Guerre en Ukraine : la CIJ rejette la plupart des accusations de Kiev contre Moscou
La plus haute juridiction de l'ONU a rejeté la plupart des allégations de Kiev selon lesquelles la Russie aurait financé le "terrorisme" dans l'est de l'Ukraine, déclarant seulement que Moscou aurait dû enquêter sur certains actes. Kiev accusait Moscou d'"État terroriste".
Comme si la guerre ne suffisait pas, Macron a fait de la provocation hier lors d'un échange avec des étudiants de l'Université de Lund en Suède en affirmant : "L'Otan et l'UE font toutes deux partie du paquet de négociation dont nous disposons face à la Russie, et c'est pour cela que je pense que nous avons été très sages d'ouvrir, très tôt après le début de cette guerre, la perspective d'une adhésion de l'Ukraine à l'Otan et à l'UE". Selon lui "...c'est la bonne manière de démontrer qu'ils font partie de notre continent et que nous sommes prêts à leur fournir des garanties de sécurité, et enfin parce que c'était le meilleur message à l'égard de la Russie pour dire que nous n'abandonnerons jamais l'Ukraine".
"DES SURPRISES" POUR LA RUSSIE MAIS L'UKRAINE AVEC MOITIE MOINS D'OBUS
Pendant ce temps, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell a annoncé que l'Union européenne ne fournira que la moitié du million d'obus promis à l'Ukraine. Une très mauvaise nouvelle pour l'Ukraine, qui manque déjà de munitions face à l'armée russe. "Nous avons déjà livré 330.000 obus", a expliqué Josep Borrell, à l'issue d'une réunion des ministres de la Défense de l'UE. "Je m'attends à ce que ce chiffre augmente de 200.000 obus" d'ici fin mars, soit "un peu plus de 52% de l'objectif" fixé l'an dernier.
Cela vient renforcer les inquiétudes du camp occidental, c'est sans doute pourquoi Victoria Nuland la numéro deux du département d'État américain a déclaré de "belles surprises" attendent l'armée russe sur le champ de bataille en Ukraine, a t-elle assuré lors d'une visite à Kiev. "... "Je pars aussi avec une confiance renforcée dans le fait que l'Ukraine consolide ses défenses, M. Poutine va avoir de belles surprises, et l'Ukraine va remporter de grands succès", a-t-elle dit.
DIVISIONS CÔTÉ UKRAINIEN
Inquiétude aussi quant aux divisions au sein du pouvoir ukrainien. Ainsi, des "contradictions croissantes" existeraient après le projet du renvoi imminent du commandant en chef des armées ukrainiennes Valery Zaloujny. "Une chose reste évidente: le régime de Kiev a beaucoup de problèmes, les choses ne vont pas bien là-bas", a déclaré Dmitri Peskov. "Il est évident que l'échec de la contre-offensive et des problèmes sur le front entraînent des contradictions croissantes entre les représentants du régime de Kiev, tant militaires que civils", a-t-il ajouté.
APPEL À UN RETOUR DES DROITS DE DOUANE AVEC L'UKRAINE
Inquiétude aussi sur le plan économique pour l'Ukraine avec la demande des céréaliers français. Levés pour l'Ukraine dans l'UE pour soutenir son économie de guerre, les céréaliers français veulent voir réinstaurer ces droits de douane au-delà d'un quota d'importations d'Ukraine. "On est extrêmement déçus. Le problème est crucial pour les céréales. Entre 2021 et 2023, les importations de blé ukrainien dans l'UE ont été multipliées par 20. On est passé de 215.000 tonnes de blé en 2021 à 5 millions en 2023", déclare le président des producteurs de blé et autres céréales.
NE PAS LAISSER L'UKRAINE À COURT D'ARGENT - LES ETATS-UNIS S'IMPLIQUENT TOUJOURS PLUS...
Inquiétude encore sur le plan financier. Ce qui a amené la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, a rencontré des membres de la Commission européenne. Elle leur a dit que "nous ne pouvons pas laisser l'Ukraine se retrouver à court d'argent", alors que le Congrès discute d'un nouveau plan d'aide financière en faveur de l'Ukraine. Elle a insisté "...on peut priver la Russie de sa capacité de faire la guerre et soutenir l'Ukraine, un sujet de "première importance". "Nous devons tenir le cap et maintenir la pression sur la Russie", ont confirmé Valdis Dombroskis et Margrethe Vestager à Washington.
De son côté, Olaf Scholz promet de "tout faire" pour accroître le soutien militaire de l'UE à l'Ukraine. "Nous ferons tout pour que la contribution commune de l'Europe soit suffisamment importante pour que l'Ukraine puisse s'appuyer dessus et pour que Poutine ne puisse pas compter sur le fait que notre soutien va diminuer", a t-il indiqué.
L'UE s'est exécuté. Elle a proposé au 1er ministre hongrois Orban un débat annuel sur l'aide financière à l'Ukraine, dans l'espoir de le voir lever son veto à un soutien de 50 milliards d'€, ont indiqué des responsables européens à la veille d'un sommet extraordinaire. "Il y a une proposition (...) qui est clairement une main tendue à la Hongrie", a indiqué un diplomate européen sous couvert de l'anonymat. Lors du sommet, les dirigeants européens vont tenter de faire fléchir Viktor Orban en levant son opposition au versement de cette aide sur 4 ans, dont Kiev a désespérément besoin. Budapest réclame de pouvoir procéder à une révision annuelle de ces fonds (33 milliards de prêts et 17 milliards de dons) alors que l'austérité est en oeuvre partout en Europe.
VINGT MISSILES UKRAINIENS DÉTRUITS, LA RUSSIE TIENT SES POSITIONS "AUX ABORDS" D'AVDIIVKA
La défense aérienne russe a "détruit 17 missiles ukrainiens au-dessus des eaux de la mer Noire et trois autres au-dessus de la Crimée" a indiqué le ministère de la Défense. Le ministère russe a précisé que des "débris" étaient tombés sur le territoire près de Sébastopol. Des soldats russes ont "atteint les abords d'Avdiïvka dans l'Est de l'Ukraine, ont pris 19 maisons et les tiennent", a affirmé Poutine. La semaine dernière, le maire ukrainien de cette ville, devenue l'un des points chauds du front, avait déclaré que l'armée russe avait réussi à entrer dans la localité pour la première fois.
POUTINE ACCUSE UN "SYSTÈME PATRIOT AMÉRICAIN"
L'avion militaire Il-76 qui s'est crashé la semaine dernière en Russie avec, selon Moscou, des prisonniers ukrainiens à bord, a été abattu "avec certitude" à l'aide d'"un système Patriot américain", a accusé le président Poutine en précisant qu'il avait été tiré depuis "le territoire contrôlé par les forces ukrainiennes".
ATTAQUE SUR UNE RAFFINERIE EN RUSSIE
L'Ukraine intervient de plus en plus hors de ses frontières et prend le risque d'entraîner d'autres acteurs dans le conflit. Ainsi le renseignement militaire ukrainien (GUR) a revendiqué une attaque de drones sur une raffinerie à Saint-Pétersbourg. "C'était une opération du GUR. C'est un site utilisé à des fins militaires", a déclaré le GUR. Selon le gouverneur de la ville, l'attaque n'a fait aucune victime.
ÉCHANGE DE PRISONNIERS
La Russie et l'Ukraine annoncent mercredi avoir échangé environ 200 prisonniers de guerre de chaque camp. Le ministère russe de la Défense a déclaré que "195 soldats russes" avaient été échangés contre le même nombre de militaires ukrainiens. Le président ukrainien s'est lui réjoui du retour de ces soldats.
UN SERVICE MILITAIRE EN ALLEMAGNE
Le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius, estime qu'au vu de la situation sécuritaire et des besoins de l'armée, l'Allemagne doit songer à introduire un service militaire obligatoire. "Nous devons nous demander qui doit défendre ce pays lorsque les choses deviennent sérieuses", a déclaré le ministre lors d'un débat sur le budget au Bundestag. Il a en outre réaffirmé la nécessité de renforcer la Bundeswehr, l'armée allemande, et donc d'augmenter les dépenses de défense !
Sources : AFP - TF1 - Europe