Les enjeux politiques de fond du vote Fabien Roussel par Patrick Le Hyaric

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Les enjeux politiques de fond du vote Fabien Roussel par Patrick Le Hyaric
En France, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, le pouvoir, en difficulté, cherche par tous les moyens à renouveler le scénario du précédent scrutin présidentiel.
 
Le candidat–président vient de réactiver son « assurance-réélection » avec l’agitation du chiffon de la chef de l’entreprise familiale proto-fasciste qui comme l’ont fait tous les fascistes camoufle désormais son programme tout en reprenant les aspirations sociales populaires.
 
Le Président de la République est placé en tête dans les sondages, mais il reste beaucoup d’indécis. De nombreuses électrices et de nombreux électeurs changent d'intention de vote au gré des jours. Cette indécision est l’une des manifestations de la crise de la politique qui pousse d’une part plus du tiers des citoyens à vouloir s’abstenir. D’autre part, cette volatilité signifie que le contenu de chaque vote est ressenti comme d'importance égale.

Le refus de débat contradictoire encourage encore plus la non-implication citoyenne dans une période de succession de gouvernements de couleurs différentes, qui ont en fait mené la même politique au service des puissants, contre les classes populaires.

Le vote communiste, pour changer la donne
 
La question posée à des millions de nos concitoyens est de savoir comment ils peuvent peser en faveur de leurs intérêts par le vote à cette élection, puis aux élections législatives. Un vote clair, sincère, reliant le meilleur des combats de la France travailleuse pour reconstruire le pays à la Libération, avec de grands conquis communistes comme la Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, EDF, le statut du fermage ou l’office du blé garantissant des prix des céréales stables et les combats d’aujourd’hui pour de nouveaux « jours heureux ».

Ce souhait, ce combat, est le fil rouge de la candidature communiste de Fabien Roussel. Ce bulletin de vote est à la disposition de celles et ceux qui veulent qu’enfin leurs vies et celles de leurs proches s’améliorent. Chaque bulletin Fabien Roussel sera une pierre pour construire le chemin vers de nouveaux conquis communistes bousculant encore plus les contradictions du système capitaliste pour le dépasser.

Le vote pour ouvrir un avenir nouveau :
 
● Une Sécurité sociale élargie, avec une sécurité de vie incluant l’accès de toutes et de tous à l’école de la République laïque et gratuite ;
● Un gigantesque effort pour une politique de santé incluant d’autres conditions de vie avec la réduction du temps de travail,
● Une transformation de la production agricole avec les agriculteurs et le soutien à la pêche artisanale et l’exploitation des ressources de la mer, comme les algues, pour une alimentation de qualité accessible à toutes et tous.
● De nouveaux investissements et une nouvelle organisation des systèmes hospitaliers, le retour aux remboursements à 100% des frais médicaux.

La Sécurité sociale élargie, c’est la garantie pour chacune et chacun d’accéder à la formation tout au long de la vie pour une sécurité de l’emploi ou chacune et chacun évoluerait dans ses activités et métiers, dotés d'une sécurité de revenus, en progression, comme le permettent les progrès de la productivité du travail et des machines.

Un processus communiste placerait le travail, sa rémunération, ses conditions d’exercice, son partage, sa qualité, le respect des travailleurs manuels et intellectuels au cœur d’une nouvelle économie, d’une société de partage et de solidarité, en construction commune.

En d'autres mots, la priorité ne serait plus donnée à la rémunération du capital et des actionnaires, mais à la création des conditions de la souveraineté des travailleurs sur leur travail.

Cela inclut :
 
● De nouveaux pouvoirs pour les salariés dans l’entreprise jusque dans la gestion et les orientations stratégiques ;
● De nouvelles appropriations sociales et démocratiques, car la transition sociale, la transition environnementale pour la ré-industrialisation et une nouvelle agriculture et l’élargissement des services publics pour l’égalité ne peuvent se faire avec la prédominance de la propriété privée du capital.

 
Les services publics sont à la fois facteur d’égalité et atout de la transition sociale, écologique et démocratique.

Un nouveau progrès communiste viserait à obtenir l’égalité de rémunération homme-femme au travail tout en consacrant des moyens importants à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Progresser en ce sens nécessite forcément d’âpres luttes pour une autre orientation de l’argent au service du plus grand nombre. Elle oblige aussi à refonder notre République pour que les citoyens disposent de droits et de pouvoirs nouveaux.

Cela exige une action en profondeur pour que la France parle d’une voix indépendance dans la nouvelle géopolitique mondiale qui se dessine. Une France active pour prévenir et empêcher les conflits, pour le désarmement nucléaire, la paix et la coopération.
 
Une France active pour transformer la construction européenne en une union des nations et des peuples souverains associés et libres - à l’opposé de l’actuelle intégration européenne soumis aux intérêts du capital et de la domination américaine.

Le vote anti-Macron, anti-droite et extrême-droite
Le vote pour une sécurité de vie

Tout l’opposé du président-candidat, de Mme Pécresse et des extrêmes-droites, qui sous une forme ou une autre veulent garantir le service aux puissances d’argent contre les travailleurs et les privés d’emploi. De manière plus ou moins violente, ils promettent la chasse aux plus démunis en montrant d’un index vengeur ce qu’ils appellent la fraude sociale sans dire un mot, aucun, des oligarques français qui par leur sport favori, la fraude fiscale, spolient la France.

Cette véritable fraude représente l’équivalent des budgets de la justice et de l’Éducation nationale réunis.

Et en chœur, voici qu’ils veulent reculer l’âge ouvrant droit à la retraite et torpiller les ressources de la Sécurité sociale en abaissant les cotisations.

Dans ces conditions, l'abstention des catégories populaires, à leur corps défendant, serait une façon de voter contre leurs intérêts. Les milieux les plus favorisés ne s’y trompent pas. Cet électorat se rend quatorze fois plus aux urnes que celui des familles populaires. Ils créent ainsi un rapport de force en leur faveur.

Ne nous trompons pas !
 
L’abstention populaire est encouragée par le complexe médiatico-sondagier qui annonce jour après jour les résultats du premier tour, comme si les jeux étaient faits d’avance. Ils instillent ainsi l’idée que cette élection ne comptera pour rien puisqu’elle va répéter le même scénario qu’en 2017. Les entreprises de sondage deviennent des prescripteurs de vote. Pas la peine d’aller voter, braves gens, annoncent-ils de concert, puisque le résultat de l’élection est déjà fait.

De ce point de vue, la presse nationale macronienne dominicale de la fin de semaine dernière puis au cours de la semaine la presse sociale-démocrate est édifiante. Elle organise ouvertement le duel Macron-Le Pen. Ce scénario que rejette une majorité de nos concitoyens.
 
L’objectif de cette manipulation est de mobiliser les électorats macronistes et d’extrême-droite tout en poussant la partie de l’électorat, qui rejette ces institutions anti-démocratiques de personnalisation du pouvoir, à ne pas s’exprimer par le vote puisque les jeux seraient déjà faits.
 
Ajoutons qu’au refus de débat contradictoire s’ajoute un comportement exécrable des journalistes qui interrogent les candidats. Jamais ils ne laissent un exposé, une démonstration aller jusqu’au bout. Leurs coupures et leurs questions sont bien souvent plus longues que les réponses des candidats.
 
Nombre d’entre eux transpirent le mépris vis-à-vis de plusieurs candidats. Nombre d’entre eux veulent décider de la politique au lieu de faire débattre de la politique ou de l’économie. Il fallait entendre vendredi le ton sentencieux de M. Lenglet, sur RTL interrogeant Fabien Roussel sur les emplois publics qu’il propose de créer. Son seul souci : mais comment allez-vous faire pour payer pour défendre la grosse cagnotte des capitalistes ?

Si on écoutait ces gens-là, la France ne se serait jamais relevée des destructions de la Seconde Guerre mondiale et la pandémie nous aurait tous réduits à la mendicité. D’ailleurs avant la pandémie, il n’y avait pas d’argent. Pourtant, les robinets du « quoiqu’il en coûte » se sont ouverts jusqu’à bafouer (et c’est tant mieux) les statuts de la Banque centrale européenne et ridiculiser les imbéciles critères des traités européens.
 
En fait, ce « cercle de la raison » aux manettes, à qui rien ne manque, veut avant tout préserver le capitalisme. Ils travaillent donc à l'auto-reconduction du monarque.
 
Cette orchestration du débat politique vise, dans le cadre de l’élection, l’effacement de tout projet de rupture politique, sociale, écologique, tant les programmes des droites et des extrêmes-droites sont proches les uns des autres. Et l’extrême-droite plus dangereuse que jamais de repoussoir pour sauver le soldat président.

Et maintenant, voici le prétexte totalement fallacieux, de la nécessité d’élire un Président « protecteur » de la nation en cette période où la folle guerre du maître du Kremlin angoisse et inquiète tout un chacun. Le seul protecteur de la nation est le peuple uni et éclairé grâce aux débats démocratiques, publics, parlementaires, sur la base d’une action et d’une voix indépendantes de la France en faveur de la sécurité et de la paix.

Précisément, il manque aujourd’hui une initiative politique d’ampleur pour obtenir, sous l’égide de l’ONU, une conférence européenne pour la sécurité, la paix et le désarmement en Europe.

Le système institutionnel construit pour éviter toute rupture majeure avec le système capitaliste risque de tourner en roue libre et sans contrôle si celles et ceux qui ont intérêt à un changement de politique, de pouvoir et de société ne s’expriment pas en utilisant par-delà leurs histoires et leurs opinions, le bulletin de vote qui le permet : celui qui porte le nom de Fabien Roussel.

Le dégoût des catégories populaires des politiques mises en œuvre contre elles, la non-reconnaissance dont elles sont victimes, conduit à élargir l’impasse dans laquelle les forces de l’argent et leurs fondés de pouvoir veulent les pousser : reconstituer donc le piège du scénario de la précédente présidentielle.

À une notable différence près ! L’extrême haine de Mme Le Pen a été cette fois rendue plus présentable aux regards des horreurs de M. Zemmour, mis en piste l’été dernier à cette fin et pour préparer une union des droites d’un nouveau genre.

Un dispositif qui videra de son sang le parti créé pour M. Sarkozy. Une partie des élus de celui-ci allant s’abriter sous l’aile de M. Macron avec des fractions socialistes, une autre construisant avec les extrêmes-droites l’équivalent du parti de la droite nord-américaine. Le parti du Président se positionnant comme le parti démocrate états-unien.

Le cercle de la raison capitaliste
 
C’est le dispositif rêvé des forces du capital, car il bouche toute issue transformatrice. Ainsi, les débats présentés sous un faux décor pluraliste ne porteraient plus qu’entre des solutions de droite et…. des solutions de droite. Aucune de ces forces-là ne propose une autre répartition des richesses et une autre manière de les produire. Aucune d'elles ne veut garantir la Sécurité sociale et promouvoir un nouveau partage de la valeur issue du travail.

Au contraire, leur objectif est de diminuer sans cesse la contribution du capital au financement des écoles, de la santé ou de la transition environnementale. Tout l’opposé du programme de Fabien Roussel qui propose de partir des besoins humains pour vivre mieux dans une cohérence inédite, conjuguant création de richesses nouvelles, répartition des fruits de celle-ci, révolution fiscale et mobilisation des banques jusqu'à la Banque centrale européenne. Cette aspiration majoritaire de nos concitoyens qu’il faudrait transformer en vote positif.

Les enjeux et les périls sont immenses : combat contre le réchauffement climatique, reprise de l’inflation grevant le pouvoir d’achat populaire, apparition de nouveaux virus appelant à muscler les systèmes de santé, retour de la guerre en Europe et lourdes menaces sur les sécurités énergétiques et alimentaires, perte de souveraineté industrielle et agricole, surarmement en cours… Tout ce qui a été vanté par les droites, sa variante macroniste et d’autres comme étant la mondialisation heureuse tombe à l’eau.

En ce sens, le vote communiste est celui du dépassement de l’actuel système pour qu’enfin les travailleurs et les créateurs, la jeunesse comme les plus âgés, puissent ouvrir une nouvelle page en prenant leur destin en main. Voilà qui serait efficace !
 
Il faut donc que les classes populaires fassent bruyamment irruption sur la scène pour subvertir cette élection.

Que les classes populaires fassent irruption sur la scène
 
C’est de leurs luttes et de l’ampleur du vote communiste dans un mouvement où toute la gauche progresserait, qu’un nouveau chemin peut être ouvert : un processus de transformation sociale, écologique et démocratique, de paix et de coopération entre nations et peuples.
 
Le bulletin de vote communiste Fabien Roussel est une contribution à la recherche d’une unité populaire large sur la base d’une progression des idées et des forces de gauche et pour un recul frontal de celles, nauséabondes, d’extrême-droite. Son poids constituera un pôle solide pour bâtir un avenir plus heureux.
 
Patrick Le Hyaric

Publié dans Présidentielle 2022

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