Présidentielle 2022. Réflexions d'André Chassaigne après le 1er tour

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Présidentielle 2022. Réflexions d'André Chassaigne après le 1er tour
André Chassaigne, député du Parti communiste français du Puy-de-Dôme, président du groupe "Gauche démocrate et républicaine" à l’Assemblée nationale, a admis lundi 11 avril sur franceinfo que "c’était une forme de souffrance de voter" pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. "Mais dans un tournant de l'histoire tel que celui-ci, nous n'avons pas à hésiter. Notre main ne doit pas trembler", a-t-il ajouté. Il espère que ce dernier renoncera à "ses réformes de casse sociale".
 
Le député PCF dresse également "un constat terrible" de l’état de la gauche après le premier tour et appelle toutes les gauches à "travailler ensemble" dans "le respect" des "différentes sensibilités" pour les législatives.
 
Franceinfo : Comment jugez-vous l’état de la gauche au lendemain du premier tour ?
 
André Chassaigne : C’est un constat terrible. Aujourd'hui, l’ensemble des voix obtenu par la gauche est inférieur aux voix de l’extrême droite. C’est gravissime. La question qu'il faut se poser, c’est pourquoi on en est là avec une gauche qui est aussi faible ? Ce que je regrette et ce que regrettent les communistes c’est qu’on ne soit pas parvenu à reconstruire la gauche, après 2017.
 
Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est effectivement reconstruire une gauche qui est une gauche diverse, qui est certes nouvelle, mais si on veut un jour être en capacité de l'emporter, ce n'est pas avec une gauche qui est à 30% qu'on arrivera à l'emporter. Il faut qu'on puisse travailler ensemble, y compris à court terme, pour les prochaines élections législatives, dans le respect des différentes sensibilités. Sinon, on n'arrivera pas à avoir à l'Assemblée nationale beaucoup de députés de gauche.
 
Ce que je souhaite, c'est qu’il y ait des députés en nombre de La France insoumise, des socialistes, des écologistes et bien sûr, des communistes. Mais cela exige d'avoir une appréciation de la gauche qui est une gauche diverse, dans le respect des uns et des autres. C’est extrêmement important. C'est d'ailleurs l'appel que les communistes lancent aujourd'hui.
 
Appelez-vous sans ambiguïté à voter pour Emmanuel Macron ?
 
Il n’y a pas d’ambiguïté par rapport à ça, y compris dans l’appel de Fabien Roussel. Votez pour Emmanuel Macron, non pas pour voter pour sa politique parce que nous avons été, depuis 2017, des adversaires de la politique qu’il peut conduire, une politique de casse sociale. Il y a aucune ambiguïté là-dessus. Nous continuerons à le combattre. Ce que nous ne voulons pas aussi, c'est qu'il fasse un kidnapping sur les voix qu'on peut apporter. Nous disons clairement qu'il faut voter Emmanuel Macron
 
Emmanuel Macron doit-il donner des gages à la gauche ?
 
La réponse que je vais apporter, ce n’est pas un conditionnement. On ne conditionne pas notre vote à des gages qu'il pourrait donner. Mais il doit renoncer à ses réformes de casse sociale qui fracture notre société, avec des coups portés au pouvoir d'achat ou aux plus pauvres, à l'hôpital, à l'école, aux services publics, avec sa loi des retraites. Je crois que lui-même s'il a conscience du danger qui est celui de voir arriver une présidente de la République d’extrême droite, il faut que lui-même, il annonce qu'il va renoncer à ces réformer-là.
 
Vous allez voter pour Emmanuel Macron en vous pinçant le nez ?
 
Je ne le dirai pas de cette façon, mais je dirai que c’est une forme de souffrance de voter pour lui parce que cela ne correspond pas du tout à ce que l'on porte pour notre société. Il y a une politique ultralibérale, mais je crois que dans un tournant de l'histoire tel que celui-ci, nous n'avons pas hésité. Notre main ne doit pas trembler. C’est vrai qu'il faudra mettre un bulletin d'Emmanuel Macron.