Législatives 2022. Intervention de Jean-Marc Durand au CN du 3 mai sur le projet d'accord avec LFI

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Législatives 2022. Intervention de Jean-Marc Durand au CN du 3 mai sur le projet d'accord avec LFI

Quand on part d’une hypothèse fausse : obtenir une Majorité de gauche à l’AN avec Mélenchon Premier Ministre, on a beaucoup de chances de chuter sur un résultat qui n’est pas bon. Et ainsi de participer à créer de nouvelles illusions parmi le peuple qui peuvent être graves de conséquence dans un temps où il y a déjà une grande perte de boussole idéologique. Et surtout je pense que cela pervertis notre propre lucidité par rapport à l’accord proposé. Ce n‘est pas la même chose si nous nous pensons dans une future majorité ou dans l’opposition.

 

Je remarque au passage un traitement particulier réservé au PCF par LFI et Mélenchon. Au cours de ces négociations et j’ai du mal à imaginer qu’il soit tout seul dans cette opération, c’est à-dire sans liens avec d’autres forces qui n’ont pas vraiment intérêt à avoir un PCF fort dans le pays.

Concrètement, il nous est demandé de ratifier un accord alors que :

  • Contenu du programme politique final reste incertain. LFI signe un texte programme avec les verts qui dit blanc et un autre avec le PCF qui dit noir…. Par exemple sur énergie.

  • Question stratégique : quel rôle réel du parlement de campagne, quelle logique du fonctionnement d’un intergroupe ? Cela reste flou. Attention à ne pas nous retrouver dans une seringue qui nous amène vers ce que nous avons connu avec les collectifs anti-libéraux !

  • S’agissant du nombre de circonscriptions : 50 c’est juste ce qu’il faut pour avoir un financement autonome. On n’a pas intérêt de perdre un.e candidat.e en route. En l’état rien ne nous assure d’un groupe à l’AN. Sur les 11 sortants toutes ne sont pas re-gagnables, sur les 5 nouvelles on n’est assuré de rien…sauf dans une peut-être !

Le plus grave est que cet accord nous efface de plus de 90% des circos… Que va faire le parti dans les circos et départements où nous n’avons aucun candidat ? Cela efface totalement notre existence pendant la campagne et coupe avec la dimension nationale du PCF qui a déjà été bien entamée par les diverses échéances électorales depuis de nombreuses années.

  • Avoir un groupe à l’AN c’est très important mais l’existence du parti communiste c’est encore plus important et nul doute que cet épisode va à nouveau laisser des traces profondes dans le pari.

  • Et il faut se le dire avoir un groupe communiste signifie que ses membres travaillent en osmose avec le parti communiste, ses instances, à tous les niveaux, qu’ils participent au travail et à la réflexion politique du parti sur les propositions que nous faisons…et portons partout pareil et avec la même détermination.

Car aujourd’hui et ce qui compte le plus, c’est prendre toute la dimension de la situation politique, sociale, économique qui est sous nos yeux ici en France et des contradictions, des tensions internationales qui montent….

Et pour cela il y a besoin d’un PCF présent partout, fort de ses propositions et combattif, un PCF ancré sur des contenus de transformations dont nous disposons mais que nous avons beaucoup de mal, de frilosité à avancer auprès des citoyens et des citoyennes. C’est sur ce terrain que nous ferons la différence et montrerons notre vraie utilité.

Aujourd’hui c’est une défaite pour les communistes.

Il n’y a certes pas de solutions miraculeuses ni merveilleuses mais en tout cas la peur ne peut guider nos choix. Il nous incombe de choisir et en ce qui me concerne je ferai un choix en prenant à témoin l’histoire, et en prenant date devant les communistes, je voterai contre cet accord.