Dividendes : le pactole à 100 milliards d’euros des actionnaires du CAC 40

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Dividendes : le pactole à 100 milliards d’euros des actionnaires du CAC 40

En 2024, les 40 plus grosses entreprises françaises ont distribué un montant jamais vu de dividendes, estimé à 98,2 milliards d’euros, en dépit de résultats parfois en baisse.

 

Dans ce monde en constante ébullition, il est des vérités rassurantes qu’il convient de souligner. Celle-ci, par exemple : chaque année, les actionnaires du CAC 40 s’enrichissent davantage, et c’est même une constante depuis 2018 (à l’exception de 2020, Covid oblige).

 

Selon les derniers chiffres de la lettre spécialisée Vernimmen, les plus grosses entreprises françaises ont distribué 98,2 milliards d’euros en dividendes et rachats d’actions, soit un nouveau record après celui de 2024 (97,2 milliards). Dans le détail, 72,8 milliards ont été alloués sous forme de dividendes en numéraire, et 25,5 milliards sous forme de rachats d’actions.

 

Pour mémoire, lorsqu’une entreprise rachète ses propres actions pour les détruire ensuite, cela a pour conséquence d’augmenter le bénéfice par action (puisque le nombre de parts en circulation diminue mécaniquement), tout en poussant à la hausse le cours de Bourse. Symbole de la financiarisation sans fin de l’économie, cette pratique affiche un léger recul cette année par rapport au record absolu de 2023 (30,1 milliards de rachats), mais le montant global reste très supérieur aux années précédentes.

 

Le cours de Bourse du CAC 40 a terminé 2024 en baisse de 2 % sur un an

 

Le palmarès 2024 réserve aussi peu de surprises que le millésime précédent, avec, aux premières places, la multinationale pétrogazière TotalEnergies (14,6 milliards d’euros distribués aux actionnaires), le géant du luxe LVMH (6,9 milliards d’euros) et le constructeur automobile Stellantis (6,7 milliards d’euros).

 

Le quotidien libéral les Échos souligne que ces montants, encore une fois, sont très concentrés, puisque ces trois multinationales ont distribué à elles seules près de 30 % du pactole global.

 

Ce qui frappe cette année, c’est que cette moisson sans précédent vient conclure une année (un peu) moins flamboyante que d’autres. Le cours de Bourse du CAC 40 a terminé 2024 en baisse de 2 % sur un an : la faute à des résultats ternis par de mauvaises nouvelles économiques.

 

L’ensemble des multinationales françaises ont engrangé 145 milliards d’euros de bénéfices l’an passé, contre 153 milliards en 2023. Surtout, certains groupes ont vu leur profitabilité chuter, à l’instar de Stellantis, dont le chiffre d’affaires a dégringolé de 27 % au troisième trimestre 2024, à 33 milliards d’euros. Sa marge opérationnelle pourrait retomber à 7 %, contre plus de 14 % il y a encore quelques mois. La stratégie menée par l’ancien directeur général, Carlos Tavares, faite d’écrasement des coûts et de hausse des prix, a fini par trouver ses limites.

 

Pourtant, même quand les entreprises du CAC voient leur niveau de performance ralentir, les actionnaires en pâtissent rarement. Au contraire, certains grands groupes sont tentés de leur promettre une hausse des distributions de dividendes, pour éviter une bouderie des investisseurs.

 

Ainsi, TotalEnergies a accusé une baisse de ses résultats en 2024, avec une chute de 39 % de son résultat net (à 2,3 milliards de dollars), mais la direction a tenu à « rassurer » ses actionnaires dès novembre dernier, en annonçant que le retour à l’actionnaire serait supérieur à 45 % du cash-flow (flux de trésorerie) en 2024, contre 40 % annoncés initialement.

 

Cyprien Boganda  Article publié dans l'Humanité

Publié dans Finances-riches

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