Bilan carbone en 2021 et en Europe. Première analyses par Thomas Liechti de la revue Progressistes

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bilan carbone en 2021 et en Europe. Première analyses par Thomas Liechti de la revue Progressistes

Le bilan de l’intensité carbone selon les différents pays européens en 2021 est désormais disponible : premières analyses par Thomas Liechti, membre du comité de rédaction de la revue Progressistes.

Mise à disposition par Thomas Auriel sur la base des données fournies par le GIEC et ENTSO-E, ce graphique nous permet d’analyser la quantité de CO2 produit par kWh générée sur l’année 2021 (gCO2eq/kWh en abscisse) en fonction de la puissance totale produite (MWh en ordonnée) donnée heure par heure (chaque point du graphique) et pays par pays (par couleur). Un regard précieux pour comparer les performances des différents modèles de production d’électricité et leur efficacité pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le moins de CO2 produit par MWh et la plus grande régularité de la production faisant foi pour le modèle le plus efficace en terme de réduction des émissions :

  • Plus la tache est large en hauteur et moins le modèle est efficace pour garantir un taux de CO2 constant
  • Plus elle est large en longueur et plus le modèle peut s’adapter aux différents besoins de consommation et de distribution, donc + de puissance et moins de risque de blackout.

 

On peut constater que d’année en année, les modèles ayant la meilleure efficacité en terme de basses émissions par rapport à la production sont les modèles reposants essentiellement sur l’alliance de la production d’électricité hydraulique et nucléaire.

Dans l’ordre en l’occurrence : La Suisse, la Suède, la Norvège et la France.

À l’inverse, les modèles reposant massivement sur l’éolien et le gaz comme l’Allemagne ne parviennent pas à atteindre des objectifs de diminution régulier et reste comparable en terme de performances aux modèles qui restent très carbonés comme l’Italie. En effet, bien que très variable en terme de production d’électricité et de CO2 par heure, la moyenne allemande est 8 fois supérieure à la moyenne française (414gCO2eq/KWh contre 53gCO2eq/kWh pour la France).

La Pologne, quand à elle, encore très mal équipée reste le mauvais élève de l’Europe avec une moyenne de 768gCO2eq/kWh soit presque deux fois la moyenne allemande et 15 fois la moyenne française.

Malgré tout, la plupart des pays sont parvenus à réduire leur production de CO2/kWh : la Belgique, l’Espagne et le Portugal sont ceux qui ont le plus diminué leurs émissions par rapport à 2019[1].

La France a stagné tout comme la Suède mais reste très loin devant les 3 pays précédemment cités, seule la Norvège a connu une réduction importante d’environ 30% parmi les pays les mieux classés (ceux qui sont sous la barre des 100gCO2/kWh).

À l’inverse, l’Allemagne et le Danemark qui reçoivent pourtant régulièrement les louanges des représentants de GreenPeace sont les deux seuls pays à voir leurs émissions augmenter, légèrement pour l’Allemagne et de presque 20% pour le Danemark.

En ce qui nous concerne, ces bons résultats pour la France ne seront durablement confortés qu’avec une politique ambitieuse pour l’industrie et qui ne se repose pas sur ses petits lauriers.

Ils confirment que les besoins écologiques nous encouragent à investir et défendre le parc nucléaire français qui reste vieillissant et dont les investissements et le renouvellement tardent à arriver.

Que c’est également sur d’autres domaines que la France doit se renforcer notamment pour remplacer les modes de transport et investir pour des logements moins consommateurs de chauffage.

Thomas Liechti est membre du comité de rédaction


[1] L’année 2020 ayant été marquée par des émissions inhabituelles liées à la pandémie mondiale de Covid-19, la comparaison est délicate, 2019 a été choisi comme année de comparaison pour cette raison.

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