Un amendement France 2030 adopté à la hussarde par l'Assemblée Nationale

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à Bercy. (Louise MERESSE/SIPA)

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à Bercy. (Louise MERESSE/SIPA)

C'est  plus possible de supporter de telles méthodes significative d'un changement de régime progressif imposé par le musicien Macron. Il y a une dizaine de jours, face au mécontentement qui s'exprime dans les usines et dans les rues face à la multiplication des plans de suppressions d'emplois, Macron prend peur, sort sa flûte enchantée et annonce son projet électoral "France 2030".

En soi, pas de souci, on débat. Les communistes comme les syndicats critiquent, 34 milliards pour le capital et les patrons, et des miettes pour l'emploi et les salariés. La bronca monte, s'exprime, inonde les ondes radios et télés. La clarté se fait peu à peu sur les objectifs et les moyens et la conclusion s'impose, il n'y a pas consensus et Macron ne veut rien entendre, veut poursuivre sa même politique dans le même sens, l'aggraver et accélérer le déclin de la France. A quelques jours de l'ouverture de la COP 26 qui cherche comment lutter efficacement pour le climat, Macron ne propose que des miettes autant dire rien à la hauteur des défis posés au climat et à l'humanité.

Devant ce mécontentement, Macron a usé encore de sa méthode favorite et la plus mauvais, imposer de force son plan, espérant clore les discussions handicapantes en période électorale.

Il a demandé au gouvernement aux ordres du prince, de déposer un amendement à l'assemblée nationale dans le cadre du projet de budget 2022 , qui porte son plan avec un débat express de 45 minutes. L'assemblée nationale au moment du coup de force, était réduite à la portion congrue avec 50 députés présents. Le gouvernement a fait voter les 34 milliards d'€ d'investissements du plan France 2030 par cet amendement déposé tardivement et qualifié de « plus cher de la V e  République ».

Les oppositions ont donc hurlé et dénoncé cette méthode à la hussarde, tout a fait significative d'un Macron qui ne se gêne plus pour imposer ses choix au gouvernement et à ses députés godillots tout en violant la démocratie parlementaire. Le rapporteur général du budget, Laurent Saint-Martin, a lui-même reconnu qu'on « peut avoir des choses à redire sur la forme ». Cela ne mange pas de pain, le mal était fait !

Les 50 parlementaires présents dans l'hémicycle, ont donc vécu un moment historique. Un débat express, avec des oppositions mises de mauvaise humeur par la méthode choisie par Macron pour un texte voté à 48 voix sur les 50 députés présents.

Depuis des semaines et des mois, les députés des différents groupes se plaignent des méthodes autoritaires et sans discussion choisie par le gouvernement pour son budget 2022. Bruno Le Maire, le ministre des Finances, a assumé de présenter "'un texte incomplet", dans l'attente des décisions de son chef, notamment le plan France 2030, le contrat d'engagement pour les jeunes et les mesures visant à limiter la flambée des prix de l'énergie. Sacré programme néolibérale aux dégâts certains tant pour les jeunes, les salariés, les citoyens, les services publics, l'industrie et le climat !

Les super riches et les actionnaires ont sablé le champagne, ils ont eu un très beau cadeau de Noël, leur mandaté a fait le job. Ils peuvent prendre leur avion privé et partir en vacances !

 

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