Nous découvrons pourquoi Moroge était pressé de faire la fusion des villes d'Oullins et de Pierre-Bénite
Certains s'en doutaient, d'autres l'affirmaient, la droite Les Républicains pour des raisons politiciennes a engagé depuis que la "Ville nouvelle" Oullins-Pierre-Bénite existe, c'est à dire depuis le 6 janvier, une campagne idéologique et politique contre La Métropole de Lyon gérée par EELV avec l'ensemble de la gauche depuis les dernières élections métropolitaines.
Monsieur Moroge, maire non élu par les électeurs d'Oullins et que plus personne ne voit sur Pierre-Bénite jugée trop petite pour ses ambitions, fait feu de tout bois. Il se saisit de toutes les occasions pour alimenter cette campagne bien loin des préoccupations des habitants tant ceux de Pierre-Bénite que de ceux d'Oullins.
Maire depuis moins de 2 mois, d'une ville de plus de 37 000 habitants, la 8ème de la métropole, Moroge bombe le torse et organise la fronde de la droite dure en multipliant les actions contre la Métropole de Lyon et l'exécutif de gauche qui la dirige. Au risque de jeter le bébé avec l'eau du bain comme le souligne avec ironie la Tribune de Lyon.
Peux-être, espère-il faire oublier les déboires judiciaires de la droite lyonnaise dont plusieurs de ses édiles ont été condamnés par la justice comme les maires de Grézieu la Varenne, de Thizy-les-Bourgs, des députés Philippe Cochet, Bernard Perrut ou encore de l'ancien ministre de la macronie Michel Mercier. Bien que ces condamnations soient très marginales au regard du nombre total d'élus locaux, il n'en reste pas moins vrai que quand on a des ambitions comme Wauquiez, il vaut mieux ne pas avoir des gamelles surtout quand les infractions imputées sont des manquements au devoir de probité (corruption, favoritisme, prise illégale d'intérêts), des atteintes à l'honneur et à la dignité.
En conflictualisant tout et n'importe quoi et en ciblant prioritairement la métropole de Lyon, Moroge adopte la stratégie de l'Extrême droite vis à vis de la Macronie. Ces derniers mois ont en effet été marqués par un durcissement très net des prises de parole et positions de la droite réactionnaire aux exécutifs de gauche de Lyon de la métropole de Lyon.
Récemment, le rassemblement d’une vingtaine de maires de droite au pied de la mairie d’Oullins afin de dénoncer une « Métropole autoritaire » et une « organisation institutionnelle qui permet à l’exécutif d’être dans le bras de fer permanent ». Or si la gouvernance de la Métropole est critiquable comme toute institution de la République, cela fait partie du débat politique. Mais dans ce cas présent de l'initiative de la droite LR, il s'agit surtout de chercher l'affrontement à partir de dossiers qui intéressent les habitants pour mieux les dévoyer.
La métropole de Lyon et les habitants d'Oullins ont d'autres chats à fouetter ! Il n'empêche que beaucoup d'habitants sourient avec ironie à la lecture de la banderole de la droite "Stop à la métropole autoritaire" supposée être financée avec les deniers publics, quand ils se rappellent que le maire de Pierre-Bénite a refusé de consulter par référendum les habitants de Pierre-Bénite pour savoir s'ils étaient d'accord ou pas avec la disparition de leur ville. Ce maire non élu par les citoyens de la fameuse "ville nouvelle" qui se permet maintenant de donner des leçons de démocratie ferait bien de s'enlever la poutre qu'il a dans l'oeil !
Mais le danger est là, il s'agit d'utiliser le poids de cette "ville nouvelle" pour mener une guerre de tranchée contre la métropole qui n'intéresse pas les habitants voire même les fatiguent. Eux aussi ont d'autres chats à fouetter notamment la question qui les taraude quotidiennement, la faiblesse de leur pouvoir d'achat encore aggravée en ce mois de février avec l'augmentation injustifiée des taxes sur l'électricité !
Cette bataille de la droite contre la métropole vient de loin. Dès 2021, le maire LR de Caluire-et-Cuire Philippe Cochet avait planté le décor en conseil de la Métropole. « Monsieur Bernard, vous êtes un dictateur », « vous violez les résultats des urnes » avait-il vociféré. Du côté de Wauquiez, Philippe Meunier n’a pas hésité à employer le terme de « khmers verts », terme associé au régime de Pol Pot. Enfin, le maire LR de Bron Jérémie Bréaud a durci le ton : « Face à une Métropole de Lyon méprisante, plus que jamais nous devons chasser en meute ! »
D’autres signes laissent songeur comme la sortie révisionniste du sénateur LR Étienne Blanc sur le rôle de Vichy lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui ne l’empêche pas de siéger au conseil municipal de Lyon avec la droite. Et que dire de Richard Brumm élu à Lyon et à la métropole qui a parrainé le polémiste d’extrême droite Zemmour, et qui a trouvé asile, nous révèle la Tribune de Lyon, dans les rangs de la droite dure, avec quatre autres parraineurs : Lucien Barge, Claude Cohen, Michel Rantonnet et le très droitier Christophe Girard.
Voila la droite dure qui se cache derrière un visage présentable qu’a arboré la droite lyonnaise avec Moroge, qui accuse la Métropole de « bulldozer », appelant le législateur à « rendre le pouvoir aux maires ». A nouveau cette droite dure a saisi une préoccupation des Oullinois (la circulation dans la grande rue d'Oullins) pour mobiliser en moins de 24 heures une quarantaine d'élus-es sous les yeux stupéfaits des habitants.
La circulation dans la Grande rue d'Oullins fait l'objet d’un bras de fer qui dure depuis 18 mois entre la droite et la Métropole de Lyon. Alors que des travaux sont engagés le matin-même, commandés par la métropole qui a en charge la gestion des voiries, Moroge par arrêté municipal, a interdit ces travaux et envoyé la police municipale pour stopper le travail des ouvriers en plein chantier. Il se justifie en affirmant « Avant, la Métropole n’imposait jamais ses décisions à une mairie, ce qui arrive quotidiennement aujourd’hui depuis que le nouvel exécutif est en place ».
Très proche de Wauquiez (LR). Moroge semble vouloir aller toujours plus loin dans l’escalade. Il est très procédurier, malgré deux recours successivement rejetés par le tribunal administratif de Lyon, il a annoncé vouloir saisir le Conseil d’État. Ce qui certainement fait sourire de plaisir Macron qui a annoncé dernièrement qu'il avait l'intention de revoir le rôle des métropoles qui font obstacle a sa politique néolibérale. N'oublions pas que Paris, Lyon et Marseille sont gérées par des maires engagés à gauche.
Il en reste pas moins qu'aujourd'hui la loi est claire, "on sait qui a la main", répond tranquillement le vice-président de la Métropole aux Déplacements. "On est sur le territoire de la Métropole, la voirie et la circulation sont de la compétence de la Métropole". Il informe aussi que la métropole a pris un arrêté pour mener ces travaux, il estime illégal l'arrêté d’interdiction de Moroge et renvoie à l’État et à la justice de dire si ces arrêtés de la droite LR sont abusifs.
La Métropole a-t-elle suffisamment consulté ? Cela fait plus de 18 mois de concertation et des scénarios expérimentés, l'un d'eux est même proposé par les habitants. Ce qui fait sourire le Vice Président de la métropole, Jean Charles Kohlhaas qui raille Moroge en lui rappelant que la commune a été annexée en 8 mois sans concertation.
Ceci dit, de plus en plus d'habitants et d'élus-es d'Oullins et de Lyon s'inquiètent de ce durcissement de la droite LR. « C’est quoi la prochaine étape ? », s’interroge Rémi Zinck, maire du 4e arrondissement. « Des caps ont été franchis », confie un autre élu écologiste. Les méthodes ne semblent pas plaire non plus à toute la droite. Bien que certains édiles dits modérés comme le maire d’Écully Sébastien Michel (LR), ne cachent pas leur exaspération : « Même moi qui suis un homme de dialogue et d’apaisement, je n’y arrive plus. »
La gauche renvoie tous ces élus de droite à leurs responsabilités : « Je travaille avec tous les élus, tous les maires, et il y en a beaucoup avec lesquels ça se passe très bien », assure ainsi Jean-Charles Kohlhaas. Mais alors, faudra-t-il attendre les municipales et métropolitaines de 2026 pour sortir de ce bras de fer de plus en plus délétère et exaspérant ?
À droite, on compte sur cette échéance et sur la révision de la loi PLM (Paris Lyon Marseille) pour également réviser la loi Maptam, qui a donné naissance à la Métropole de Lyon. Sauf que si les macronistes et la droite LR à l’Assemblée nationale travaillent au dépôt d’une loi pour dissocier le vote à la mairie centrale du vote dans les arrondissements, il ne serait pas question à ce jour de toucher aux statuts de la Métropole. La droite lyonnaise très bien informée ne l'entend pas ainsi. C'est pourquoi, une proposition de loi, défendue par le député Alexandre Vincendet (LR) et le sénateur Étienne Blanc (LR), vise à détricoter la Métropole de Lyon pour la ramener du statut de collectivité de plein exercice à celle d’un simple établissement de coopération intercommunal. Le Sénat, très à droite, n’est déjà pas acquis sur un tel texte, une adoption à l’Assemblée semble encore plus illusoire.
Voulant conquérir la Métropole en 2026 pour conforter Laurent Wauquiez, la droite lyonnaise s’en prend frontalement au Grand Lyon, accusé de tous les maux bien que ses représentants aient été élus directement et démocratiquement qu'en 2020. On peut toujours affirmer que la double légitimité sur un même territoire, des maires et de la Métropole peut engendrer des tensions voire des "conflits", mais ce qui doit primer en premier lieu, c'est la volonté des uns et des autres à travailler ensemble au service des habitants. C'est cela qu'ils attendent et non pas des guerres de clans au service d'ambition personnelle qu'elle soit de Moroge ou de Wauqiez.
Logiquement Bruno Bernard a fait le choix d’une stratégie métropolitaine propre sur des valeurs et besoins communs et non pas en priorisant les grandes villes contre toutes les autres. Sur 58 villes membres de la métropole, 22 ont plus de 10 000 habitants alors que 20 en comptent moins de 5 000.
La difficulté est de pouvoir répondre au plus grand nombre dans un souci d'égalité des citoyens, de coopérations et de mutualisations entre les villes tout en respectant la singularité de chacune d'elle ainsi que les demandes légitimes et fortes de plus de services publics locaux de proximité et de plus de pouvoirs aux citoyens afin de voir progresser la démocratie directe. Dans le même temps, une métropole comme celle de Lyon, doit contribuer à relever les grands défis devant nous comme le climat, l'environnement, le logement social, le crise de notre système de santé, le besoin de mobilité durable des gens et des marchandises, la production d'énergie permettant une ré-industrialisation réelle et une croissance saine et créatrice d'emplois, faire face à la pollution industrielle notamment aux PFAS, véritable scandale sanitaire.
Dans tous ces dossiers des critiques sont possibles comme le choix du maire de Lyon président des HCL de liquider l'hôpital Henry Gabrielle, mais ce qu'il manque le plus c'est d'une part l'engagement de l'Etat caractérisé par son inaction et les financements alors que Macron à coups de 49/3 vient d'adopter un budget d'austérité qui va encore pénaliser les collectivités et les habitants des villes.
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Voilà les vrais enjeux auxquels sont confronté les habitants d'Oullins tout comme ceux de Pierre-Bénite. On comprend alors leur exaspération que nous partageons, devant la guerre de tranchée engagée par la droite dure de Moroge contre la métropole.
Ils l'ont fait savoir samedi matin en se rassemblent devant la mairie d'Oullins. Malgré la pluie, plus d'une centaine d'habitants d'Oullins se sont rassemblés devant la mairie de la ville pour exprimer leur ras le bol de la guéguerre menée par la municipalité de droite LR, sur le passage à sens unique de la Grande rue d'Oullins.
Un participant a témoigné au journal Le Progrès : "Nous avons participé à toutes les concertations organisées par la métropole, des scénarios ont été développés, nous avons voté et nous avons l'impression de ne pas être entendus. La Grande rue c'est infernal, il faut faire quelque chose. Cela fait trente ans que toute la ville attend une solution !"
Une autre participante affirme : " C'est évident il faut apaiser le lieu pour tout le monde. Cela dépasse les orientations des uns et des autres, il y a eu des décisions, nous avons eu des réunions, l'information a été présentée. Il faut agir!".
Enfin un autre participant à des mots très durs à l'égard du nouveau maire Jérôme Moroge : "Il est maire de Pierre-Bénite, il n'a pas suivi les affaires d'Oullins, qu'il laisse faire les gens compétents et la métropole. On en a rien à foutre de sa bataille de pouvoir. Ce qui compte, c'est ce que les gens consultés décident eux-mêmes de ce qui leur convient !"
S'agissant de l'intérêt des habitants et donc de l'intérêt général, il est important en effet que les habitants prennent leur affaire en main pour décider eux mêmes de ce qui leur convient ou pas ! La droite aurait tout intérêt à entendre ce message, car 2026 c'est demain, en multipliant les coups contre la métropole cela peut faire boomerang et lui revenir en pleine figure !
A l'issue du rassemblement un nouveau collectif de la Grande rue a été créé : "Passez votre chemin".
A suivre ....
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