Croissance, le FMI inquiet revoie ses prévisions à la baisse...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Croissance, le FMI inquiet revoie ses prévisions à la baisse...

« L’économie mondiale aborde 2022 dans une position plus faible que prévu », pose d’emblée le Fonds monétaire international (FMI) dans ses prévisions dévoilées mardi.

En octobre, le FMI tablait sur une croissance mondiale de 4,9 % en 2022, après 5,9 % en 2021. Finalement, elle révise son estimation à la baisse de 0,5 point pour cette année. En cause : les restrictions de déplacements suite au regain de la pandémie avec Omicron, ainsi que la persistance et l’intensité des pénuries et de l’inflation.

Cette révision à la baisse tient à la situation économique de deux pays. Sur cet écart de 0,5 point, environ 0,2 est imputable aux Etats-Unis, autant pour la Chine, et 0,1 point pour le reste du monde.

L’économie américaine est pénalisée par le ralentissement de l’adoption du plan « Build Back Better » de Joe Biden, l’accélération du resserrement de la politique monétaire, réduisant le débit du robinet monétaire pour contrer l’inflation, et la persistance des pénuries. Quant à la Chine, sa politique zéro Covid, impliquant des fermetures temporaires d’usines et des restrictions de déplacements, freine la production et la consommation privée.

Le FMI anticipe que ces contraintes vont progressivement se dissiper, relevant mécaniquement sa prévision de croissance mondiale de 0,2 point à 3,8 % pour 2023.

A ce stade, il prévoit que l’impact de la pandémie s’estompe au 2ème trimestre de cette année, sous condition bien sûr que « le virus ne mute pas ».

Pour s’en prémunir, « il est essentiel que tous les pays aient accès aux vaccins, aux tests et aux traitements (…). Ainsi, il faut stimuler la production, améliorer les systèmes de distribution dans les pays et assurer une distribution internationale plus équitable », insiste le Fonds qui rappelle qu’aujourd’hui 70 % de la population est entièrement vaccinée dans les pays à revenu élevé, contre moins de 4 % dans ceux à faible revenu.

Comme le rappelle régulièrement Fabien Roussel candidat à la Présidentielle 2022, il y a urgence à augmenter le niveau de vaccination partout dans le monde. Cette dernière solution est la meilleure façon de prévenir l’apparition de variants plus transmissibles et plus résistants. Et pourtant Emmanuel Macron continue de s'y opposer !

L’OMS recommandait en octobre de parvenir à un taux de vaccination de 40 % dans chaque pays, et de 70 % en milieu d’année prochaine.

Las ! Seuls cinq pays africains devraient atteindre les 40 % d’ici la fin de l’année et 6 % de la population du continent est complètement vaccinée contre 55 % en Europe. Au rythme où les choses vont, le taux de vaccination sur le continent africain ne serait que de 10 % au 1er mars, selon les projections réalisées par l’épidémiologiste et statisticien Ali Mokdad et ses équipes à l’université de Washington, à Seattle.

Pour augmenter le taux de vaccination mondiale, le meilleur moyen est de lever les brevets sur les vaccins anti-Covid. Du 30 novembre au 3 décembre devait se tenir à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une conférence interministérielle sur cette question, pour examiner la proposition portée depuis plus d’un an par l’Inde et l’Afrique du Sud et soutenue par une centaine de pays. Cette conférence a été reportée sine die.

Une coalition d’ONG (Médecins du Monde, Action Santé mondiale, Aides, Oxfam France, Sidaction, ONE) dénonce la responsabilité des pays riches dans l’apparition de ce nouveau variant préoccupant.

« L’apparition d’un nouveau variant n’a rien de surprenant », estiment-elles. « Ce sont les pays africains qui vont payer l’hypocrisie des pays européens qui prononcent de beaux discours sur le vaccin comme "bien public mondial" mais qui en réalité protègent les monopoles des laboratoires pharmaceutiques », tance ainsi Cécile Duflot, directrice d’Oxfam France.

La France s’était pourtant déclarée favorable à la proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Mais elle s’est piteusement rangée derrière la Commission européenne qui bloque les négociations. Espérons qu'avec la présidence de l'Union, la France tentera de faire bouger la commission.

Une pétition est en cours, ainsi qu’une initiative citoyenne européenne, dont l’objectif est d’atteindre un million de signatures. Plusieurs manifestations sont organisées en France et en Europe à l’initiative du collectif « Brevets sur les vaccins anti-covid, stop. Réquisition ! »

Sources Alternatives économiques

Publié dans Economie

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