Arkema Pierre-Bénite la lutte se poursuit comme dans l'ensemble du groupe

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Entrée du site de Pierre-Bénite le 15 décembre à 12h
Entrée du site de Pierre-Bénite le 15 décembre à 12h
Entrée du site de Pierre-Bénite le 15 décembre à 12h

Entrée du site de Pierre-Bénite le 15 décembre à 12h

Treize sites du groupe chimique, dont celui de Pierre-Bénite, dans le Rhône, sont en grève depuis le 10 décembre, au lendemain de la réunion de « négociation annuelle obligatoire ». La direction refuse de bouger, c'est le silence !

Des tables d'apéro, un brasero avec saucisses et merguez, une caisse de grève, des palettes qui flambent pour se réchauffer.  Comme dans les 12 autres sites du groupe chimique ­Arkema, de l’Isère au Calvados et de l’Oise aux Pyrénées-Atlantiques en passant par Feuchy, dans le Pas-de-Calais, le site de Pierre-Bénite, dans le Rhône est à l’arrêt depuis 6 jours. Dans cette usine de 350 salariés la détermination est au rendez-vous. C’est la réunion de « NAO » le 9 décembre au siège qui a provoqué la colère.

En fin de matinée, la direction a proposé une augmentation générale de 1,6 % avec un talon (augmentation minima – NDLR) de 45 euros. Après le déjeuner, la deuxième et dernière proposition était de 50 euros et 1,7 %. La discussion était close !

Alors que l’inflation annuelle atteint les 2,8 %, les syndicats, CGT en tête, majoritaire dans le groupe, revendiquent une augmentation de 100 euros pour tous et un déplafonnement de la prime d’ancienneté.

Arkema a pourtant annoncé un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros pour le seul troisième trimestre, en haussede près de 30 % par rapport à 2020 . Les prévisions pour 2021 étaient alors revues à la hausse, à 1,7 milliard d’euros de bénéfices avant impôts. Le PDG Thierry Le Hénaff se félicitait  « Nous pouvons être fiers du niveau élevé de la performance financière d’Arkema ».

Les salariés veulent leur part de ce gâteau et non des miettes comme l'ont affirmé des grévistes à Pierre-Bénite rencontrés lors du rassemblement organisé à 12h à l'entrée de l'usine par les communistes de notre section venus participer, apporter leur solidarité et échanger. D'autant que comme beaucoup de salariés, ils subissent les hausses du gaz, de l'électricité, des produits de première nécessité. La vie devient impossible nous confiera l'un des grévistes.

Tout le monde n’est pas à la même enseigne. Selon le magazine le Revenu, le PDG d’Arkema a vendu en novembre près de 2 500 actions, pour « un montant global de 307  113 euros » et il « en détient encore plus de 315  000 ». Soit une fortune de plus de 37 millions d’euros.

A défaut de rouvrir les négociations, la direction du groupe envoie sur le terrain ses directeurs de « business unit ». « Ils font descendre les généraux pour faire pression », analyse un délégué central CGT. À Feuchy, c’est la directrice de la branche « tensio-actifs », Marie-Pierre Chevallier, qui s’active. Depuis la veille, plus aucun camion n’entre ni ne sort. Les huissiers sont passés, ainsi que la gendarmerie. Vers midi, la livraison de plateaux-repas pour la direction ne fait pas exception. Obligé de sortir déjeuner, le petit groupe se retrouve alors face aux grévistes. Sourires crispés quand retentit une tonitruante Internationale.

Jusqu'à ce matin 16 décembre, c'est toujours le refus de négocier de la direction. La détermination des grévistes est intacte et se renforce avec cette idée logique : quand on a fait 6 jours de grève, on ne s'arrête pas, on va au bout pour gagner !

Mercredi après-midi, plusieurs sites avaient reconduit le mouvement jusqu’à vendredi, d’autres jusqu’à lundi comme à Pierre-Bénite.

La direction peut-elle encaisser l’arrêt de la production ? « On est en fin d’année, ils ont intérêt à épuiser les stocks pour payer moins d’impôts, décrypte Emmanuel Grandjean, délégué central CGT. Mais, au bout d’une semaine, certains clients vont commencer à le sentir. »

Les échanges entre les grévistes, les syndicalistes et les militants communistes se sont poursuivis jusqu'à 13h. On a convenu que la section du PCF fera un tract dans la ville pour informer la population du conflit en cours et appellera à la solidarité.

 

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