Infirmiers, administratifs, agents de maîtrise... ces professions qui veulent de vraies augmentations salariales

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Infirmiers, administratifs, agents de maîtrise... ces professions qui veulent de vraies augmentations salariales

Selon le 7e baromètre de l’Ugict-CGT, la colère monte sur la question des salaires. 73 % des salariés exerçant une profession intermédiaire considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication. C’est 10 points de plus en un an.

C’est assez inédit. Pris par la peur d'une montée revendicative sur les salaires, le patron des patrons, Geoffroy Roux a du forcer le trait le 15 novembre dernier. Sa déclaration sur RTL est assez explicite : « Il y a, je pense, beaucoup d’entreprises qui augmenteront les salaires, parce que, d’abord, les salaires en 2020 et 2021 ont été peu augmentés, parce qu’il y a de l’inflation, et parce qu’on a du mal à recruter ». Et d’ajouter : « Ce qui me remonte, c’est le fait que les salariés du privé attendent, après deux ans d’efforts, leur juste récompense ».

De quoi faire bondir le chef de l'Etat Macron, qui affirme lors de sa dernière allocution télévisée que durant son quinquennat, qu'il a augmenté le pouvoir d'achat de tous ! Cette contre vérité ayant été démontrée par une autre étude, celle de l'IPP quelques jours après. Ce qui n'a pas empêché une montée de la contestation et de la colère devant de tels propos. Geoffroy Roux les aurait-il aussi mesurées. Certainement.

Cela devrait aider les syndicats à passer à l'offensive lors des négociations salariales annuelles et exiger leur du et engager la bataille pour arracher des rallonges immédiates de leur salaire brut !

Cela apporte de l’eau au moulin de l’Ugict-CGT, qui alerte sur la colère salariale en train de bouillir au sein des entreprises. C’est la principale conclusion de son 7e baromètre annuel sur les professions intermédiaires et techniciennes que nous dévoilons. « L’activité économique repart, les résultats des entreprises et dividendes distribués retrouvent leur niveau d’avant crise, pour autant, malgré les aides publiques massives, ces résultats n’ont pas bénéficié aux salarié.e.s », affirme très justement le syndicat dans ses conclusions.

Infirmiers, préparateurs en pharmacie, officiers de police, agents de maîtrise, manageurs dans le commerce, administratifs… Le mécontentement sur les rémunérations au sein des professions intermédiaires, ces métiers de première et deuxième ligne, atteint des niveaux d’une ampleur inédite :

  • 73 % considèrent que leur rémunération est en décalage avec leur implication (+ 10 points par rapport à 2020) ;
  • 66 % en décalage avec leur charge de travail (+ 9 points par rapport à 2020) ;
  • 61 % en décalage avec leurs responsabilités (+ 10 points par rapport à 2020).

Des conditions de travail dégradées par les rythmes et charges de travail

Une colère encore plus marquée dans la fonction publique, notamment chez les femmes. Selon un document de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique publié cette semaine, « le salaire net en équivalent temps plein des femmes est inférieur en moyenne de 12,3 % à celui des hommes ».

Concernant les conditions de travail, le tableau est là aussi chargé de reproches. La reprise économique ne débouche pas sur une reprise de l'emploi durable, c'est la précarité qui atteint des sommets, et elle s’accompagne pour 63 % des sondés d’une charge de travail en augmentation (+ 9 points par rapport à 2020).

Un sur deux déclare faire des heures supplémentaire, avec un pic dans la fonction publique hospitalière. Et 35 % disent que ces heures supplémentaires ne sont ni payées, ni compensées.

Quant au temps de travail, il est bien supérieur à 35 heures et dépasse les 40 heures pour 58 % d’entre eux, et 19 % plus de 45 heures. Scandaleux quand un pays connaît un tel niveau de chômage !

Un état des lieux des récriminations des salariés brandi par l’Ugict-CGT pour demander à l’État (en tant qu’employeur) et au patronat « de reconnaître les qualifications et mettre en place d’urgence des augmentations générales de salaire !

C'est ce que feront ce jeudi 25 novembre, les métallos en manifestant devant l'UIMM après la journal nationale d'action des cheminots le 17 novembre.

Actuellement, seul Fabien Roussel le candidat communiste porte avec détermination cette question des salaires comme le démontre son important discours place Stalingrad à Paris ce dimanche. Contrairement à ceux qui font de la démagogie, il tient les deux bouts : augmentation des salaires et son financement en s'attaquant résolument au coût du capital.

Sera t-il rejoint par Geoffroy Roux ? Nous en doutons tant ce dernier défend becs et ongles les dividendes de ces paires !

 

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