Valdunes. Déclaration de la FTM CGT
VALDUNES : le gouvernement ne peut pas dire qu’il ne savait pas.
Sa responsabilité est aujourd’hui de relancer l’activité !
L’actionnaire chinois de VALDUNES, unique fabricant de roues et essieux français pour le
ferroviaire, vient d’annoncer son désengagement. Il ne souhaite plus investir 1 euro dans
l’entreprise.
VALDUNES, c’est près de 350 emplois directs sur les 2 sites de Leffrinckoucke et Trith Saint-Leger, dans le Nord de la France. Cela fait plus de 2 ans que la CGT VALDUNES, avec la CGT métallurgie régionale et nationale, alerte sur la stratégie du propriétaire chinois MA STEEL : pomper le savoir-faire en France et ensuite vider les lieux.
Dans cette démarche, la CGT a alerté, preuves à l’appui, le ministère de l’économie, la région Hauts de France, le pôle de compétitivité I-trans ainsi que la Fédération des industries du ferroviaire.
Au-delà du sous-investissement industriel et humain constaté sous la conduite de MA Steel, le syndicat a pu mettre en lumière également la responsabilité de l’Etat.
Par son savoir-faire, VALDUNES est un maillon incontournable de la chaine de valeur de l’industrie du ferroviaire. Cela nous a été confirmé dans toutes nos rencontres. Mais quand on veut affaiblir une entreprise, on peut aussi progressivement lui retirer des commandes. Or, la SNCF est un client historique de VALDUNES, client qui a progressivement détourné ses commandes vers la concurrence européenne.
Alors, quand on entend le ministre délégué à l’industrie déclarer que c’est dommage, que l’échange du 9 mai avec l’actionnaire a confirmé le désengagement, qu’on ne va pas laisser les salariés sur le carreau, etc. etc ... comment supporter de telles réponses ? Il nous parle de surcapacités, mais quelles surcapacités ?? Les projets non seulement de renouvèlement du matériel ferroviaire mais de son extension (y compris le fret) en France, comme en Europe ou ailleurs dans le monde, attestent des besoins.
Il n’est donc pas possible d’imaginer un quelconque échec dans la poursuite de l’activité des 2 sites. L’Etat s’engage à trouver un repreneur ? Très bien ! Mais autant dire de suite que si l’affaire échoue, la nature du marché de VALDUNES et la question de la souveraineté industrielle qui se pose quant à ces produits haut de gamme posent de fait la question de la nationalisation de ces productions.
On ne peut entendre les discours sur la relance de notre industrie, sur la transition verte des transports, sur le nécessaire développement de la filière ferroviaire, et imaginer le ministre de l’industrie nous dire dans quelques semaines qu’ils ont tout tenté, mais qu’il n’y a pas de solution.
L’Etat est placé ici devant un cas d’école pour la sauvegarde d’une activité industrielle essentielle au pays. Il est face à une obligation de résultat.
La Fédération des Travailleurs de la Métallurgie CGT apporte tout son soutien aux salariés en lutte. Elle sera ce jeudi 11 mai au ministère, aux côtés de la CGT VALDUNES, pour porter ces exigences.
La visite du président Macron à Dunkerque ce vendredi nous permettra également de poser la responsabilité de l’Etat quant à la pérennité des sites et des emplois de VALDUNES.
Montreuil, le 11 Mai 2023