Voeux de Macron, les voeux du candidat rattrappé par le virus qu'il n'a pas su endiguer
Pour sa 11e intervention en temps de pandémie, lors de ses voeux, Macron, a beaucoup parlé du virus, tout en essayant de nous vendre la fable d'un bilan présidentiel réussi mais qui dans la réalité s'avère catastrophique pour la France et son peuple. Un modèle de déni qui peut conduire à sa perte.
Des vœux marqués par le Covid
Il ne voulait plus parler de la Covid. En 2021 il annonçait même une sortie d’épidémie au « printemps 2021 ». Un an plus tard et à 3 mois des élections, Macron a été débordé par les variants Delta et Omicron. L'invasion de ce dernier marque l'échec de sa stratégie et de sa politique de santé publique. Il a même été obligé d'affirmer que « Le virus circule et circulera de plus en plus » les prochaines semaines, assurant que « les secteurs touchés ou désorganisés par la pandémie seront aidés par l’État ». Soit un retour timide au « quoi qu’il en coûte », alors qu'il a fait le choix de nous faire passer à la caisse pour rembourser la dette aggravée par ses somptueux cadeaux au capital.
« Je veux croire avec vous que 2022 sera l’année de la sortie de l’épidémie... », a-t-il formulé. Il s’est réjoui des mesures moins restrictives que l’an dernier ce qui ne l'a pas empêché de chercher des boucs émissaires notamment les 5 millions de personnes non vaccinées. Aussi a-t-il fait appel à eux « la France compte sur vous », « nous devons tout faire pour éviter des restrictions qui pèsent sur nos libertés ». Une façon de culpabiliser et de diviser pour éviter de parler de l'échec de sa politique croyant l'effacer en flattant les soignants qui sont au front et souffrent de surtravail et de manque de reconnaissance depuis deux ans. Cela devrait énerver les opposants au passe vaccinal, qui y voient une atteinte aux libertés individuelles. Tout comme la formule déplacée et vieillotte qui insiste "sur les devoirs avant les droits" !
Malgré l'épidémie très préoccupante, Macron s'est montré « résolument optimiste ». Et avec culot a tenté de flatter son bilan. « Jamais le chômage depuis 15 ans n’avait été aussi bas, la réindustrialisation de notre pays est bien une réalité », s’est-il vanté. Un déni alors que la crise économique et sociale s'aggrave, alors que les profits des grands groupes ne cessent de progresser tout comme le versement des dividendes aux actionnaires provoquant en cette fin d'année des conflits sociaux, à l'image du groupe Arkema où les salariés après 13 jours de grève ont arraché la revalorisation de leurs salaires.
Il a été jusqu'à se féliciter de ses réformes antisociales et régressives comme pour "Le travail, avec la réforme de l’assurance chômage, le pouvoir d’achat avec l’indemnité inflation et le chèque énergie… ". Selon lui, ses décisions « qui changeront la vie ». Celle des actionnaires ou celles des Français ? Etant en période électorale, il a pris soin de ne pas évoquer la réforme des retraites.
Des vœux européens et mensongers
Le 1er janvier, la France prend la présidence de l’Union européenne pour 6 mois. Macron en a profité pour promettre « une Europe utile et porteuse d’espérance pour tous. » Totalement gratuit d'affirmer ce que l'Europe du capital ne sera jamais ! Il est allé jusqu'à nous promettre que la présidence française de l’UE sera « un temps de progrès, de maîtrise des frontières, de transition écologique et de meilleur encadrement des plateformes ». Mais beaucoup de téléspectateurs auront du mal à y croire, tant depuis 1992, cette Europe aura roulé pour le capital et l'argent aux puissants contre les travailleurs et les peuples avec dans la dernière période la chasse aux migrants en refusant d'accueillir ceux qui fuient les guerres, la famine, la pauvreté ou les catastrophes climatiques. Macron veut bien être solidaire mais pas trop quand même, n'hésitant pas à parler de maîtrise des frontières !
Des vœux de candidat mais pas de président?
Une nouvelle fois, Macron a endossé le costume de candidat comme lors de son entretien du 14 décembre ? Il a ménagé le (faux) suspense quant à sa candidature : « 2022 sera une année d’élections, nous aurons à élire au printemps prochain le président de la République puis à désigner nos représentants à l’Assemblée nationale », s’est-il contenté de dire. « J’agirai jusqu’au dernier jour du mandat », a-t-il ajouté, avant de conclure : « pour ma part, quelles que soient les circonstances, je continuerai à vous servir. » Nul doute que cela est une déclaration de candidature, invitant les Français à le remettre à l’Élysée. Ce qu'une majorité de Français semble à ce jour ne pas vouloir !
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