Le retour de la retraite à 60 ans, c’est possible !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Au projet libéral de réduction des dépenses publiques, le programme du PCF oppose celui de l’augmentation des recettes avec une autre fiscalité et par la création de richesses nouvelles résultant d'un politique offensive pour l'emploi. De quoi financer la baisse de l’âge légal de départ et la hausse des pensions.

 

«Une provocation », « un coup de force », « une menace de grande régression »… les qualificatifs ne manquent pas à gauche en réaction au projet de report de l’âge de la retraite d'Emmanuel Macron. Et ce ne sont pas non plus les propositions alternatives qui font défaut à la gauche, contrairement à ce que l’Élysée se plaît à prétendre, assénant à chaque occasion qu’« il n’y a qu’un moyen de faire : puisqu’on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps ».

 

"Travailler mieux, tous et moins" et "vivre sa retraite en bonne santé"

 

À ce « travailler plus » entonné sur l’air du « There is no alternative » thatchérien, les communistes opposent le « travailler mieux, tous et moins et profiter de sa retraite en bonne santé". Comme le disait Ambroise Croizat : notre ambition est que la retraite ne soit plus l'antichambre de la mort !

 

Les communistes ont inscrit dans leur programme de "Jours heureux" le retour à la retraite à 60 ans Sur ce plan, si les quatre formations de gauche prévoient dans leur programme commun électoral de mai dernier pour les législatives, le retour à la retraite à 60 ans, des différences existent sur les conditions à réaliser qui ne sont pas mineures. LFI est pour 40 annuités, le PCF pour 37.5 annuités alors que EELV et le PS sont pour le maintien de la retraite à 62 ans. La députée écologiste Sophie Taillé-Polian, propose que la mesure à 60 ans soit pour ceux « qui ont commencé tôt, qui sont abîmés par le travail ». La forces de gauche proposent de rétablir les facteurs de pénibilité supprimés par Macron.

 

« On veut une retraite en bonne santé, on ne veut pas la retraite pour les morts ou des travailleurs trop fatigués pour en profiter », explique le député communiste Pierre Dharréville, estimant qu’« on a le droit à un moment de sa vie d’être libéré du travail prescrit » et de « fournir une forme de travail choisi au profit de la société, de ses proches ».

 

Contrairement au chef de l’État, dont le projet est soutenu par seulement 22 % des Français selon l’Ifop, la gauche peut se targuer d’un appui populaire avec 71 % d’opinions favorables à un retour à 60 ans, selon un sondage de février du même institut.

 

Pas question non plus pour les forces de gauche de sacrifier la qualité de la retraite. « Le niveau des pensions doit impérativement être réévalué », estime un député PS. Elles entendent ainsi porter « a minima au niveau du Smic revalorisé à 1 500 euros toutes les pensions pour une carrière complète, le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté » et « indexer le montant des retraites sur les salaires ». Le Parti Communiste propose par ailleurs que soient prises en compte les années d'étude dans le calcul des annuités.

 

Les solutions ne manquent pas pour le financement

 

Comment financer ? « Les gains de productivité accaparés par le capital permettent largement de financer le maintien d’un véritable droit à la retraite », affirme Pierre Dharréville, dont la formation plaide pour remettre la cotisation sociale au cœur du système. Le partage de la valeur entre capital et travail serait ainsi à rééquilibrer, en commençant, propose la gauche, par soumettre à cotisation patronale les dividendes, la participation, l’épargne salariale, les rachats d’actions. Les hauts salaires seraient aussi mis davantage à contribution avec une sur-cotisation.

 

Au total, l’alignement de la participation des revenus financiers sur ceux du travail pourrait rapporter 30 milliards. « Ce n’est pas aux gens qui triment de payer la facture en temps de vie », résume l’insoumis David Guiraud.

 

Les possibilités ne manquent donc pas pour financer ce progrès social : 1) l’augmentation des salaires (1 % de hausse rapporte 2,5 milliards); 2) La Sécurité d'emploi et de Formation visant à l'éradication du chômage permettrait des milliers de créations d'emplois et donc autant de salaires et de cotisation; 3) La suppression des exonérations de cotisations (dont 20 milliards de Cice) qui s'élèvent en année pleine à 157 milliards; 4) L’égalité salariale homme-femme rapporterait 4 milliards de plus.

 

Et la gauche propose aussi des économies : sur les allocations chômage des seniors, dont le taux d’emploi entre 55 et 64 ans est de seulement 56 %, et sur celles des jeunes, pour lesquels des postes se libéreront.

 

Tout cela démontre qu'il est possible de reconquérir le droit à la retraite à 60 ans et d'améliorer les régimes spéciaux, en rappelant que l'âge de 60 ans est un droit à partir et non une obligation. Chacune et chacun ont la liberté de continuer à travailler s'ils le désirent et si leur patron le veut bien. Ce qui est essentiel, c'est que le salarié peut décider lui-même et a les droit de choisir, rien ni personne ne peut l'obliger à rester au travail ou à partir en retraite !

 

Bien sur cela suppose qu'ils aient les moyens de vivre en retraite. C'est pour cela que la bataille pour le retour à 60 ans du droit à partir en retraite est indissociable de celle pour la revalorisation des pensions et de celle pour une amélioration de notre système de santé afin que la retraite se vive dans une sécurité pleine et entière pour les retraités et futurs retraités.

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