Il était une fois la plus vieille photo de Lyon...

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

En novembre 2023, à la suite d’une vente aux enchères, la Bibliothèque municipale de Lyon a acquis la plus vieille photo de Lyon datant de 1840.

 

Le daguerréotype est de très bonne qualité. © Richard Félix - BM de Lyon

 

Sur le cliché en noir et blanc, le pont du Change, qui relie l’actuel quai Romain-Rolland à l’église Saint-Nizier, et enjambe la Saône. Les rives semblent animées. À l’arrière, les immeubles canuts essaiment la colline de la Croix-Rousse. On aperçoit, avec détail, les bordures de fenêtres. Même si le cliché a été pris 180 ans plus tôt, on reconnaît Lyon en un coup d’œil. 

 

Opticien et ingénieur d’une trentaine d’années, Félix Richard (1809–1876) prend ce cliché depuis la fenêtre de son appartement-boutique quai Saint-Antoine. Il a en sa possession l’ancêtre de l’appareil photo, un daguerréotype, un lourd appareil de 50 kilos aux prises de vue lentes.

 

Ce procédé, utilisé entre 1839 et 1850, puis supplanté par d’autres techniques, consiste à fixer l’image sur une plaque de cuivre enduite d’une couche d’argent et à la développer aux vapeurs d’iode.

 

Détails et rareté du plus vieux cliché de Lyon

 

« On estime que le cliché date du début des années 1840. Le dépôt de brevet du daguerréotype a lieu en 1839, et le pont du Change, appelé le pont de Pierre, est dans l’état qui précède sa reconstruction en 1842–1843. Il s’agirait donc de l’une des plus anciennes photos de Lyon », précise Nicolas Galaud, directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon.

 

Conservé depuis plus d’un siècle par les descendants du photographe, le cliché a été vendu aux enchères à la Ville de Lyon, en novembre dernier, pour la somme de 16 744 euros. « La photo ne révèle rien que l’on ne connaissait pas déjà, mais elle est intéressante pour ses détails, sa rareté, son ancienneté, poursuit le directeur de la bibliothèque municipale. Elle complète ainsi d’autres vues que nous avions déjà, car nous avons des daguerréotypes de 1845. » 

 

Le document s’apprête à être catalogué, décrit et numérisé. Il complètera la déjà vaste collection de la bibliothèque, composée de milliers de documents iconographiques de Lyon. « L’acquisition de ce cliché sera l’occasion de porter une action de valorisation de notre fonds iconographique, en partenariat avec d’autres établissements lyonnais », conclut Nicolas Galaud. Une future exposition à venir ? À suivre.

Publié dans Histoire

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