39ème congrès. Intervention de Denis Durand au CN du PCF des 3 et 4 décembre.

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Au 38ème congrès, l’unité du Parti s’est faite sur le projet communiste, tel qu’il était énoncé dans un texte qui a été voté à plus de 80 %. C’est à nouveau sur le projet communiste, tel que le définit, dans les mêmes termes, le projet de base commune, que nous ferons l’unité au 39ème congrès.

 

Le projet communiste consiste à inscrire les réponses aux exigences immédiates dans un processus révolutionnaire conduisant à un changement de civilisation.

 

En simplifiant à l’extrême, on peut dire qu’une civilisation, c’est la combinaison de deux systèmes qui interagissent avec le système écologique et entre eux : le système économique et le système anthroponomique, celui des relations par lesquelles les êtres humains se construisent, dans les relations entre générations, dans les relations au travail, dans la vie politique, dans la vie intellectuelle et psychique. Ce sont ces trois dimensions – écologique, économique et anthroponomique – que le projet communiste veut révolutionner conjointement.

 

Les conditions de cette nouvelle civilisation se créent dès aujourd’hui, dans la crise du capitalisme financiarisé et mondialisé. Elles se créent dans l’incapacité du capitalisme et du libéralisme à répondre aux exigences dont la révolution informationnelle est porteuse et qui sont constitutives du communisme : exigences de partage des informations, des savoirs mais aussi des pouvoirs et par conséquent des richesses et des rôles de chacun dans la société.

 

Mais le communisme n’est pas « déjà là » : ce qui domine de façon délétère, c’est la logique du capital, avec toute sa perversité sociale, morale et politique, et avec l’inefficacité économique et écologique croissante qui résulte de la suraccumulation du capital au regard des critères de rentabilité qui, de part en part, régulent notre système économique.

 

C’est seulement à l’issue de ce que l’on peut appeler une transition socialiste qu’une nouvelle logique, communiste, pourra s’imposer à travers un affrontement multiforme avec la logique du capital. Au XXIe siècle, cela ne peut se faire que par un essor sans précédent de la démocratie, but et moyen de notre projet, par le dépassement de toutes les délégations de pouvoirs constitutives du libéralisme ; c’est-à-dire par une révolution politique d’un type très nouveau, nécessitant l’action autonome, dans les luttes, dans les batailles d’idées et dans les institutions, d’un parti attaché à faire converger, en leur proposant une perspective révolutionnaire, les forces dispersées qui cherchent une issue à la crise du capitalisme et du libéralisme.

 

Cette cohérence du projet communiste est très puissante pour nous aider à appréhender les bouleversements qui transforment à une vitesse accélérée le monde contemporain, et pour nous donner les moyens d’agir sur des enjeux de plus en plus complexes qui, sinon, pourraient sembler défier nos cadres de pensée et d’action traditionnels.

 

Il en va ainsi de l’enjeu européen.

 

Cet enjeu est partout dans la vie de chacun d’entre nous, des dangers explosifs liés à la guerre en Ukraine jusqu’au prix des carburants poussé à la hausse par la montée du dollar contre l’euro. L’objectif central, essentiel, structurant de notre campagne pour les élections européennes de 2024 doit être de faire monter et de faire converger les batailles contre cet état de choses et de les aider à se donner une perspective.

 

Précisément, notre projet communiste d’un monde de coopération et de paix a besoin d’une construction européenne radicalement différente de l’Europe que nous connaissons aujourd’hui, dominée par le capital, verrouillée par une BCE prétendue indépendante, et servile envers l’impérialisme américain :

 

  • une Europe de la démocratie et de la souveraineté populaire et non d’une fuite en avant fédéraliste ;

 

  • une Europe de la solidarité, accueillante pour les migrants et pour les réfugiés ;

 

  • une union de nations et de peuples libres, souverains et associés qui use de son poids et de son influence pour remplacer pacifiquement, avec tous les alliés qui le souhaitent, l’hégémonie de Wall Street et du dollar par de nouvelles règles dans les relations internationales ;

 

  • une construction européenne sociale et écologique, où l’argent de la BCE est utilisé pour un essor des services publics, de l’emploi et des productions écologiques, avec notre proposition majeure de création d’un « Fonds de développement social et écologique européen ».

 

Cette élection, à la proportionnelle intégrale, sera l’occasion, pour tous les courants politiques, de faire connaître leur projet de société à nos concitoyens. C’est parce qu’ils paraissent porteurs d’un projet bien identifié que les Verts ou le Front national obtiennent traditionnellement de forts pourcentages à cette élection. Il dépend de nous de mettre en avant le projet communiste. Il est donc indispensable que le congrès décide de créer sans attendre les conditions d’une liste de rassemblement présentée par le PCF et porteuse du projet communiste pour l’Europe et pour la France.

 

Une mise en œuvre audacieuse et créative de cette décision sera à mes yeux la pierre de touche de la réussite du 39ème congrès.

Publié dans 39ème congrès, PCF

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