Les salaires s'imposent dans le débat politique selon l'UGICT CGT

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Photo Thales Genevillier

Photo Thales Genevillier

Les mobilisations pour les salaires se multiplient et se durcissent depuis des mois. Poussée de l’inflation, explosion des prix de l’énergie, non-reconnaissance des qualifications et des responsabilités sont au centre des préoccupations des salarié.es.

Et si on a beaucoup vu les travailleuses et travailleurs de la deuxième ligne, les indispensables à la poursuite de l’activité économique, entrer en mouvement, on dénombre de plus en plus de conflits impliquant des technicien.nes, cadres et professions intermédiaires.

C’est le cas par exemple chez Thales ou sur les sites de Dassault. Dans le groupe d’électronique de défense, les négociations annuelles obligatoires prévues début février sont boycottées par une large intersyndicale CGC, CFDT, CGT, CFTC qui pose comme préalable au moins 4 % minimum pour tous avec effet au 1er janvier.

C’est que la colère est forte parmi les 40 000 salarié.es du groupe soumis à deux années consécutives de gel total des augmentations pour un tiers des salarié.es et de revalorisation minimale (1,5 %) pour les autres, ainsi qu’au plafonnement de la participation et de l’intéressement. Confronté.es comme toute la population à la hausse de l’inflation tirée notamment par la hausse des carburants et de l’énergie, ces travailleuses et travailleurs revendiquent un autre partage de la richesse qu’ils créent.

La contestation salariale prend également la mer avec un conflit chez les officiers de la flotte océanographique de Genavir entrés en grève le 11 février pour dénoncer un management trop vertical, mais aussi parce qu’ils considèrent être moins bien payés que dans les autres compagnies.

Le ras-le-bol contre les politiques salariales qui érodent chaque année le pouvoir d’achat s’exprime avec de plus en plus de vigueur et des exigences revendicatives de haut niveau.

C’est le cas parmi les techniciens non-cadres de la Société chambérienne de distribution de chaleur (SCDC) entrés en grève le 4 février avec l’exigence de 10 % d’augmentation parce que depuis plus d’une décennie, les revalorisations accordées sont insuffisantes pour compenser l’augmentation du coût de la vie.

C’est dans ce contexte de forte tension sur les salaires que les syndicats ont fait du 27 janvier dernier un temps fort de mobilisation et qu’ils ont imposé que le social prenne enfin pied dans le paysage médiatique d’une présidentielle aux thématiques incroyablement déconnectées du réel.

Il faut naturellement s’en féliciter, sans pour autant s’en laisser conter. Il faut maintenir la pression, non seulement pour la revalorisation des plus bas salaires, mais aussi pour le paiement de la qualification et des responsabilités.

Et c’est bien parce que cette question est centrale que les syndicats (dont la CGT), les associations et mouvements féministes appellent à une grève féministe le 8 mars pour exiger notamment l’égalité salariale et professionnelle, parce que les femmes travaillent toujours gratuitement à partir de 15h40. Exiger aussi la revalorisation des métiers féminisés, et le rattrapage des pensions des femmes retraitées inférieures de 40 % à celles des hommes.

Par FD, journaliste engagé et militant Ugict-CGT

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