Bourse : 300 milliards s'évaporent sur les marchés européens !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bourse : 300 milliards s'évaporent sur les marchés européens !

Un « flash crash » a fait plonger les marchés boursiers lundi dernier. Les conséquences d'« une erreur » de saisie de la part d’un trader de Citigoup sont importantes, notamment pour nombre de particuliers ayant subi de lourdes pertes.

Lundi dernier, un tsunami a dévasté les marchés. Le CAC40 a dévissé en quelques secondes. Mais pas seulement, les bourses allemande, suédoise, italienne, suisse, danoise, belge, espagnole etc. ont elles aussi piqué du nez, au même moment. Pour remonter aussi sec quelques minutes plus tard.

Que s’est-il passé en Europe pour causer ce crash généralisé. Rien de tout cela… Il s’agissait « simplement » d’un nouveau flash crash. C’est quoi un « flash crash » ?

Un flash crash ou krach éclair est le nom donné à une chute très importante du cours d’instruments financiers sur une période de temps extrêmement courte. Un krach éclair provient souvent de transactions exécutées par des algorithmes de trading, combinée avec du trading haute fréquence, dont la vitesse et l’interconnexion peuvent entraîner la perte, puis la récupération, de plusieurs milliards de dollars sur quelques minutes ou quelques secondes.

Pendant quelques courtes minutes, ce ne sont pas moins de 300 milliards d’euros qui se sont « évaporés » sur les marchés européens. Détruits par soi-disant une « malencontreuse erreur de saisie » d’un trader de Citigroup, selon le communiqué du groupe.

Le plongeon a été suivi d’un rétablissement aussi rapide et brutal que le fut le décrochage. Ci-dessous, le CAC40 en unité de temps 10 secondes. On voit à quelle vitesse l’onde de choc s’est propagée. Et à quelle vitesse le rebond a pris place.

 

 

A noter que le CAC40 n’a pas été l’indice européen le plus touché. L’OMX (bourse danoise) a par exemple plongé de 8%. Avant de se reprendre. Les coups les plus violents ont été portés sur les actions. Orange, Arkema et Engie en sont les illustrations. La volatilité a atteint 8 à 10%. Sur des valeurs comme Dassault Systèmes, elle a dépassé les 15%.

 

Ce flash crash a causé d’énormes dégâts. Le premier constat étant que tous les ordres stops positionnés dans l’intervalle de prix balayé par l’algo ont été touchés.

En clair, cela signifie que les particuliers et sans doute pas mal de professionnels qui avaient posé des stops (des ordres à seuil de déclenchement) se sont fait « sortir » sans ménagement et ont perdu la mise, voire les profits précédemment engrangés. Ceux qui étaient déjà en perte ont vu cette perte gonfler (et se concrétiser) quand leur ordre a été touché.

Et c’est sans mentionner les traders qui détenaient des produits à fort effet de levier (CFD, turbos, futures etc.). Leurs pertes ont été démultipliées par le facteur du levier.

Dans la phase de rebond extrêmement rapide qui a suivi, qui a pu en quelques secondes racheter le marché ou des actions qui venaient tout juste d’être vendues lors du crash ?

Certainement pas un particulier, ni même un professionnel. En tout cas pas sans l’appui d’un algo ultra rapide – voire carrément d’un algo haute fréquence. La remontée a été bien trop rapide pour qu’un « humain » ait le temps de passer ou repasser manuellement des ordres d’achat sur les positions dont il s’est fait éjecter.

On peut e conclure que les algos ont fait plier le marché en quelques instants – ce sont eux qui ont donc majoritairement empoché la mise… à la hausse.

On pourrait penser que suite à une « erreur » ayant causé autant de dégâts, les ordres puissent être annulés, les actifs restitués à leur (ancien) propriétaire et l’ardoise effacée… avec à la clé des excuses et explications de la part des responsables qui ont commis cette navrante « bévue ».

Eh bien non ! Les perdants ne seront pas remboursés. Juridiquement, on ne peut pas se retourner contre un autre opérateur s’il n’y a pas de preuve de manipulation délibérée. Comme Citigroup a plaidé l’erreur… Circulez, il n’y a rien à voir. Vous voulez jouer en Bourse tant pis pour vous !

Les bourses (Euronext, CAC, etc…) ont rapidement stoppé les négociations. C’est que l’on peut constater sur les graphes d’Orange, etc. Il y a une période de blanc – sans cotation. Cela correspond au moment où les valeurs ont été suspendues. Mais face à un algo, « rapidement » c’est une éternité. En quelques secondes, le mal était fait.

Plus inquiétant, cette « erreur » de saisie qui a fait plonger les marchés montre que …les systèmes de contrôle de la banque sont inopérants. Ou n’ont pas fonctionné dans le cas du flash crash de lundi dernier. Encore plus inquiétant, Citigroup n’explique pas comment une telle « erreur » a pu se produire. Si vous ne savez pas d’où vient l’erreur, vous n’avez aucune chance de pouvoir la corriger. Ce qui veut dire que cela pourrait se reproduire.

Si un trader dans une banque peut par « inadvertance » faire basculer les bourses européennes, n’est-il pas plus que temps de mettre le holà et d’obliger ces banques "too big to trade" à diminuer la voilure ?

La puissance de feu financière de ces grandes banques et de certaines firmes de trading algorithmique est complètement disproportionnée et dangereuse pour tous. Personne ne devrait avoir le pouvoir d’impacter les marchés de cette façon à lui tout seul.

Les lobbies sont bien trop puissants pour que quiconque s’essaye à les réguler avec ce genre de contrainte. Quant à leur faire payer les pots cassés… même pas la peine d’y penser.

Moralité, si vous avez quelques économies, ne les jouez pas en Bourse. Laissez la place aux ultra milliardaires car ils s'en foutent d'en perdre quelques-uns en jouant à leur risque et péril !

Sources : Investing.com

 

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