Intervention de Jean-Marc Durand au CN du PCF des 4 et 5 février
Le résultat du vote de la base commune du 39ème congrès est remarquable.
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Il confirme dans un temps pas facile, alors que les coups tombent de partout, invitant au repli, un choix d’orientation fait au 38ème congrès, choix qui était, même si on l’a peu dit, un vrai évènement politique tant il était porteur de novation et d’un nouveau champ du possible pour le Pcf, en fait pour le communisme.
Un signe fort, clair, responsable vient une seconde fois en 4 ans, d’être envoyé pour la re-construction d’un parti communiste révolutionnaire qui, en ce début de 21ème siècle prenne toute sa place dans le débat politique et porte une transformation radicale de la société. C’est du même coup, un vrai signal envoyé à toute la société pour la mise en route d’une phase nouvelle de lutte politique, économique sociale et écologique.
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Ce vote affirme donc en même temps la volonté des communistes de disposer d’un parti indépendant, autonome dans son fonctionnement, ses prises de décisions, son action. Un parti qui se fixe des objectifs et qui se donne les moyens de les atteindre. Un parti qui loin d’abandonner l’idée du rassemblement à gauche, crée véritablement les conditions de le construire par son apport original sur les idées, en termes de propositions, de contenus et de projet. Un parti qui mène le combat contre le capital pour dépasser son système et non l’aménager.
Articulé à la personnalité et à la popularité de Fabien, tout cela a donné le résultat net et sans ambiguïté qu’on a connu le dernier dimanche de janvier.
Maintenant le travail qui nous attend est très important. Il consiste à amender pour les améliorer les deux documents que les communistes vont avoir entre les mains : le projet de base commune adopté et le projet de révision des statuts tel qu’il va ressortir de notre conseil national.
Par le débat et la discussion entre tous les communistes, il s’agit d’en faire des documents qui vont constituer à, la fois le but et le chemin que se seront fixés et qu’emprunteront chacun.e de nous après le congrès de Marseille. Il s’agira de nous donner les moyens d’irriguer l’ensemble de la société d’une orientation politique qui donne clairement à voir notre volonté et notre capacité à engager une vraie libération de l’exploitation capitaliste et des dominations qu’incarnent l’ordre néolibéral.
Nous avons d’ailleurs de quoi passer sans tarder aux exercices pratiques. D’une part avec la bataille en cours contre le projet de réforme des retraites. Certes il s’agit de faire retirer le projet Macron / Borne mais attention aux chausse-trapes. Si nous en restions à la seule dénonciation, au seul retrait nous risquerions rapidement de nous retrouver dans une sorte d’impasse. L’éviter c’est mettre le cap sur l’alternative. Il s’agit de donner un sens à la lutte, une visée réellement émancipatrice car on dénonce d’autant mieux un projet qu’on a autre chose à proposer, à mettre en perspective. Cela fait partie du débouché politique, chose qui manque cruellement aux luttes depuis de nombreuses années. En ce sens la proposition de referendum qu’a faite Fabien constitue une partie d’un nécessaire atterrissage politique.
D’autre part, un autre exercice pratique va consister à savoir nous doter au plan opérationnel d’un parti en phase avec les orientations dont il se sera doté.
Quel mode de vie, quel fonctionnement, quelle organisation ? Tout cela pour répondre à un besoin nouveau de souveraineté et de prise d’initiative des communistes. Pour cela il faut qu’ils disposent d’espaces de vie, d’expression, d’organisation, d’instances, dans lesquelles elles et ils pourront expérimenter, décider, agir.
Nous sommes dans un temps où nous allons devoir apprendre à adapter nos formes et nos modes d’intervention afin d’être en capacité de répondre efficacement aux ambitions transformatrices de la société que nous portons. En ce sens donner toute leur place à nos nouveaux et nouvelles adhérents.es, notamment par un effort considérable de formation constitue un des importants leviers à notre disposition. De quoi nous rappeler en même temps l’enjeu que représente notre renforcement et la nécessité de mener sur cette question de vraies campagnes.