille de route des PME et des grands groupes, qui avaient déjà prévu d’investir. « L’obtention d’aides pourrait avoir constitué pour certaines entreprises (PME, ETI, grands groupes) un effet d’aubaine », met en garde France Stratégie.

Quant à la France qui rentrerait « dans l’industrie de demain », nous en sommes très loin, la majorité des crédits a surtout servi à « financer la modernisation de chaînes de production ». Quant à l'écologie, c’est pire : « Si l’impact environnemental faisait bien partie des grilles d’évaluation, il n’apparaissait pas comme un critère déterminant dans la sélection des projets », selon le bilan. Quelques exemples : 30 % seulement des projets automobiles soutenus mentionnaient « explicitement l’adaptation de leur production aux véhicules électriques ou à l’hydrogène » et « 3 % des projets financés dans l’aéronautique participaient à la transformation du secteur vers l’avion à hydrogène ou électrique ».

Ces chiffres démontrent le retard pris par nos industries où les délocalisations se poursuivent, très souvent avec des suppressions d'emplois guidées par la recherche du profit. Pas réjouissant !

Au final, Macron et la macronie nous racontent des sornettes afin de tranquilliser les électeurs en invisibilisant les effets les plus négatifs de sa politique entièrement dévouée aux riches et aux multinationales.

Le plus à craindre, comme ils connaissent fort bien l'Etat de la France qu'ils ont mis à genoux, c'est l'après élections. Prétextant la catastrophe, ils chercheront à nous imposer une cure d'austérité, le recul de l'âge de la retraite, la casse de la Sécurité Sociale, des services publics et la celle de l'emploi à grande échelle.

Nous sommes avertis ! Saisissons nous du vote Roussel pour imposer une autre logique de développement fondée sur l'emploi, la formation et les hausses des revenus avec le SMIC à 1800 euros et des pensions en premier lieu.