Ce qu'a annoncé Macron ce soir : de la sueur, des larmes et du sang. Avec quelques contre-vérités !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Ce qu'a annoncé Macron ce soir : de la sueur, des larmes et du sang. Avec quelques contre-vérités !

Pour la 9e fois depuis le début de la crise du Covid, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français ce mardi pour annoncer son programme électoral et ses priorités d'ici la fin de son mandat dans 5 mois.

Face à son échec devant la pandémie qui rebondit, il annonce le rappel vaccinal. La vaccination des 6 millions de personnes non vaccinées va être sa priorité. Le chef de l'Etat a abordé le volet économique en sous-estimant à dessin, les multiples crises qui conduisent la France dans le déclin. La pauvreté aggravée ainsi que les inégalités, avec un chômage massif sur fond de casse des services publics et des industries. Il amène deux réponses néolibérales véritablement hors sol : allonger la durée du travail en repoussant l'âge du départ à la retraite et un durcissement inédit des conditions pour obtenir des indemnités chômage. Autrement dit : de la sueur, des larmes et du sang. Et pour calmer celles et ceux qui se mobilisent, il annonce une nouvelle loi contre les libertés. Tout va plus mal, mais je ne change rien, on continue et on durcit. Tel est le résumé de son intervention.

Les annonces de Macron hier au soir

"Je tenais en cet automne 2021 à revenir vers vous pour répondre à vos interrogations sur notre situation sanitaire, sociale, économique et géopolitique." "Nous n'en avons pas terminé avec la pandémie"

"Mon 1er message est un appel à la responsabilité des 6 millions de personnes non vaccinées. Vaccinez vous !"

Les plus de 65 ans voient le maintien de leur passe sanitaire conditionné à l'injection d'une troisième dose à compter du 15 décembre.

"Tous les assouplissements un moment envisagés sont reportés à une date ultérieure pour conserver les règles en vigueur. (...) Même si je sais combien c'est difficile, le port du masque à l'école sera maintenu. Les gestes barrières feront l'objet d'une attention accrue. Nous avions tous relâché nos efforts, c'est bien normal, mais il faut les reprendre."

Les aides seront prolongées jusqu’en juin 2022

"Nos soignants ont été augmentés de 200 à 400 euros par mois en moyenne, 500 établissements hospitaliers vont être restaurés, des milliers de maisons de retraites vont être rénovées dans un effort inédit de 19 milliards d'euros. Jamais, depuis la création de la Sécurité sociale, nous n'avions autant investi dans la santé (...) après des décennies d'abandon."

Remarque : La France a connu une explosion du nombre de passages aux urgences. L’activité dans les services d’urgence a bondi de 12 millions de passages dans les années 2000 à près de 23 millions ces dernières années. Et pourtant on continue à fermer des urgences et on n'embauche pas ! Les syndicats hospitaliers dénonçaient les fermetures de lits et le manque du personnel, mis en avant de manière très forte lors du mouvement de 2019. Le Covid-19 a montré les faiblesses de l’hôpital qui n’a « tenu », comme cela a été dit, que grâce à une mobilisation exceptionnelle des personnels qui ont dû être épaulés par les étudiants et les retraités, sans qui le système aurait explosé.

Le « Ségur », signé par des syndicats de médecins satisfaits des miettes qu'on leur jette, s’avère être un échec avec un épuisement, une démotivation et une fuite des soignants. Les augmentations arrachées ne font pas le poids et les colères s'expriment. Aujourd’hui, alors que les besoins sont immenses, notamment avec le rebond de l’épidémie, l’hôpital est à l’agonie avec, selon les régions, entre 10 et 20 % des lits fermés par manque de personnels. Beaucoup fuit tant le métier est dur et sous-payé.

Macron : "Depuis 4 ans le travail paie mieux, c'est au minimum 170 euros de plus par mois en moyenne pour les bas salaires."

Remarque : Macron nous prend pour des cons. Les éléments fournis par l'Insee ne livre que des estimations préliminaires, réalisées par « micro-simulations » et non pas du véritable taux de pauvreté pour 2020, qui, lui, ne sera calculé que courant 2022, à partir des données fiscales et sociales concernant la très grande majorité de la population. Les associations ont une estimation plus juste de la pauvreté leur permettant d'annoncer un million de pauvres de plus pendant la pandémie.

On rajoutera que les estimations de l'Insee ne prennent pas en compte les SDF, les personnes habitant dans des foyers, des établissements médico-sociaux ou les résidences universitaires. Alors que les étudiants ont été particulièrement impactés par la crise sanitaire, peu concernés par les mesures de soutien comme le chômage partiel qui entre en compte dans le calcul du taux de pauvreté de l’Insee. Autre limite de cette étude, elle ne tient pas compte des revenus informels issus du travail non déclaré.

Emmanuel Macron annonce une réforme de l'assurance-chômage, avec un changement de règle pour indemniser les chômeurs. 

"A partir du 1er décembre, une nouvelle étape va s'engager. Il faudra travailler au moins six mois dans les deux dernières années pour être indemnisé [contre quatre actuellement]."  "Les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active d'emploi verront leurs allocations suspendues."

"la violence est de retour dans les sociétés occidentales et exige d'aller plus loin. Une loi de sécurité intérieure sera présentée au 1er trimestre 2022"

"Des décisions claires" sur le front des retraites l'année prochaine  "Travailler plus longtemps en repoussant l'âge légal, aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux (...), aller vers plus de liberté en permettant de partir en retraite progressivement."

Il reconnait que les conditions ne sont pas réunies par faire sa réforme avant la élections présidentielle. Mais il veut instaurer un débat sur ce sujet afin qu'après les élections on sache où on doit aller !

Commentaire de Fabien Roussel : "Ce soir, c'est l'acte 2 de la primaire de la droite ! Le même qu'hier sans le débat ! "

Emmanuel Macron annonce la construction de nouveaux réacteurs nucléaires "pour garantir l’indépendance énergique de la France et notamment atteindre notre objectif de neutralité carbone".

"Nous avons depuis 2017 recruté 10 000 policiers et gendarmes, augmenté substantiellement le budget de la Justice. Les résultats sont là : nous avons déjoué 36 attentats, la baisse d'un quart du nombre de cambriolages et des vols de véhicule, des saisies et des arrestations record en matière de trafic de drogue."

Fabien Roussel veut "vite tourner la page" Macron. Il a déploré l'absence d'une quelconque annonce "pour les salaires, les pensions, le pouvoir d'achat". "Rien qui ne remplira le frigo ou le réservoir d'essence. Tournons vite cette page", a-t-il poursuivi.

Pour Julien Bayou, la réforme de l'assurance chômage est "profondément injuste"

Nadine Morano a fustigé le discours de Macron qu'elle qualifie de "meeting du candidat Emmanuel Macron", sous-entendant ici que le chef de l'Etat tire profit de cette prise de parole télévisée pour mener campagne à cinq mois de l'élection présidentielle.

Olivier Faure ironise sur le discours de Macron : "Il manquait juste la dernière phrase : c’est la raison pour laquelle je suis à nouveau candidat à la présidence de la République".

Pour Mélenchon : "Clairement, Emmanuel Macron est candidat. Et son temps de parole n'est pas décompté comme tel. Il mélange les genres d'une manière anormale. Il agit comme candidat-président", s'insurge t-il.

Dupont-Aignan de son côté fustige "Le Président vient de franchir le mur de l’indécence ! Il parle de liberté mais enchaîne les Français, vante la croissance et une hausse du pouvoir d’achat quand les porte-monnaie sont vides".

Jadot en colère se laisse aller : "Le président est "l'homme des lobbies" avant d'expliquer "Quoiqu’il en coûte pour le climat, il s’allie avec la Pologne du charbon. Quoiqu’il en coûte, il est l’agent du nucléaire, une électricité deux fois plus chère que celle des ENR."