Une majorité de Français favorable à un mix énergétique, nucléaire civil et renouvelables

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Une majorité de Français favorable à un mix énergétique, nucléaire civil et renouvelables

L'idée qu'il faut un « mix énergétique » composé d'énergies renouvelables et nucléaire s'est installée dans l'opinion publique, selon un sondage d'Elabe pour « Les Echos », qui montre qu'un débat rationnel progresse. Après plusieurs sondages, celui-ci confirme que 52 % des Français jugent que la France devrait développer ces deux productions d'énergie.

Contrairement à ce que certains affirment, l'opinion publique ne considère pas qu'il faille produire que des énergies renouvelables et se passer du nucléaire, ou qu'il ne faille produire que du nucléaire et arrêter les renouvelables. Les Français sont aujourd'hui majoritaires à privilégier la solution d'un « mix énergétique » marchant sur deux jambes comme le proposent les communistes et Fabien Roussel candidat à la présidentielle de 2022.

Selon le sondage, 52 % des personnes interrogées jugent que la France devrait développer les énergies renouvelables et construire de nouvelles centrales nucléaires pour remplacer les anciennes et rénover les existantes.

Les partisans exclusifs du nucléaire, qui voudraient stopper le solaire ou l'éolien, représentent 10 % de la population. A l'inverse, l'idée d'une sortie du nucléaire, avec priorité donnée aux renouvelables ne rassemble que 37 % de la population.

Autre éléments important, c'est que ce choix du mix-énergétique ne correspond pas à un clivage gauche-droite, bien loin de là, même s'il n'est pas totalement effacé.

Environ 65% des sympathisants de droite (de Macron aux LR) et 45% des militants de gauche dont très largement les communistes, penchent pour un mix énergétique conciliant nucléaire et renouvelables. Alors qu'il n'y a que 73% des sympathisants EELV qui préfèrent le scénario du tout renouvelable.

Le président d'Elabe, Bernard Sananès considère que ce débat est beaucoup moins politique. « On ne brûle pas l'un pour l'autre », note l'analyste. L'opinion publique a finalement intégré des éléments rationnels avancés par les scientifiques, les chercheurs et les personnes expérimentées. En quelque sorte, elle opte pour une solution rationnelle évidente.

Fin octobre, le gestionnaire du réseau électrique RTE a prévenu que quel que soit le scénario énergétique pour lequel la France opterait, il devrait permettre de répondre à une forte hausse des besoins en électricité dans les décennies à venir. RTE assure que pour répondre à ce besoin et en même temps atteindre la neutralité carbone est « impossible » sans le nucléaire et sans développer les énergies renouvelables.

Le discours qui met en avant les aspects positifs du nucléaire « est redevenu fort » et remet l'enjeu de la souveraineté énergétique au coeur des préoccupations, un enjeu devenu « consensuel », souligne le Elabe. 73 % jugent que le nucléaire garantit l'indépendance énergétique de la France. Il est vrai que les expériences de nos industries délocalisées par le capital pour pratiquer le dumping social et celle des hôpitaux manquant de tout (masques, respirateurs etc) ont fait bouger les esprits.

Selon ce même sondage, un Français sur deux considère le nucléaire comme une énergie sûre (49 %). C'est l'argument massue des anti-nucléaires avec les catastrophes de Tchernobyl et de Fujikawa qui marque encore les esprits sur ce terrain, alors qu'EDF multiplie pourtant les rapports démontrant la sureté de ses centrales.

Ce qui est le plus étonnant et qui surprend, alors que l'énergie nucléaire civil est l'énergie la plus décarbonée et donc une énergie très propre, seuls 44% des sondés le pensent. Il en de même sur son coût. Cela nécessite de poursuivre le débat en démontant les mensonges ou arguments irrationnels qui affirment le contraire.

D'ailleurs le sondage montre que l'opinion sur la sûreté progresse (+4 points) tout comme l'impact du nucléaire sur l'environnement (+7 points).

Si sur ces questions, l'avantage est aux énergies renouvelables, toute fois elles ne parviennent pas à convaincre sur leur coût puisque les Français ne sont que 39 % à penser qu'elles sont « bon marché ».

L'enquête fait en outre apparaître que sur l'avenir du nucléaire, ce sont les plus de 65 ans qui sont 67 % à considérer le nucléaire comme une « énergie du futur », pour 52% toutes les tranches d'âges confondues. Les moins de 35 ans sont tout près de la majorité avec 44%. Toutes les tranches d'âge sont d'accord pour considérer que les énergies renouvelables « ont de l'avenir », avec une moyenne de 82 %.

Tels sont les éléments rassurants qui se dégagent de l'opinion des Français sur cette question de l'énergie.

Sources : Les Echos

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S
Ce qui se cache derrière la thématique du « mix », c’est la volonté de « techniciser » le véritable débat pour les nationalisations,
• en continuant de charger le secteur public des investissements à long terme (nucléaire essentiel)
• au profit des subventions aux spéculateurs privés (agitateurs de moulins à vent)
permettant de garantir à ceux-ci leurs profits à court terme …
… au détriment des usagers et de notre environnement.

Comme pour le vaccin Covid … :
Envasés dans « la technique » à laquelle ils n’entravent pas grand chose, nos camarades continuent d’abdiquer la nécessité de l’hégémonie politique et culturelle du prolétariat au profit des « zéléments de langage » de Macron … de la « LQI » [Lingua Quaterii Imperii], donc de l’idéologie dominante.
Merci Mélenchon, Buffet, Laurent et consorts locaux, dont la stratégie ub’Huesque n’a pas empêché notre « députée €uropéenne » de perdre la ville face à la droite.
Il est urgentissime de refonder une candidature — et un Parti ! — communiste…
À Pierre Bénite comme au plan national.
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F
Il s'agit du sondage Elabe. Je ne crois pas qu'il soit efficace d'incendier voire insulter ceux qui se prononcent pour un vrai Mix énergétique. C'est un enjeu politique de première importante et qui est incontournable pour une transformation sociale du capitalisme incapable aujourd'hui de dépasser ses propres contradictions qui le conduisent à toujours plus exploiter les hommes et la nature quitte à les détruire, pour le profit, l'accumulation et les dominations. Il n'a plus d'avenir.