39ème congrès du PCF. Intervention de Pascal Joly au CN des 3 et 4 décembre.

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Je voudrais tout d’abord souligner le travail collectif et le sérieux que je perçois, à la lecture du texte qui nous est proposé aujourd’hui pour servir de base commune, en vue de la préparation de notre prochain congrès.

 

Plus j’avançais dans la lecture, plus j’y retrouvais, globalement, le sens de ce qui a fait mon engagement au PCF. Je me retrouve bien dans la philosophie et l’orientation générale du texte. Même si certains points restent à préciser, comme le rôle des institutions, locales ou nationales, et d’une position claire sur la sortie de l’OTAN. Il y aura sans doute beaucoup d’amendements qui seront le fruit du débat et de l’intelligence que représentent les communistes en collectif et qui ont l’ambition de faire avancer les choses.

 

Il s’agit donc bien d’une base, et je la prends comme telle, qui sera enrichie, j’y contribuerai, et qui peut être le socle sur lequel peuvent se retrouver les communistes.

 

J’y trouve une analyse de la situation dans laquelle nous sommes, des enjeux auxquels nous sommes confrontés, et du haut niveau de réponse à y apporter. Car cela va être un des éléments phare, et déterminant, de notre prochain congrès. J’ai été particulièrement attentif à tous les passages qui traitent de nos rapports avec les forces sociales et singulièrement des syndicats de salariés. Nous sommes loin d’une conception de courroie de transmission. Et personnellement je pense que c’est tant mieux pour tout le monde. Même si je pense, aussi, qu’un regard plus affiné et précis sur le paysage syndical aujourd’hui et ce qui le structure me parait nécessaire. Des rapports de force entre elles. Avoir un mouvement syndical dominant, qui nie la confrontation de classe, ne nous place pas tout à fait dans la même situation qu’avec un syndicalisme qui affirme que la lutte de classe est toujours une réalité et qui a décidé de la mener. Sans nous immiscer dans les affaires internes aux syndicats, mais bien parce que nous pensons qu’ils sont un élément indispensable pour participer au rapport de force et pour nous engager dans un processus de transformations radicales et révolutionnaires.

 

La lecture que fait chacune de ces organisations, des rapports sociaux, mérite, au moins, une actualisation. Ce débat existe, aussi, en interne de chacune d’elles. Mon appréciation, est que notre affaiblissement politique, parallèlement a ce que je dis précédemment, voit aussi le retour d’une conception anarcho-syndicaliste, qui, par nature, nie la nécessité de l’intervention politique. Cela peut être un handicap pour notre volonté de construction d’une alternative politique, et d’un débouché aux attentes sociales tel qu’affirmé dans le texte qui nous est proposé.

 

Ce syndicalisme a été à la base de la création de la CGT par exemple. Et il a longtemps dominé sa conception. Le syndicalisme, dans ses textes de congrès, prend soin de réfléchir à son rapport à la question politique et aux partis politiques. Je pense que nous devrions avoir la même démarche. Notre affaiblissement politique et idéologique, se ressent dans le débat politique général. Mais il n’a pas épargné le mouvement syndical. Et je pense qu’il est, en partie, responsable du rapport de force interne au paysage syndical actuel. Conjugué à l’intense bataille idéologique que mène le patronat et les différents pouvoirs, médias inclus.

 

Dans la bataille idéologique actuelle que mène la classe dominante, il y a aussi cette volonté, déjà engagée, de substituer a la situation de salarié, donc à la conscience de classe, des réflexes de consommateurs. Ce qui lui permet de jouer sur la rivalité supposée entre salariés. Et d’espérer effacer cette conscience de classe. Ce qui justifie et valide, plus que jamais, une des priorités présentes au 38ème congres, qui a fait l’objet de la réunion d’un conseil national avec un vote unanime, à savoir, la reconquête de notre influence et de notre présence comme parti dans les entreprises. Depuis 4 ans le travail a été engagé, avec quelques résultats qui montrent que c’est possible et qu’il faut poursuivre et amplifier, tel que le texte proposé comme base commune le souligne et en réaffirme la nécessité.

 

Car le constat que je fais, est qu’il y a effectivement des luttes, souvent gagnantes, souvent à propos des salaires, mais souvent limitées au périmètre des entreprises, et qui peinent à trouver une démarche convergente. Et que c’est sans doute le résultat d’un affaiblissement politique. Soyons attentifs aux luttes qui se déroulent en ce moment. Souvent sur les salaires et souvent gagnantes. Mais elles peinent à trouver leur expression convergente. Elles traduisent à mon avis, l’affaiblissement de la conscience de classe. Lui-même résultat de notre affaiblissement politique dans le débat public jusqu’à récemment.

 

Pour terminer, a propos de la question de la retraite, beaucoup dépend de ce que nous faisons entrer dans le calcul des annuités, mais je pense qu’il nous faut être clair et fermes. Je pense qu’il nous faut exiger l’abrogation de la loi Balladur de 1993 qui avait été un recul énorme pour les salariés.


 


 


 

Publié dans PCF, 39ème congrès

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