Le 8 mars à Lyon...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Le 8 mars à Lyon...

Près de 8000 manifestants étaient réunis à Lyon ce mardi 8 mars 2022.

8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, pour tous les droits et plus particulièrement celui de l’égalité salariale.

Aujourd’hui encore, les femmes restent payées 28% de moins que les hommes en moyenne, alors, que la loi sur l’égalité salariale date de 1972 et a fêté ces 50 ans cette année !

Nous sommes encore bien loin du compte !

Veuillez trouver ci-joint l’intervention de l’UD CGT 69, à l’occasion du rassemblement devant la Préfecture à 15h40, qui clôturait la manifestation des personnels de la santé, en présence du syndicat CGT des aides à domiciles, fraichement constitué !

Bonjour à toutes et tous.

En préalable, un mot au sujet de la paix. Les guerres, quelles qu’elles soient, sur tout le globe, génèrent détresse, misère, tristesse, désolation, haine. Si elles ne participent souvent pas directement au conflit, les femmes sont souvent les premières victimes de la barbarie humaine. La CGT profite de cette prise de parole pour réitérer son message de paix, pour faire taire les armes partout dans le monde.

La paix, la liberté, l’égalité, la fraternité des peuples, voilà des valeurs chères à notre cœur, que nous portons haut et fort, dans notre Union départementale CGT du Rhône.

Nous sommes réunis ce 8 mars 2022 à 15h40, heure à laquelle les femmes cessent d’être payées lorsqu’elles exercent un métier. Cette date du 8 mars est celle de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, tous les droits et plus particulièrement celui de l’égalité salariale.

Aujourd’hui encore, les femmes sont payées 28% de moins que les hommes en moyenne, alors, que je rappelle, la loi sur l’égalité salariale date de 1972 et a 50 ans cette année ! Elle fut complétée par une loi de 1983 qui exigeait l’égalité de salaire pour un travail de valeur égale. Nous sommes encore bien loin du compte !

La CGT a lancé à son tour, après une enquête internationale, une consultation sur les métiers du soin et du lien, métiers à forte prédominance féminine. Cette enquête a pour objectif de démontrer que les métiers féminisés sont moins bien rémunérés que des métiers plus masculins à valeur égale.

Notre qualification, notre technicité, notre responsabilité, la pénibilité de nos métiers ne sont pas prises en compte à leur juste valeur pour le calcul de nos salaires. Ces professions restent encore précarisées avec des temps partiels contraints, des horaires atypiques et des distances à parcourir. C’est le cas des aides à domicile que nous saluons d’ailleurs puisque celles-ci et ceux-ci qui ont fondé aujourd’hui même leur syndicat départemental CGT.

Nous saluons également la Fédération CGT Santé Action Sociale qui a su faire de ce 8 mars une journée de lutte.

Pour revenir sur l’enquête, les autres objectifs poursuivis sont de revaloriser les métiers à prédominance féminine, mais aussi d’exiger des investissements dans le secteur du soin et du lien aux autres, de réduire le temps de travail et de créer des droits pour la parentalité.

Réduire les inégalités territoriales et améliorer l’accessibilité aux métiers du lien et du soin, nécessite près de 300 000 emplois supplémentaires et plus d’un million de postes
seraient indispensables pour envisager dans toute la France un niveau de service de qualité. Atteindre le même taux d’emploi que la Suède porterait les besoins à plus d’1,7 million de postes.

Nos métiers sont socialement nécessaires et économiquement générateurs d’effets positifs. Un investissement d’environ 50 milliards d’euros requis dans les dépenses publiques pour revaloriser nos métiers et les développer, représente 3% du PIB. Mais que sont 3% pour gagner la dignité des professionnelles et des bénéficiaires de ces services ?

Revaloriser les rémunérations génère des économies en matière de complément de revenu comme la prime d’activité et des recettes fiscales supplémentaires. La création forte d’emplois dans ces secteurs réduirait aussi les dépenses en matière de chômage et de minima sociaux, soit près de 10 milliards.

Pour en finir avec les chiffres, qui parfois donnent le vertige, un montant est particulièrement édifiant pour souligner l’inégalité salariale femmes / hommes : 62 milliards. C’est l’économie annuelle qui est faite sur le dos des femmes à cause de leurs salaires moindres. Les grands gagnants sont les patrons, les grandes perdantes sont les travailleuses, mais aussi les pensionnées puisque le calcul de la retraite est indexé directement sur les salaires. Ce boulet de l’inégalité est donc traîné toute leur vie et cela n’a que trop duré ! Il est grand temps de stopper cette injustice et de réclamer réparation !

Olympe de Gouges en 1791 a rédigé la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dont l’article 1er énonce : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Poursuivons notre lutte pour gagner la reconnaissance salariale, faire de nos métiers, des métiers attractifs, utiles à l’ensemble de notre société !

Merci pour votre attention

Publié dans Luttes sociales, Egalité

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