Martin Fourcade renonce à la présidence du comité d’organisation des JO d'hiver de 2030

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Martin Fourcade renonce...

Martin Fourcade renonce...

 

Martin Fourcade ne sera pas le nouveau Tony Estanguet, celui qui mènera le dossier olympique des Alpes 2030. Face au blocage, notamment de Laurent Wauquiez, le biathlète a jeté l’éponge. Dans un courrier envoyé aux parties prenantes ce lundi, le sextuple champion olympique annonce qu’il retire sa candidature au poste de président du comité d’organisation.

 

C’est la fin d’un feuilleton de sept mois. Martin Fourcade  ne conduira pas le dossier des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver dans les Alpes en 2030. Le biathlète, dont la vision du projet s’opposait à celle des Présidents (ou ex) de région, Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, a choisi de retirer sa candidature. Il l’a fait savoir aux parties prenantes dans un courrier, que le Parisien a pu consulter.

 

« Aujourd’hui, les désaccords restent trop nombreux pour pouvoir envisager sereinement cette mission. Le mode de gouvernance, la vision, l’ancrage territorial : nous n’avons pas réussi à nous retrouver sur ces sujets fondateurs, explique ainsi le multiple champion olympique. Je ne peux me résoudre à sacrifier mes convictions. Dans ces conditions, j’ai pris la difficile décision de me retirer des discussions autour de la présidence des Jeux d’hiver de 2030. »

 

Dans la foulée, la ministre des Sports Marie Barsacq a expliqué « prendre acte » de la décision de Martin Fourcade et affirme : "... nous devons respecter sa décision. La présidence d’un COJOP est une fonction qui demande un investissement personnel et professionnel exceptionnel. »

 

Depuis son lancement, ce dossier connaît de nombreux remous. Au niveau de la carte des sites, avec la présence où non de Val d’Isère. Financièrement, le projet est déficitaire et nécessite le soutien des pouvoirs publics. Et sa gouvernance. Si Martin Fourcade fait depuis le départ l’unanimité au niveau de l’État et du mouvement sportif (comité olympique français mais aussi international), Laurent Wauquiez pousse pour installer Vincent Jay, également ancien biathlète et champion olympique en 2006. Le hic, c’est que ce dernier est salarié de la région AURA, un point de crispation pour l’État et les sportifs.

Depuis la désignation des Alpes comme hôtes des Jeux (sans vraiment avoir fait campagne, le CIO, en manque de candidats, ayant déroulé le tapis rouge à la France), la bataille faisait ainsi rage. En décembre, les parties prenantes avaient été à deux doigts d’introniser Martin Fourcade mais Laurent Wauquiez s'y était opposé et avait demandé l’avis de la haute autorité pour la transparence de la vie publique.

 

Cette dernière n’a toujours pas livré sa position. Le renversement du gouvernement Barnier a également bouleversé la donne, retardant les différentes réunions. Ce qui ne semble pas avoir profité à Martin Fourcade.

 

Les parties prenantes vont désormais devoir trouver une alternative. Favori de Laurent Wauquiez, Vincent Jay n’est pas le candidat souhaité par les autres parties prenantes. Un temps, Renaud Muselier avait avancé le nom de Marie Martinod, l’ex championne de free style. Une piste refroidie depuis. Michel Barnier, nommé par l’Etat pour préfigurer le Comité d’organisation pourrait donc jouer les prolongations quelques semaines. Mais pour décoller, le Comité devra bien se trouver un patron. Il y a désormais urgence.

 

Quentin Fillon Maillet a regretté les « guerres politiques » dans la désignation du président du futur comité d’organisation, estimant qu’il s’agissait de « concours d’ego ». « Je trouve ça dommage que les choses prennent autant de temps, simplement pour élire quelqu’un qui va diriger le projet », a t-il expliqué lors d’un point presse avant les Mondiaux de biathlon. Et il a rajouté : "C’est vraiment dommage parce que ça commence à gâcher avant même que l’événement ait démarré (…) c’est tout simplement un concours d’ego et quelque chose qui n’a pas lieu d’être pour un événement comme celui-là où on va représenter la France. Il ne faut pas perdre de temps. Je trouve que cinq ans, ça va aller tellement vite », espérant que l’organisation sera à la hauteur de celle des JO-2024 à Paris.

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