39ème congrès. Le communisme comme but et chemin par René Fredon

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Le monde marche sur la tête. Les peuples sont confrontés à des défis colossaux de tous ordres, amplifiés par la guerre russe en Ukraine qui va entrer dans sa deuxième année sans qu'on voit le dialogue s'amorcer !

 

Les scientifiques nous alertent depuis plus de vingt ans sur l'état de la planète. Macron, lors de ses voeux pour 2023, se demande "qui aurait pu prédire la crise climatique ???" Un comble, alors que le dérèglement climatique s'accélère !

 

Il est la conséquence des activités humaines, de la surexploitation des océans et de la terre à des fins productivistes épuisant les salariés.es ainsi que les ressources gratuites, doublées des pollutions exponentielles de leur transformation en marchandises, de leur transport avant d'être vendues selon la "loi du marché" et l'exigence de rentabilité des investisseurs capitalistes dont le système est devenu obsolète.

 

Il n'est pas en mesure de changer de logiciel, ce n'est pas dans son ADN de sauver la planète pas plus que de réduire les inégalités que subissent les peuples à travers leurs conditions de vie, matérielle et sanitaire, leur sécurité, leur avenir et celui de leurs enfants...

 

Que deviennent l'égalité des chances, l'égalité hommes-femmes, l'accueil des migrants, les ségrégations en tous genres, l'éradication de la pauvreté, la justice sociale, la laïcité, la culture tout court et la culture de paix ..? Ils sont les résultats des choix antérieurs et présents fondés sur la compétitivité au profit des plus "forts" économiquement et militairement.

 

C'est ce fil que je retrouve, approfondi, dans le texte approuvé majoritairement par le CN (84 voix pour, 55 contre et 5 abstentions) qui constituera la base sur laquelle le 39è congrès débattra. Un autre texte a été annoncé et porté à la connaissance des militants, lesquels auront à se prononcer sur le vote majoritaire des congressistes. Ce qui n'est pas un détail anodin en matière de souveraineté des adhérents.

 

Le texte élargit les avancées du précédent congrès, mettant fin aux tendances lourdes des directions précédentes de faire du parti une force d'appoint et non un point d'appui déterminant, au prétexte que son affaiblissement nécessiterait plus de concessions sur le contenu pour élargir la base du rassemblement. Argument des plus discutable.

 

"L'ambition communiste pour de nouveaux jours heureux" fait du projet communiste une réponse d'actualité révolutionnaire. Justement en raison des enjeux de société et même de civilisation qu'il nous faut affronter. Il précise ce que signifie la visée communiste, une appropriation sociale des biens essentiels, la gestion et la propriété commune des grands moyens de production, d'échanges et de financement. Pas seulement le partage des richesses...

 

Certaines pratiques révélées par les communistes de l'ex-Union soviétique, ont dans le passé, entâché le sens du mot "communiste". Ce qui ne saurait faire oublier ce que l'Europe et le monde doivent au peuple soviétique dans la victoire collective sur le fascisme. Ni ce que la révolution d'octobre 17 a apporté au mouvement ouvrier du monde et combien l'après-2è guerre mondiale a stimulé la soif d'indépendance des peuples colonisés.

 

La lutte des classes et le combat des salariés.es restent un levier essentiel du rassemblement à opérer, le plus large possible pour affronter le capital et lui imposer, en fonction du rapport des forces, des droits nouveaux pour les salariés.es dans les entreprises. La défense du travail et du pouvoir d'achat n'a jamais été aussi partagée par les temps qui courent.

 

Il est non moins évident que s'y rattachent la question écologique qui se heurte aux mêmes contradictions et les questions sociétales freinées par les résistances conservatrices au pouvoir et à l'extrême-droite, fausse opposition qui attise racisme, xénophobie, nationalisme, surenchère sécuritaire...

 

En résumé, "le projet communiste se construit comme une réponse écologique, sociale, féministe, antiraciste, internationaliste à ce besoin de révolution, mettant fin à toute forme d’exploitation et de domination."

 

Dans le prolongement de notre propre histoire jusqu'aux conquêtes issues de la Résistance aujourd'hui malmenées mais âprement défendues par un fort mouvement social avec le soutien de tous les syndicats. Mai 68 et novembre 1995 ont été de grandes mobilisations sociales qui ont obtenu des avancées substantielles et le premier retrait du projet Juppé contre ...les retraites.

 

Trente après ils n'y sont toujours pas parvenus. Et Macron se trouve de plus en plus isolé.

 

Un dernier mot sur la stratégie : pour compter, il faut exister, avoir quelque chose à dire, des propositions audacieuses et un maximum d'enthousiasme. Présent dans 50 circonscriptions sur 477, le PCF a payé très cher le rassemblement autour de LFI et de son candidat bénéficiant de l'hyper-présidentialisation de cette élection. La campagne de Fabien Roussel au1er tour nous a redonné de la visibilité, de la perspective. Il fallait certes un socle commun en vue des législatives mais pas nécessairement une structure qui sur-plombe les partis bien qu'ils aient un groupe distinct.

 

La tentation hégémonique, le mode de fonctionnement très vertical sont publiquement reconnus par nombre de militants et dirigeants de LFI. Ce qui ne veut pas dire, bien évidemment, qu'il ne faut plus de concertation et d'actions communes chez les parlementaires de gauche et écologistes et entre structures locales.

 

Comme il est dit dans le texte : "notre responsabilité est de faire grandir une alternative porteuse de progrès sociaux et écologiques..., ses différentes composantes ne peuvent faire l’économie d’un débat sur le projet à défendre, sur la stratégie à mettre en œuvre, sur les relations à bâtir entre elles...Notre capacité à nous investir dans les luttes sociales et à dialoguer avec les mouvements citoyens, à les articuler avec des propositions de transformation sera décisive pour que les forces vives du pays investissent le champ politique..."

 

Ce qui implique de porter nos idées dans toutes les élections, les prochaines étant les Européennes ? Et consacrer toutes nos forces à faire partager nos analyses et propositions novatrices en même temps qu'organiser les ripostes aux défis à relever, les mobilisations populaires du local au global, en pointant les responsabilités politiques de celles et ceux qui freinent la transition sociale et écologique tout en prétendant y être favorables.

 

Le contenu du texte, sa cohérence, sa force, notre projet laissent peu de place à l'indifférence. Que tous les militants s'en emparent et donnent leur avis.


René Fredon

 

Publié dans 39ème congrès, PCF

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