Une centaine de personnes s'introduisent sur le site d'Arkema Pierre-Bénite pour dénoncer la pollution aux PFAS

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

 

Ce samedi, une centaine de personnes débarquées du train, militantes à Extinction Rebellion et Youth for Climate, se sont introduites pacifiquement au sein du site chimique d'Arkema à Pierre-Bénite, dans le Rhône, pour dénoncer la pollution aux polluants éternels ou PFAS. La source de cette pollution industrielle est clairement identifiée : les usines Arkema et Daikin qui utilisent des PFAS.

 

Ces militants ont sectionné les grillages et déployé deux banderoles à l’intérieur de l'usine. Sur l’une d’elles, était écrit « poison » surmonté d’une tête de mort. Sur les murs ont été taguées :  « Pfas dites la vérité ! » et encore « Arkema nous empoisonne ».

 

Cette usine est classée "Seveso seuil haut" et la pénétration au sein de l'usine est rigoureusement réglementée au regard des dangers potentiels découlant de la production.

 

La préfecture du Rhône a fait intervenir les forces de l'ordre pour faire évacuer l'entreprise. Huit interpellations ont eu lieu, sur place. Le directeur de l'usine a déclaré : « Nous condamnons un tel acte, qui non seulement perturbe fortement l'outil de travail de plus de 500 salariés, mais peut également faire courir des dangers aux salariés et aux manifestants... ».

 

Si la pénétration sauvage du site est illégale, par contre l'objectif de cette action est compréhensible par les salariés du site et les populations environnantes. Depuis deux ans, tout le monde sait que cette entreprise utilise des PFAS pour ses fabrications et rejette les déchets dans le Rhône et la nappe phréatique. Et tout le monde sait que ces substances sont très dangereuses pour la santé.

 

Depuis deux ans les médias multiplient les articles et dossiers révélant cette pollution, ses dangers en France et en Europe. Depuis deux ans les associations locales se mobilisent, agissent pour informer et sensibiliser les populations et obtenir de la puissance publique des actions énergiques dont certaines relèvent de la loi.

 

Or depuis deux ans, la puissance publique n’est pas à la hauteur de la gravité et de l’ampleur de cette pollution qui appelle des décisions vigoureuses face au lobbying des industriels qui sont arc-boutés sur les rapports financiers de leurs productions. Comme l'affirme le CAPIPSSOL, il est possible d’avoir une industrie propre et sûre avec une réglementation stricte qui protège la santé, l’environnement, les cultures et la biodiversité.

 

Depuis deux ans, de multiples prélèvements ont été effectués soit par les villes, soit par les services de l'Etat (DREAL) soit par les associations locales. Tous ces prélèvements démontrent que la pollution est grave, incontestable et incontestée. L'eau, les poissons, les oeufs et la viande de poule, certains légumes et fruits sont contaminés et mettent en danger la santé de près de 350 000 personnes dans le Sud Lyonnais. Pourtant l'ARS s'oppose à une campagne de prélèvements sanguins des humains afin de pouvoir évaluer le nombre de personnes contaminés et déclencher un plan santé immédiat et suivi. C'est la métropole de Lyon qui a du lancer une campagne de prélèvements dont les résultats ne seront connus qu'en 2025 !

 

Arkema précise que le site sera en mesure de fabriquer ses produits sans aucun recours à des additifs fluorés d'ici à la fin 2024. Mais en attendant, le site continue de rejeter des déchets chargés de PFAS.

 

Face au "laisser faire" de la puissance publique, peu à peu les attentes des populations se transforment en colère que certains veulent exprimer ! C'est légitime, on ne peut laisser faire un tel scandale sanitaire sans réagir et sans agir !

 

C'est pourquoi depuis plusieurs mois, le CAPIPSSOL et les associations mobilisées interpellent les pouvoirs publics et exigent : 

 

1) L’interdiction de l’utilisation des PFAS notamment à Arkema et Daïkin ;

 

2) Le lancement d’une étude épidémiologique par le ministère de la santé et Santé Publique France ;

 

3) La recherche des PFAS chez les êtres humains avec le lancement d’une campagne de prélèvements sanguins sur les personnes volontaires avec en priorité : les salariés des deux entreprises, les anciens salariés d’Arkema, les enfants, les femmes enceinte et celles ayant accouché il y a moins d’un an et les habitants volontaires des communes concernées dans le Sud Lyonnais ;

 

4) Le renforcement de la surveillance des eaux, des sols, des jardins des particuliers et des stades en plein air, des cultures, des sites industriels classés Seveso et les ICPE ;

 

5) Le gouvernement doit légiférer dans les plus brefs délais, sans attendre une décision de l’Europe. Rien n’oblige la France à attendre une décision de l’UE pour décider de protéger la population. Sa souveraineté lui permet un tel acte responsable.

 

6) L’intervention des ministères et des parlementaires pour obtenir des pollueurs qu’ils prennent en charge les dépenses financières pour toutes les actions contre cette pollution. Ce n'est pas aux citoyens de les financer avec leurs impôts.

 

7) Selon le principe de précaution, un "plan santé" doit être adopté par le parlement. Il permettait à chaque personne volontaire du Sud-Ouest Lyonnais, de faire analyser son sang. Si des PFAS sont trouvés, la puissance publique devrait avec la communauté médicale assurer des diagnostics, le suivi et entreprendre des soins pour les personnes où des pathologies existeraient.

 

8) Ces dispositions ne mettrons pas fin aux contaminations par ces "polluants éternels", aussi il est demandé à l’État la mise en place d’une cellule de recherche avec les entreprises industrielles concernées et financée par elles, afin de trouver la ou les molécules capables d’éliminer les PFAS. Vous avez su produire une « molécule – poison », vous êtes donc capable de produire une « molécule anti-poison » !

 

L'action de ce week-end relance donc le débat. La balle est maintenant et une nouvelle fois dans les mains de l'Etat, va t-il enfin prendre les mesures attendues pour protéger la santé des populations et l'environnement.

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