Retraite. Mme Borne annonce à la presse les grandes lignes de cette réforme réactionnaire !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Bien que le cycle de concertation avec les syndicats ne soit pas fini, la Première ministre  dévoile les pistes de sa réforme des retraites, au journal Le Parisien. Le projet complet sera présenté le 15 décembre. Une façon de dire aux partenaires sociaux "discutez, discutez, moi je fait !". En réalité, le duo Macron-Borne en utilisant cette période des fêtes tente de prendre de vitesse le mouvement social !

 

Des questions lourdes sont posées. Faut-il un report du droit à partir à la retraite à un âge fixé par la loi, aujourd'hui de 62 ans ? Quel sera le report progressif de cet âge légal de départ à la retraite 64, 65 ou 67 ans? E. Borne assure ne pas avoir fait son choix mais affirme cependant que "l’engagement porté dans la campagne d’Emmanuel Macron, c’est 65 ans. Passer de 62 à 65 ans d’ici 2031...".

 

Mais à ce jour la principale difficulté de l'exécutif est de démontrer chiffres à l'appui que le système est en déséquilibre financier alors que le COR a montré que cela ne serait pas le cas.

 

Toutes les gesticulations de Mme Borne seront d'éviter que la clarté se fasse sur son objectif réel, celui de faire des économies sur le dos des 62 à 67 ans qui cotiseront 5 ans de plus mais ne percevront pas de pension de retraite car ils seront encore au travail, ou en maladie ou au chômage car jugés trop vieux par le patronat ou déjà dans leur tombe pour les plus usés notamment la masse des ouvriers et des employés !

 

Quand on aborde ces questions avec les gens, ils sont outrés par de telles mesures et beaucoup trouvent honteux de faire mourir des vieux de travail et de l'autre de voir mourir des jeunes du chômage et de la précarité ! Comme beaucoup le pensent cette société marche à l'envers, il est temps de la transformer en remettant les choses à l'endroit avec des idées nouvelles, modernes et surtout efficaces aux plans humain,  social et économique !

 

L'os à ronger par Mme Borne va être dur, très dur ! Devant la difficulté, elle tente le marchandage et se dit prête à consentir de reporter l’âge légal qu'à 64 ans en contrepartie d’un allongement de la durée de cotisation. La belle arnaque se prépare ! Qui tombera dans le piège tendu ? Mme Borne ouvre vite la porte :  "On sera à l’écoute des propositions des uns et des autres", promet elle...Elle va donc jusqu'à inviter à l'hara-kiri ! Quel fou osera se suicider ?

 

Toujours dans le marchandage, elle parle de l’intégration du congé parental dans le calcul de la durée des cotisations et d'un minimum de pension de 1.200 euros pour une personne qui a tous ses trimestres mais elle ne nous dit pas ce nombre. Si le nombre de trimestres est de 256 correspondant à 64 ans de carrière En fait très peu de personnes y accéderont en particulier celles et ceux qui ont une carrière trouée par le chômage, les temps partiels et la précarité. On se dirige droit vers une baisse des pensions dans la logique terrible de la réforme Balladur de 1993.

 

Concernant les carrières longues, "permettant de partir deux ou quatre ans avant l'âge légal'', devrait être "maintenu et même assoupli" pour les personnes qui ont réellement commencé à travailler très tôt mais là aussi elle ne dit pas l'âge et n'avance aucune modalité sur ce point.

 

La Première ministre confirme qu'elle voudrait que "la réforme s’applique à partir de l’été 2023” et que les premiers concernés soient les Français nés au deuxième semestre 1961. Le mécanisme du report progressif devrait être établi à quatre mois de travail supplémentaire par année. 1961 (62 ans + 4 mois) - année 1962 (62 ans+8 mois) - 1963 (62 ans + 1 an) - 1964 (62 ans + 16 mois) - 1965 (62 ans + 20 mois) - 1966 ( 62 ans+ 2 ans)- 1967 (62 ans + 28 mois) - 1968 (62 ans + 32 mois) - 1969 (62 ans + 3 ans).

 

Nous sommes choqués de tels propos, d'autant que d'autres propositions sont sur la table, mais la 1ère ministre n'en parle pas et ne les évoque même pas. A penser qu'il s'agit d'un déni de démocratie, il n'y a qu'un pas ! Elle aurait pu nous dire un mot sur la proposition du retour de l'âge légal à 60 ans avec la prise en compte des années d'étude comme elle aurait pu nous dire un mot sur le devenir des régimes dits "spéciaux" qu'elle n'évoque pas et pour cause, elle risque de se trouver face au gigantesque mur du refus du recul social !

 

Qu'elle veuille ou pas, le débat est ouvert dans la société, les mobilisations s'organisent et l'unité se construit, la lumière progresse et les idées du passée que porte Mme Borne comme sa logique ultralibérale n'ont pas encore la partie gagnée. L'affrontement de classe aura lieu, il est inévitable !
 

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