Intervention d'Evelyne Ternant au CN du PCF du 12 décembre sur législatives 2022

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Intervention d'Evelyne Ternant au CN du PCF du 12 décembre sur législatives 2022

A la conférence nationale du mois de mai dernier, nous avons nommé le « pacte d'engagements communs » sans le définir précisément. On voit bien que chacun n'y met pas exactement le même contenu, et le projet de déclaration du CN dans sa première version ne lève pas toutes les ambiguïtés, le rapport de Pierre Lacaze est déjà un peu plus clair.


1-La dénomination retenue après débat à la conférence nationale était « pacte d'engagements communs » pour les élections législatives et non « pacte d'engagements législatifs». Il ne s'agit pas exactement du même concept, le « pacte d'engagements communs » a une visée plus large qu'un pacte d'engagements législatifs qui ne concernerait que les partis politiques pour une entente de sommet sur un cadre commun à la législature. Il inclut un débat public, une construction collective avec les forces vives du pays : le mouvement social, le mouvement associatif, les citoyens en résistance.


2-Le «pacte engagements communs n'est pas un engagement à passer des accords électoraux de premier tour aux élections législatives.

Il faut que nous soyons très clairs là-dessus. Le message à envoyer, c'est de présenter le maximum de candidates et de candidats communistes jusqu'au bout.

Je rejoins l'inquiétude exprimée hier par Denis Rondepierre, sur le fait que dans un certain nombre de départements, on s'engage dans des négociations comme pour les élections départementales, avec l'idée d'aboutir à un partage des circonscriptions, une sorte de « Yalta » départemental, avec au bout du compte deux gros risques:

-l'effacement de notre présence dans une partie du territoire, dans une élection nationale, que nous considérons comme essentielle puisqu'elle est censée assurer la représentation populaire et porte sur le projet de société.
- le risque financier de recueillir moins de voix au total, donc moins de financement public.

 

3- Le « pacte d'engagements communs » est par conséquent une d'offre politique nationale de reconquête à gauche portant sur des contenus en tenant compte des errements du passé ; une proposition à porter par tou.te.s les candidat.e.s en même temps que le soutien à Fabien Roussel et à notre projet présidentiel, afin de peser sur la situation politique. Le pacte n'est ni un substitut au projet présidentiel, ni une proposition accolée à une accord électoral de premier tour, qui ne concernerait alors que quelques dizaines de circonscriptions et nous conduirait à la situation ingérable de deux catégories de circonscriptions : celles où nos candidat.e.s portent le projet présidentiel, et celles où suite à un accord électoral, elles et ils font campagne sur le pacte.

Il faut donc très vite rédiger le pacte, sans en rabattre a priori sur l'ambition de transformation, ni gommer les sujets clivants, puisque c'est par le débat public public et les mobilisations que se résoudront certaines divergences. On peut imaginer d'ailleurs en cas d'aboutissement du processus de construction, un socle commun partagé présentant des avancées réelles sans effacer pour autant ce qui ne fait pas consensus.

 

4-Sur la cinquantaine de circonscriptions à députés de gauche sortants, ainsi que sur celles réputées « gagnables », le présupposé selon lequel les victoires passeraient forcément par un accord de premier tour n'est pas évident.

C'est sans doute nécessaire dans certains cas, mais pas un passage obligé partout, en particulier là où notre assise nous invite d'abord à rassembler notre électorat au premier tour, et à disposer ensuite d'une réserve de voix pour le deuxième tour, grâce à l'élargissement. De plus, il monte déjà de certaines fédérations, dans des circonscriptions à gauche, le souhait de ne pas sanctuariser certaines circonscriptions que nous avons perdues en 2017 au profit d'autres candidat.e.s de gauche. De toutes façons, il est peu probable que nos partenaires se décident à des accords électoraux avant le résultat de la Présidentielle.
 

Par conséquent, l'important est de nous lancer très vite dans une campagne des législatives bien en phase avec la campagne présidentielle, dans laquelle nous porterons à la fois le projet présidentiel et l'offre de rassemblement sur un pacte d'engagements communs susceptible de redonner au pays une perspective de progrès.

 

Publié dans PCF, Présidentielle 2022

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