Depuis mercredi 1er février : +4,45% aux péages ! Les autoroutes accélèrent leurs superprofits

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Depuis ce mercredi 1er février, les tarifs au péage ont augmenté de 4,45 %. Ce, alors que Bercy a enterré un rapport de février 2021 prônant la fin des concessions autoroutières.

 

Malgré des bénéfices record en 2022, s’élevant à 3,9 milliards d’euros, les sociétés autoroutières en réclament toujours plus. Ce mercredi 1er février, en pleine contestation contre la réforme des retraites, nourrie aussi des mécontentements liés à la vie chère, les concessions autoroutières vont augmenter leurs tarifs au péage de 4,45 %, après une hausse de 2 % en 2022. L’annonce, qualifiée de non « disproportionnée » par Clément Beaune, avait été faite par le ministre délégué aux Transports début décembre, à l’issue de négociations lancées dès juillet 2022.

 

L’affirmation a de quoi surprendre, au regard de la hausse de 11 % des bénéfices par rapport à 2019, l’année avant la pandémie. D’autant plus que le Canard enchaîné avait révélé, la semaine dernière, une note de Bercy restée jusque-là confidentielle. Le document réalisé en février 2021 par l’Inspection générale des finances et le service de l’inspection du ministère de l’Écologie estimait que les bénéfices des sociétés d’autoroute iraient «contre le principe de rémunération raisonnable ».

 

Notamment pour Vinci et Eiffage qui se partagent les deux tiers du réseau depuis la privatisation en 2006 avec « une rentabilité très supérieure à l’attendu ». Et pour cause, avec près de 12 %, cette dernière surpasserait les prévisions de 2006, alors de 7,67 %. Pour la période 2006-2019, 27 milliards d’euros de dividendes ont été dégagés par les routes de France.

 

À l’été 2022, en pleine négociation entre l’État et les concessions sur les augmentations à venir, Bruno Le Maire avait donc connaissance des bénéfices anormalement élevés réalisés dans cette filière, sur le dos des automobilistes, tout en assurant ne pas savoir « ce qu’était un superprofit ».

 

Dénoncer les contrats ?

 

À contre-pied des positions du ministre de l’Économie et tirant les conséquences de la démesure, la note avance trois pistes : la baisse des tarifs des péages de 60 %, le prélèvement de 63 % de l’excédent brut d’exploitation et enfin la mise à terme, avant la fin des contrats, des concessions accordées.

 

Le document précise que seule cette dernière piste, régulièrement réclamée au Parlement par le groupe communiste, serait légalement envisageable. « Une reprise anticipée est juridiquement possible. Nous considérons que la voie de la dénonciation des contrats peut être envisagée : au motif de l’intérêt général, comme le proposait le rapport Chanteguet (sur la place des autoroutes dans les infrastructures de transport, datant de 2014 – NDLR), note la présidente du groupe CRCE au Sénat, Éliane Assassi, mais également au titre du principe constitutionnel interdisant aux personnes publiques de consentir des libéralités. »

 

Pressé de mettre un terme à la polémique, le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, affirmait dimanche avoir « passé des semaines à négocier avec les sociétés d’autoroute des ristournes pour les abonnés ». Et Vinci d’annoncer lundi un geste minime « au bénéfice des déplacements domicile-travail » pour les automobilistes en « bloquant » le prix de la majorité des trajets courts sur ses réseaux.

 

Nahim Sakhi  Article publié dans l'Humanité

Publié dans Politique nationale

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