Intervention de Jean Marc Durand au CN du PCF du 14 avril

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Intervention de Jean Marc Durand au CN du PCF du 14 avril

Nous vous communiquons l'intervention de Jean Marc Durand qu'il nous a transmise bien qu'il n'ait pu la prononcer du fait de l'heure tardive du CN bien qu'inscrit dès 9h45.

Mon propos va s’organiser autour de deux points : bilan et perspectives.

  1. Bilan

  • Un engagement important des communistes pendant plus de 5 mois dans la campagne présidentielle qui s’est accompagné d’un début de relance de l’organisation de la vie du parti sur le terrain, même si on est encore loin d’une organisation politique réelle.

  • Notre candidat qui a su se faire entendre et occuper une place intéressante dans un contexte et une situation, pas vraiment faciles. Merci et bravo à Fabien !

Tout cela a contribué à remettre le parti dans le jeu et à nous redonner visibilité.

Car il ne faut pas oublier d’où nous venons et les embuches rencontrées :

  • On vient de loin ; 25 ans soit une génération, au cours de laquelle nous avons passé notre temps à lisser, à gommer notre originalité révolutionnaire pour en arriver à donner les clés de deux présidentielles à JL Mélenchon que nous avons totalement contribué à installer. Finalement son résultat est aussi un peu le nôtre… Et notre souci à vouloir être un parti comme un autre a fait beaucoup de dégâts dans les têtes de nombreux salariés et particulièrement parmi la jeunesse, deux milieux en recherche de radicalité contre l’ultralibéralisme.

  • Des coups bas comme la campagne de Médiapart contre notre candidat… et aussi la campagne médiatique qui, à la faveur de la guerre en Ukraine, a tenté de présenter Poutine comme un communiste.

  • Une non campagne orchestrée par Macron qui s’est caractérisées par aucun débat réel sur les idées, aucune confrontation de programme permettant aux électeurs de faire un choix éclairé. Ainsi l’institution médiatique et sondagière n’a eu aucun mal à prendre le relais et finalement à structurer cette élection et construire les résultats.

  • La perversité de la 5ème République poussée à son maximum qui a permis que joue à fond le vote utile qualifiant ainsi trois candidats et en écartant d’un coup 9.

Résultat nous nous retrouvons comme en 2017 avec un second tour Macron / Le Pen. Mais en fait pire qu’en 2017 avec une extrême droite en progrès, condensé à la fois de la collaboration, de l’Algérie française et de la priorité nationale qui se retrouve aux portes du pouvoir.

Et en ce qui nous concerne alors que nous avons été siphonnés par la campagne agressive de LFI bien aidée par les médias, nous nous retrouvons sous ses feux nourris, accusés d’avoir empêché JL Mélenchon de se qualifier pour le second tour. Pourtant en y regardant de plus près il serait plus judicieux de se demander pourquoi l’abstention et les votes blancs ou nuls sont si importants, un beau réservoir de voix (13,5 millions). Mais visiblement l’obsession du parti unique et du leader charismatique ont la vie dure dans les rangs sociaux-démocrates…

  1. Les perspectives

  • Dans un tel contexte, notre résultat doit être apprécié à juste valeur. Il est surtout un point d’appui. Il constitue une petite lueur au bout d’un tunnel rempli de l’obsession capitaliste de recherche du profit, de sermons culpabilisants, de repli sur soi, de haine et de guerre…

  • Nous représentons en ce sens une vraie boussole dans ce monde désorienté. Ce qui nous confère une grande responsabilité. D’une part dès le second tour en appelant clairement à battre M Le Pen et à utiliser le seul bulletin disponible pour cela. De l’autre en appelant au rassemblement de toutes les forces de gauche pour envoyer un maximum de députés de gauche dont des députés communistes pouvant constituer un groupe, à l’Assemblée Nationale sans imaginer pour autant que les porte du gouvernement s’apprêtent à s’ouvrir pour la gauche.

  • Mais il nous incombe tout particulièrement de poursuivre et d’approfondir le travail de novation qu’a porté notre 38ème congrès et sans lequel nous n’aurions pas eu de candidat à cette présidentielle avec les conséquences imaginables pour notre sort ainsi remis dans les mains de JL Mélenchon. Dans la situation d’aujourd’hui notre effort novateur doit être poursuivi ; surtout ne pas céder aux sirènes du défaitisme et de la recomposition /décomposition.

Cela nous oblige à rechercher à toujours mieux être le parti du monde du travail et de la création, le parti d’un nouveau projet de société.

En somme remettre l’ouvrage sur le métier sur la question centrale de l’emploi et de la formation en lien avec les moyens de financement et les pouvoirs. C’est au cœur d’une transformation réussie, d’un dépassement de système réussi.

En la forme mais qui rejoint furieusement le fond, nous nous devons de jouer beaucoup plus notre rôle tribunitien, notre fonction contestataire. C’est un atout très important pour faire le lien avec nos propositions.

Enfin il est plus qu’urgent de travailler notre lien aux luttes, nos relations au mouvement social et syndical. C’est un enjeu majeur surtout face aux évolutions à l’œuvre qui peuvent conduire à une vraie impuissance de l’action revendicative.

Voilà mon intervention que je n’ai pu prononcer car bien qu’inscrit depuis 9 H 45 on ne m’a donné la parole qu’à 17 h.

A ce moment une discussion s’était engagée au sein du CN, sur législatives à laquelle j’ai pris part, et le vote de la résolution allait avoir lieu peu après.

 

Publié dans Présidentielle 2022, PCF

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