Déplacements : le droit à la mobilité durable est un droit fondamental.

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Déplacements : le droit à la mobilité durable est un droit fondamental.

C'est le 15 mars 2021 que le Conseil Métropolitain a adopté le calendrier de mise en oeuvre de la ZFE avec l'interdiction des véhicules Crit’Air 5 dès 2022. Cette accélération de la Zone à Faibles Émissions (ZFE) de la métropole, s'accompagne t-elle de solutions  permettant la transition vers une mobilité durable et accessible ?

Il semblerait que non. Cette décision du Conseil Métropolitain vise à rapidement à interdire les véhicules routiers les plus polluants, y compris certains récents (diesel) dans le périmètre de la ZFE. La référence se fera sur la classification Crit’Air. À la fin du mandat (2026), seuls les véhicules classés Crit’Air 0 et 1 seraient autorisés, excluant ainsi plus de 40% du parc automobile actuel.

Les premières victimes de l’interdiction de ces véhicules seront avant tout les salariés. Le niveau des loyers ou des prix de l’immobilier ont conduit de nombreux foyers à quitter
les centre-villes et à s’éloigner toujours plus loin des bassins d’emplois, avec des trajets parfois longs en distance et en temps.

La responsabilité des émissions polluantes pèserait donc sur les travailleurs et citoyens, sans qu’aucune alternative industrielle, politique ou en termes d’infrastructures ne soit proposée pour y parvenir. Notamment :

  • Quel moyen de transport des voyageurs entre leur domicile et leur lieu de travail, d’autant plus que les milieux populaires poussés hors des centres villes par une politique du logement prohibitive, sont contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre au travail. La très grande majorité des salariés ne dispose pas d’une alternative crédible à l’automobile car les réseaux de bus, tramways, métros, trains, est très insuffisamment développé et très inégal, particulièrement en périphérie de l’agglomération. Les horaires ne correspondent pas forcément aux heures de prise ou fin du travail. Enfin, les temps de déplacement peuvent être très, condamnant ainsi le recours aux transports en commun, d’autant plus en l’absence de prise en charge à 100% de l’abonnement par les entreprises. Dès lors, le recours à la voiture s’avère incontournable.
  • Le transport routier de marchandises, y compris dans les centres villes, ne semblent pas être prises en compte dans la politique de la métropole. L’idée d’un passage des véhicules de livraisons thermiques au « tout électrique » semble quelque peu illusoire au regard des investissements nécessaires sur un si court terme. De plus, l’usage du tout électrique n'est pas une alternative crédible du fait des batteries lourdes, chères, et très peu écologiques.

La CGT Renault a déjà pointé que la démocratisation des véhicules électriques pour usages quotidiens pouvait être possible à condition d’en conserver la production en France et de réduire les marges de profits. Pour les autres usages, dont le transport routier de marchandises, les véhicules hybrides, ou au GNV ou biogaz, peuvent constituer une solution alternative entre moteurs thermiques et électriques.

Cette politique de la Métropole relève d’un manque de clairvoyance peu à même de répondre aux besoins des travailleurs, usagers et citoyens.

C'est pourquoi la CGT Cheminots fait des propositions comme par exemples :

  • la création d’une halte supplémentaire au niveau du pont de Challemel-Lacour, dans le 7e arrondissement, à même de desservir un quartier dont l’activité économique et industrielle se développe (Port Édouard Herriot, Parc de l’Artillerie, Moulin à vent, etc.).
  • La création d’une traversée souterraine Gorge-de-Loup /Bellecour/Part-Dieu/ligne de l’est qui permettrait aux travailleurs de se rendre directement en train sur leur lieu de travail, et de faciliter les déplacements de banlieue à banlieue.
  • La remise en service des ITE (Installations Terminales Embranchées) désertées par la SNCF, qui permettait un accès direct au réseau FRET SNCF pour les marchandises produites dans les entreprises desservies.
  • L’agglomération lyonnaise possède sur son territoire un nombre important d’ITE en sommeil dont certaines sont situées au cœur de la ville.

L’investissement est raisonnable. Ces remises en service doivent aller de pair avec un plan de développement pour le fret ferroviaire. Dans cette continuité, la possibilité d’un tram-fret desservant le centre-ville est également évoquée par la CGT.

Le développement des plateformes de livraison laisse entrevoir un développement de la livraison par mode doux pouvant dépasser celui de la livraison de repas, d’autant plus avec les possibilités ouvertes par l’usage de vélo-cargos. La question du statut des salariés qui fait l'objet de lutte importantes doit être la priorité de ce mode de transport des marchandises.

La mobilité durable pour tous est un droit fondamental qui ne doit pas seulement être réservé aux classes aisées des centres villes, des banlieues ou des campagnes qui eux ont les moyens de s'offrir des véhicules propres très chers, ce qui n'est pas le cas de la plus grande majorité des travailleurs et des citoyens..

La mise en place d’une ZFE ne peut se faire que si les investissements ont été consentis en amont pour proposer des alternatives crédibles au déplacement en voitures pour tous. La transformation des mobilités est un enjeu central dont les travailleurs doivent être acteurs.

Le parti communiste fait des propositions nationales mises en avant par Fabien Roussel dans la campagne des présidentielles, ses élus-es métropolitains également pour notre métropole qui entendent rester vigilants afin que la responsabilité des émissions polluantes ne devienne pas une écologie punitive et excluante pour les classes populaires.

Ainsi Fabien Roussel propose deux mesures concrètes pour une écologie qui respecte les classes populaires :

1) Une prime à reconversion jusqu'à 10 000 euros par foyer pour un véhicule neuf et d'occasion.

2) L'élargissement de cette aide aux véhicules d'occasion Crit'Air 1 ou 2 beaucoup )plus propres, y compris à essence.

Et pour le droit à la mobilité pour tous :

  • Réouverture des petites lignes SNCF.
  • Gratuité des transports en commun urbains et baisse des prix des billets de TER pour les salariés.

Nous pensons qu'il faut privilégier une politique volontariste qui se donne pour objectif de ne pas punir ou exclure les plus modestes. Pour cela, il faut exiger une autre utilisation des richesses dans les entreprises et les institutions de la République. Les profits colossaux des entreprises dont une grande partie est reversée aux actionnaires sous forme de dividendes doivent être particulièrement ciblés. Cela nécessite d'autres critères de gestion fondés sur l'humain, l'emploi et l'environnement et d'autres pouvoirs d'intervention des salariés afin de garantir que les choix de gestion répondront en priorité aux besoins sociaux et aux besoins écologiques.

Il faut combattre et dépasser les critères capitalistes actuels qui privilégient la mondialisation capitaliste et financiarisée qui génère inégalités sociales, insécurité des salariés et des citoyens face aux risques (Explosion-Gaz etc) et pollution de l'air, des eaux, des terres, de la biodiversité due aux flux de transports des échanges à longue distances et à la domination du transport de fret par la route au lieu du train et du fluvial.

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