Robert Rivoire nous a quittés...

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Robert Rivoire nous a quittés...

Né le 13 décembre 1938 à Lyon (Rhône), Robert Rivoire était le fils d’un mutin de la Mer Noire qui avait refusé l’intervention militaire de la France contre la jeune république soviétique. Il a effectué son apprentissage chez Piochon, avant d’effectuer son perfectionnement aux établissements Lacollonge à Villeurbanne (Rhône) où il adhère à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) et à la CGT en 1956, à l’âge de 18 ans. Il a obtenu son CAP d’outilleur-mouliste.

 

Après son service militaire, il a épousé Liliane, avec laquelle il eut deux filles. Ils vécurent quelques mois à Paris, où Robert Rivoire trouva un emploi à l’Alsthom. De retour à Lyon, il est embauché comme ouvrier professionnel chez Gabrielle à Villeurbanne où il a créé le syndicat CGT en 1962 et a été élu secrétaire du comité d’établissement. Licencié en 1968 pour avoir participé aux 37 jours d’occupation durant les grèves de mai-juin, il a mené, avec les salariés de cette entreprise, une lutte longue de plusieurs mois pour obtenir sa réintégration.

En 1969, il se syndique chez Berliet, devenu Renault Véhicules Industriels (RVI) et aujourd’hui Renault Trucks, à Vénissieux (Rhône).

L’un de ses premiers combats a été de lutter contre l’implantation de la Confédération Française du Travail (CFT), un syndicat d’extrême-droite, chez Berliet et de participer à la mobilisation victorieuse contre le licenciement de trois responsables du syndicat CGT de l’entreprise.

En 1973, il est élu secrétaire général de l’Union des syndicats CGT des travailleurs de la métallurgie (USTM) du Rhône suite au décès de René Lesquirra. Au milieu des années 1980, il est désigné responsable régional de la métallurgie Rhône-Alpes, mandat qu’il a assumé jusqu’en 1997.

Il s’est investi dans les nombreuses luttes menées durant cette période : Titan Coder, Amtec, Gendron, Pont-à-Mousson, la SMI, Vidéocolor, Paris-Rhône, Manufrance, Calor ou encore chez RVI. Dans les années 1980, il a pris une part très active dans les mobilisations contre la privatisation de la Régie Renault et l’externalisation de RVI prévue par l’accord Renault-Volvo.

Une grande victoire fut obtenue pour neuf militants CGT de l’entreprise, licenciés et finalement réintégrés grâce à la solidarité exprimée dans tout le département et une manifestation historique de plus de 30 000 personnes à Lyon.

Il a été élu au Comité Exécutif de la Fédération CGT des travailleurs de la Métallurgie du 28e au 35e congrès fédéral, de novembre 1973 à mars 1997. Il a intégré le Bureau Fédéral à l’occasion du 32e congrès fédéral, en 1986, avant de quitter son mandat en 1997.

Retraité, il n’a pas abandonné l’activité syndicale et s’est investi dans la section syndicale des retraités Renault Trucks Vénissieux, ainsi que dans le Conseil National de l’Union Fédérale des Retraités (UFR) de la Métallurgie de 1997 à 2009. Il a été élu à son Bureau Exécutif de 1997 à 2002.

Amoureux des abeilles, il était un féru d’apiculture. Pendant plusieurs années, cela fut son passe-temps favori à Aspres-sur-Buëch (Hautes-Alpes) où il avait été élevé durant la Seconde Guerre mondiale et où depuis, il passait les week-ends avant d’y couler une retraite paisible avec son épouse.

Robert Rivoire a adhéré au Parti Communiste Français chez Gabrielle et y a été fidèle jusqu’à son dernier souffle. Il a été élu membre du Comité Fédéral puis du Bureau de la Fédération du Rhône, nouant des liens étroits avec Jean Capievic, futur maire de Vaulx-en-Velin ; avec Marcel Houel et André Gerin, maires de Vénissieux et enfin avec Camille Valin et Martial Passi, maires de Givors.

Bernard Lamirand, lors de l’hommage aux partants prononcé à l’occasion du 9e congrès de l’UFR en 2009, disait de lui : « Robert a été de tous les combats. Et puis, la modestie de Robert en souffrirait si je développais. Robert m’a toujours impressionné par ses connaissances en matière de politique industrielle, par des interventions faites ʺaux petits oignonsʺ comme on dit ; certainement à la manière de ces grands cuisiniers lyonnais qui savent si bien faire La Rosette de Lyon avec un bon Saint-Joseph du meilleur cru. Robert a toujours pris de la hauteur dans les débats. »

Robert Rivoire nous a quittés le 28 juin 2022.

Sources : Archives de la FTM-CGT, en particulier les comptes rendus de congrès de la FTM-CGT et de l’UFR. — Hommage rendu par Jean Chambon, le 24 janvier 2017. — Le Progrès, 6 janvier 2017. Rédaction Emeric TELLIER.

Ses obsèques auront lieu le mardi 5 juillet 2022

  • Levée du corps à 14h 40 à l'hôpital de Veynes dans les Hautes Alpes
  • La Cérémonie religieuse aura lieu à 15h 30 à l'église d'Aspres sur Buëch (Hautes Alpes)
  • L’inhumation aura lieu à 16h 30, au cimetière d'Aspres sur Buëch

Les fleurs sont acceptées.

Les messages à la familles sont à envoyer à l'adresse mail suivante : robert.rivoire05@orange.fr

 

Publié dans syndicats, PCF

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