Colère des agriculteurs : de premiers reculs de Gabriel Attal.

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

La colère s'exprime à Bruxelles où 1000 tracteurs encerclent le Conseil Européen des chefs d'Etat

La colère s'exprime à Bruxelles où 1000 tracteurs encerclent le Conseil Européen des chefs d'Etat

Malgré quelques mesures annoncées par Attal qui ont fait "flop", la mobilisation des agriculteurs s'est poursuivie ces 2 jours, avec des blocages sérieux aux abords des grandes villes occasionnant des difficultés pour les automobilistes et les camions entrainant des difficultés dans les productions, la distribution et à la vie du pays. Mobilisation aussi européenne avec plus de 1000 tracteurs qui sont rentrés dans Bruxelles, le jour où se tient le Conseil Européen des chefs d'Etat. Le 1er ministre a annoncé de nouvelles « réponses » au mouvement.

 

Avec Bruno Le Maire, Christophe Béchu, et Marc Fesneau, il a évoqué « deux mots d’ordre » : « produire et protéger » avec une série de mesures : la « mise en pause » du plan Ecophyto qui vise à réduire l’usage de pesticides. Le troisième volet de ce plan, EcoPhyto 3, projetait de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d'ici 2030 par rapport à 2015-2017. La FNSEA demandait un « moratoire sur les interdictions ».

 

Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, est consternée : « Alors oui le gouvernement peut décider de ne plus protéger l’eau, la terre, la biodiversité et même notre santé. Mais avec ça nos agriculteurs ne gagneront pas plus. En vrai, à la fin, tout le monde sera perdant ». Elle ajoute : « La réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques constitue une attente citoyenne forte et une nécessité pour préserver notre santé et la biodiversité. » Attal s’est engagé à empêcher l’importation en France de produits traités avec le thiaclopride, produit interdit en Europe, pour lutter contre la « concurrence déloyale » alors que c'est d'abord la protection de la santé qui motive cette interdiction !

 

Les règles poussant les agriculteurs à maintenir des surfaces en prairies seront assouplies. Une « dérogation à l’obligation de réimplantation pendant un an » a été promise. Depuis 2015, la politique agricole commune (PAC) défend une protection de la prairie, élément écologique majeur pour la captation de carbone et de biodiversité.

 

Pour l’élevage, est annoncée une enveloppe de 150 millions de soutien fiscal et social pour les éleveurs dans le cadre d’un « plan de souveraineté sur l’élevage » dès cette année. « L’objectif est clair, redonner de la valeur à notre alimentation, a-t-il précisé.

 

L’« exception agricole française » exigée par Gabriel Attal a de nouveau été évoquée, mais sans contenu concret. « L’exception agricole française, c’est hisser au plus haut (notre) souveraineté, a-t-il déclaré. C’est une question de fierté et d’identité de notre pays ». Un « principe de souveraineté » que Attal veut « inscrire dans la loi ». « Nous consacrerons dans le code rural l’agriculture comme intérêt fondamental de la nation ».

 

« Souveraineté, un mot que Attal a répété, jusqu’à transposer sur le plan européen où se joue le sort de sujets qui préoccupent les agriculteurs : la question des jachères, l’importation de volailles ukrainiennes, et le Mercosur, (traité de libre-échange entre l’UE et l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay). « L’Europe doit être facteur de protection et de souveraineté. Le travail continue à Bruxelles où se trouve le président ». Concernant le Mercosur, il a clarifié la position de l'exécutif : « Pas question pour la France d’accepter ce traité ».

 

L’origine des produits siglés « origine France » sera davantage contrôlée. « Il est hors de question qu’il puisse y avoir tromperie sur la marchandise, a martelé Bruno Le Maire, évoquant par exemple le « poulet affichant un drapeau français pas produit en France. Les sanctions, cette fois, pourront atteindre 10 % du chiffre d’affaires des industriels ou des distributeurs ». 10 000 contrôles sont promis.

 

Bruno Le Maire, a évoqué le « renforcement » de la loi Egalim, censée permettre une meilleure rémunération des producteurs par une « phase de contrôle massif de tous les contrats négociés » entre les agriculteurs, les industriels, et la grande distribution. Des contrôles qui pourront déboucher sur des sanctions jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires.

 

Certaines mesures seront dans la loi finance de 2025, pour relever les seuils d’exonération pour les transmissions afin de les faciliter. « Assurer l’avenir et le renouvellement des générations. Quand un agriculteur quitte son exploitation, il faut qu’un jeune puisse le remplacer. C’est le moyen le plus sûr de maintenir notre agriculture dans la durée et notre identité française ».

 

M. Fesneau, a annoncé que 2 milliards d’euros seront réservés « pour permettre des prêts pour les agriculteurs qui s’installent » mais n'a rien précisé sur les taux d'intérêt ni sur leur niveau ni sur leur prise en charge alors que les banques s'enrichissent et que le surendettement des agriculteurs les conduit très souvent à arrêter leur activité. Tout cela profitant aux plus gros qui concentrent, dominent, éliminent la concurrence et accumulent !

 

 

La FNSEA a salué des « avancées tangibles », malgré « des choses qui ne sont pas au rendez-vous et qu’il faudra éclairer ». Son président s'est livré à une attaque de l'Europe. À l’origine du « siège de Paris », la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont appelé à lever les barrages. Les premiers se fixent l’objectif que les agriculteurs « se replient en bon ordre pour rentrer dans les fermes en toute sécurité ». Les seconds ont appelé à « suspendre les blocages et à rentrer dans une nouvelle forme de mobilisation ».

 

La Confédération paysanne et le Modef appellent à la poursuite le mouvement dans la mesure où les annonces faites ne répondent pas à l'exigence première "pouvoir vivre de son travail !" Les agriculteurs souffrent depuis des années : la grande distribution et l’industrie agroalimentaire imposent des prix d’achat aux agriculteurs ridiculement bas tout en faisant payer le prix fort aux consommateurs. Le gouvernement doit intervenir et imposer les prix plancher garantissant une juste rémunération des agriculteurs.

 

C'est l'opinion des communistes. En France, l’agriculture est soumise à des normes sociales, environnementales, sanitaires, strictes sur l’usage de produits phytosanitaires, de pesticides... Tout cela protège autant la santé des consommateurs que celles des agriculteurs. Ce n’est pas le cas des importations, et y compris au sein de l’Europe, c’est à géométrie variable. L’Europe est basée sur la compétitivité, sur le prix le plus bas. C'est cela qu'il faut transformer radicalement comme le porte Léon Deffontaines tête de liste aux Européennes en phase avec les exigences des agriculteurs qui manifestent en France et en Europe.

 

Sources : AFP - Humanité et PCF

 

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