Nouvelle union populaire. Qu'allons nous faire dans cette galère ? Avons nous d'autres choix ? par Michel Pirrottina

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Nouvelle union populaire. Qu'allons nous faire dans cette galère ? Avons nous d'autres choix ? par Michel Pirrottina

La “Nouvelle Union populaire, aux élections législatives” n’enthousiasme pas, elle correspond à un rassemblement qui fait suite au vote utile, c’est toujours dans la logique du dégagisme ! Malgré cela, les communistes veulent participer pour répondre à l'exigence d'une profonde transformation sociale qui monte dans le pays.

Donc c’est l’avenir, assez rapidement, qui sûrement nous donnera tort ou raison d’avoir voulu en être pour répondre à une forte demande populaire de changement politique. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut rester l’arme aux pieds et qu’il faut mettre en sommeil le vrai problème pour les jours et semaines à venir, c'est que le PCF apparaisse sur le terrain des idées et des luttes politiques concrètes à construire sans être dans la confusion mais bien tanqués avec notre projet politique.

Ne soyons pas dans l’oubli du passé... Dans la période vécue actuellement, tout a un goût de déjà vu et rappelle étrangement et malheureusement plus 1981 que 1936.

En prime, il faut ajouter la décomposition des partis politiques remplacés par des hommes “providentiels”.

Notons la faiblesse en nombre et idéologique du mouvement syndical, dont la CGT, ... et de surcroît un PCF très affaibli idéologiquement et avec une composition sociologique hors sol (un parlement, le Conseil national, où prédomine les élus et les hommes de l’appareil avec une absence notoire du monde du travail).

Attention aux lendemains qui chantent faux ! D’autres pays en Europe et dans le monde l’ont payé cash !

En effet, tout ce nous pouvons craindre dans les mois à venir si nous sommes majoritaires avec “Nouvelle Union Populaire écologiste et sociale”, ce qui est une sérieuse éventualité, ce rassemblement aux contenus assez hétéroclites et peu définis sera minoritaire dans le pays (c'est le jeu des élections législatives).

Déjà ce qu'il faut constater c'est que de n'avoir pas lâché sur la candidature de Fabien Roussel à la présidentielle (alors qu'en interne il y avait une opposition affichée jusqu'à la fin de la campagne électorale de Fabien Roussel, les mêmes qui ont criée jusqu’à maintenant "Union, Union" sans contenu) nous aurions négocié avec Jean-Luc Mélenchon et sa France Insoumise le prix des chrysanthèmes pour l'enterrement du PCF.

Ensuite, me situant dans la probabilité d’une victoire de la “Nouvelle Union Populaire écologiste et sociale”, il me semble que les communistes doivent déjà réfléchir aux batailles des idées que nous avons à mener en particulier sur le volet crucial de l'économie, de l’emploi, de la formation (la Sécurité Emploi et Formation)...

Une bataille politique est déjà engagée avec les sociaux-démocrates et les sociaux-populistes, en tenant compte d'une grande faiblesse idéologique du mouvement syndical (dont la CGT et la FSU). Car, nous les communistes, nous savons bien que la transformation de la société ne peut avoir lieu qu'avec une montée en puissance des luttes politiques et sociales.

Il nous faut aider par nos idées, nos propositions, nos combats et luttes politiques concrètes à ce que le mouvement social prenne de l'ampleur pour que les gens eux mêmes se donnent les moyens de leurs exigences de transformations sociales.

Ainsi, le PCF, ses militants, ses élus attachés à une visée de dépassement du Capitalisme, pourront porter dans des luttes politiques les éléments programmatiques qui ne sont pas dans l'accord comme par exemple, le financement de la sécurité sociale, le mix énergétique, la sécurité d’emploi et de formation.

Depuis ce mardi 3 mai 2022, chacun y va de sa formulation la plus creuse possible, en faisant un rapprochement entre la “Nouvelle Union Populaire écologiste et sociale” et le “Front Populaire”. Attention aux raccourcis désastreux et faux, nous ne sommes pas en 1936, nous sommes dans une crise du capitalisme de longue durée d'une profondeur structurelle non égalée, nous sommes avec un conflit armée en Europe qui peut déboucher sur un conflit mondial et le mouvement révolutionnaire en France avec le PCF comme dans toute l’Europe, est très affaibli.

Après cette séquence électorale qui aura été marquée par la prégnance des illusions et du grand soir dans le peuple de gauche, y compris chez les militants et sympathisants communistes, il faut engager un nécessaire grand travail de confrontation publique d'idées et de propositions avec le programme non transformateur de Jean-Luc Mélenchon et ses conceptions populistes.

Pour le PCF et les communistes, le 39ème Congrès est le moment crucial pour faire accéder à la direction nationale une génération de militants qui sont entrés au Parti Communiste Français pour qu'il fasse autre chose que tenter perpétuellement de sauver les meubles en perdant son âme.

Cela exige d'avoir un PCF beaucoup mieux armé idéologiquement et renforcé par l'adhésion de salarié.e.s de toutes les composantes du monde du travail. Pour dire les choses clairement il faut amplifier au 39ème Congrès ce que nous avons entrepris avec le 38ème Congrès.

Publié dans Législatives 2022

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article