L’Algérie brigue une adhésion au groupe des Brics !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Alger multiplie les initiatives en direction des pays émergents, dans un contexte de guerre froide avec le Maroc.

 

L’actualité politique algérienne tourne au rythme d’une offensive diplomatique inédite depuis au moins deux décennies. Après la tenue à Alger, les 1er et 2 novembre, du sommet de la Ligue arabe, c’est à présent la perspective de se joindre à l’attelage des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui fait la une des médias proches du pouvoir.

 

Le feu vert de la Russie et de la Chine

 

« Un pas vers la cour des grands », titrait, mardi, le quotidien francophone l’Expression. L’Algérie aurait déjà le feu vert de la Russie et de la Chine, a affirmé lundi la diplomate Leïla Zerrouki sur une radio publique. « L’adhésion à ce groupe mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre les deux pôles », avait souligné, en août, le président Abdelmadjid Tebboune.

 

Rejoindre les Brics, qui représentent 25 % du PIB mondial et 18 % du commerce international, serait en effet une percée décisive pour les ambitions de diversification des échanges, notamment, affichées par le pouvoir. Lequel tente en même temps de contenir les tensions sociales au moyen de mesures spécifiques : allocation-chômage, blocage des prix des produits de base, lutte drastique contre la spéculation.

 

Alger et son offensive diplomatique

 

Cette perspective permet surtout à l’Algérie de marquer des points sur le terrain de la politique étrangère, face à un Maroc épaulé par Israël et galvanisé par le retour possible de Donald Trump, qui a reconnu en décembre 2020 la « souveraineté » du royaume chérifien sur le Sahara occidental. La guerre en Ukraine a cependant bouleversé les rapports de forces.

 

Alger mène désormais tambour battant une offensive diplomatique en jouant la carte de ses richesses énergétiques et de son potentiel économique. La course est lancée entre les deux pays dans un contexte de guerre froide en territoire maghrébin.

 

La Tunisie en crise, quant à elle, est sortie de sa neutralité traditionnelle pour se rapprocher ouvertement de l’Algérie, dont l’aide est plus que jamais précieuse. « L’Algérie joue le même jeu que le Maroc, c’est-à-dire qu’elle tente de se rendre indispensable en mettant en avant ses capacités à négocier, à commercer, à être un pont entre l’Afrique, l’Afrique du Nord et l’Europe », explique Khadija Mohsen-Finan, spécialiste du Maghreb, enseignante à Paris-I.

 

Malgré des résultats peu perceptibles et l’absence de plusieurs chefs d’État (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Oman, Émirats), l’organisation du sommet de la Ligue arabe et l’adhésion aux Brics font que, à Alger, l’heure est au triomphalisme. Ce qui permet, par ailleurs, de jeter un voile sur la répression des idées et sur le sort des prisonniers d’opinion.

 

Nadjib Touaibia  Article publié dans l'Humanité

Publié dans Afrique, International

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